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Goodluck Jonathan tient aux branches du pouvoir au Nigeria

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JEWEL SAMAD/AFP

Photo: JEWEL SAMAD/AFP

Le pouvoir en place au Nigéria a décidé de reporter de six semaines les élections présidentielles et législatives, prévues initialement samedi 14 février, au nom de la présence de Boko Haram dans le nord du pays. Une manœuvre pour rester au pouvoir selon certains membres de l'opposition.

Le pouvoir tient à gagner du temps. Goodluck Jonathan, président chrétien conservateur (People's democratic party, droite) au pouvoir depuis 2011, a fait en sorte, avec le gouvernement, de faire reculer d'un mois et demi les élections présidentielles et législatives au Nigéria. Elles étaient prévues pour le 14 février. Cette décision a du mal à passer pour certains opposants, même si d'autres semblent s'en accommoder, comme les sociaux-démocrates (All progressive congress, centre-gauche), menés par le musulman Muhammadu Buhari, qui s'estime capable de battre le président en exercice, quelles que soient les circonstances.

Un report salvateur?

Malgré les critiques, ce report a été accepté par la grande partie de la classe politique nigériane, ce qui est un grand service rendu à Goodluck Jonathan. En effet, le président actuel, lutte pour sa réélection à la tête de la première puissance économique de l'Afrique sur plusieurs tableaux. D'abord, le terrain politique et économique, avec des mauvaises nouvelles car les recettes pétrolières rapportent moins que durant les années passées, conséquence directe de la baisse du prix du pétrole depuis juin 2014, ce qui conduit bien sûr à un rythme de croissance cassé, un niveau de chômage croissant, donc à des tensions sociales. Et l'opposition tient là un argument de poids.

Ensuite, la lutte contre le terrorisme. Le pouvoir nigérian s'est montré impuissant face aux multiples attaques de l'organisation islamiste Boko Haram, notamment lors des massacres de villages au nord-est du pays, près de la frontière avec le Tchad et le Cameroun. Mais est-ce dans l'intérêt de Jonathan d'éradiquer Boko Haram dans cette partie du Nigéria. Pas sûr puisque le nord du pays, majoritairement musulman, donnerait plutôt ses voix pour Buhari alors que le sud, davantage chrétien, soutiendrait a priori le président-candidat. En tout cas, un jeu malsain a l'air de se mettre en place pour le maintien de Goodluck Jonathan au pouvoir, en jouant sur la question religieuse et en espérant utiliser Boko Haram comme un pion, un allié objectif, ce qui fait penser à quel point "l'opium du peuple" fournit d'excellents services pour maintenir un ordre économique et social inégalitaire, au profit du "petit nombre [qui] fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne." (Voltaire)

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