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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Fin d'une ère pour l'ANC en Afrique du Sud

Publié par JoSeseSeko sur 3 Juin 2024, 17:36pm

Catégories : #Économie, #Politique, #Afrique, #Afrique du Sud, #ANC, #Ramaphosa, #Zuma, #Élections, #DA, #EFF, #MK

Photo: Flickr/GovernmentZA

Photo: Flickr/GovernmentZA

Avec seulement 40,2% des voix, le Congrès national africain perd pour la première fois la majorité absolue à l'issue des élections législatives du 29 mai, l'obligeant à devoir composer un gouvernement de coalition pour se maintenir au pouvoir.

Cela semblait inéluctable, mais la proportion est de tout de même incroyable. Pour la première fois depuis 1994, année des premières élections multiraciales en Afrique du Sud, actant la fin de l'apartheid, le Congrès national africain (African national congress, ANC) de Cyril Ramaphosa, perd la majorité absolue, selon les résultats des élections législatives du 29 mai (cf lien n°1). Le parti, dirigé notamment par Nelson Mandela durant les années 1990, a obtenu 40,2% des voix, correspondant à 159 sièges sur les 400 du parlement sud-africain. Alors qu'en 2019, il obtint 57,5% des voix et 230 sièges. Le tout, avec un nouveau record de taux d'abstention de 41,37%, battant le précédent record d'il y a cinq ans, établi à 33,95%. Signe d'une lassitude grandissante au sein des citoyens sud-africains.

Remise en question intérieure

Cette victoire à la Pyrrhus de l'ANC montre combien la dynamique n'est pas en faveur du parti au pouvoir. Mais les oppositions en tirent un profit différent. Celle de droite, en l'occurrence l'Alliance démocratique (Democratic alliance, DA), stagne entre 20 et 22% des voix sur les deux dernières législatives - 21,8% cette année contre 20,8% en 2019 -. Celle d'extrême-gauche avec les Combattants pour la liberté économique (Economic freedom fighters, EFF), plafonnant autour de 10% - 9,5% cette année contre 10,8% en 2019 -. Mais c'est surtout la percée d'un nouveau parti politique, Umkhonto we Sizwe (MK), avec 14,5% des voix. Fondé début 2024 par l'ancien président Jacob Zuma, reprenant le nom de l'ancienne branche militaire de l'ANC durant l'apartheid, le MK est une scission de l'ANC en raison des multiples affaires de mœurs ou de corruption concernant Zuma, provoquant son départ de la présidence de l'Afrique du Sud en 2018 - remplacé par... Ramaphosa - puis son exclusion de l'ANC en début d'année 2024. Par ailleurs, le 21 mai dernier, la Cour constitutionnelle sud-africaine avait déclaré Zuma comme inéligible pour cette campagne électorale. Ce qui, quelque part, a motivé les électeurs de la province du Kwazulu-Natal à faire un vote ethniciste - Zuma est de l'ethnie Zouloue - en faveur du MK et aux détriment de l'ANC, perdant un de ses bastions et où se concentre 20% de l'électorat sud-africain.

Mais comment cela est-il arrivé? C'est une remise en cause intérieure qui s'explique sous plusieurs angles, parfois imbriqués. Premier lieu, l'angle économique. Le taux de chômage sud-africain est de 32,9% de la population active au premier trimestre 2024, selon Statistics South Africa, l'équivalent sud-africain de l'Insee. D'ailleurs, ce taux de chômage reste au-dessus de la barre de 30% depuis 2020. Le manque d'infrastructures, symbolisé par des coupures de courant régulières ces deux dernières années (cf lien n°2), est un frein à l'activité économique du pays. Et si on ajoute comme autres angles la criminalité - l'Afrique du Sud est parmi les pays comptant le plus fort taux de criminalité dans le monde - et (surtout) les multiples affaires de corruption ayant concerné le parti au pouvoir, que ce fusse sous Zuma ou que Ramaphosa soit impliqué, la méfiance ne peut être que de rigueur en Afrique du Sud. Et la sanction électorale de ces législatives, via le recul du vote ANC et la montée continue de l'abstention en sont des preuves flagrantes de l'échec du parti de Mandela à changer la vie quotidienne des sud-africains.

Pieds d'argile

Maintenant, un gouvernement de coalition devra se faire. Malgré les rancœurs réciproques, les partisans de l'ancien président Zuma et de son successeur Ramaphosa chercheront à se mettre d'accord pour gouverner ensemble. Cela semble être une hypothèse plausible. À moins que le MK vienne appuyer la DA juste par vengeance politicienne envers l'ANC.

En tout cas, ces résultats peuvent rejaillir sur l'image internationale de l'Afrique du Sud car ces dernier mois, le pouvoir sud-africain a pris le leadership pour défendre la cause palestinienne, dans la lignée de l'histoire des liens entre l'ANC et l'Organisation de libération de la Palestine, au point d'envoyer l'État d'Israël devant la Cour internationale de justice et d'obtenir gain de cause par rapport à sa plainte pour risque de génocide dans la bande de Gaza. Ce qui génère beaucoup de sympathie à l'égard de la nation arc-en-ciel, qu'on peut voir comme un colosse aux pieds d'argile.

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