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L'OM a trouvé un repreneur, et alors?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: CLAUDE PARIS / AP

Photo: CLAUDE PARIS / AP

L'annonce officielle d'un repreneur états-unien signe la future fin de l'ère Louis-Dreyfus à l'Olympique de Marseille. Mais est-ce une garantie de retour au sommet pour le club marseillais pour autant?

Le feuilleton de la vente de l'Olympique de Marseille tend à prendre fin. Lundi 29 août, le club indique avoir trouvé un repreneur, en la personne de Frank McCourt, un homme d'affaires états-unien, à travers un communiqué de presse (cf lien n°1). Ce futur repreneur coiffe sur le poteau l'homme d'affaire luxembourgeois Gérard Lopez, qui s'était fait remarquer médiatiquement en laissant miroiter l'idée d'un recrutement important et d'un retour de Marcelo Bielsa comme entraîneur du club, en cas d'acceptation de son offre de rachat par Margarita Louis-Dreyfus. C'est un souci de moins pour les supporters marseillais, passablement à cran depuis plusieurs mois.

Fin d'une époque

Cette annonce, d'ailleurs faite au niveau de l'Hôtel de ville, avec la présence du vieux Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille depuis 1995, concrétise la fin d'un ère. Et c'est ce qui satisfait le plus les supporters de l'OM. Le moins que l'on puisse dire, c'est que rares seront ceux qui verront davantage du positif que du négatif. L'ère Louis-Dreyfus, commencé en décembre 1996, est la plus longue dans l'histoire de l'OM d'après-guerre. Et si elle est marquée par une présence continue en Ligue 1, le palmarès peu paraître trompeur: un titre de champion de France (2010), trois Coupes de la Ligue (2010, 2011, 2012), deux Trophées des champions (2010, 2011). Pourquoi trompeur? Car ces titres furent acquis sous un seul entraîneur - Didier Deschamps -, tandis que sous l'ère Tapie (1986-1994), il faut comptabiliser officiellement quatre titres de champion de France (1989, 1990, 1991, 1992), une Coupe de France (1989) et surtout la Ligue des Champions (1993, "à jamais les premiers!"). C'est dire si du côté des Louis-Dreyfus, tant pour Robert que pour sa veuve Margarita, l'efficacité dans le résultat n'est pas la qualité première qui viendrait à l'esprit des supporters et des observateurs du ballon rond.

Puis, le style de management actionnarial différait de manière extrême. RLD était réputé pour dépenser à tout va, sans voir la moindre récompense (la Coupe Intertoto de 2005 ne compte pas). Marquée par les dépenses de son mari, qui lui valurent des procès dans le cadre de transferts douteux, la veuve Louis-Dreyfus pratiqua à partir de 2011, au moment des travaux de rénovation du stade Vélodrome, une politique d'austérité à la grecque, ne pouvant que donner fatalement des catastrophes sportives et économiques. Et ça n'a pas écarté l'OM de la justice, avec des interpellations des anciens présidents Vincent Labrune, Jean-Claude Dassier et Pape Diouf en novembre 2014, encore pour des transferts louches.

Un retour au sommet?

Durant une interview donnée au journal l'Équipe, le futur repreneur indique sa volonté de viser "le titre chaque saison", le tout en prenant "un engagement personnel, total" dans le club. Il souhaite bien faire de l'OM un "club modèle", notamment en matière de professionnalisme (cf lien n°2). Mais est-il crédible avec ce genre de déclarations? L'homme d'affaires états-unien est connu dans le sport outre-Atlantique, notamment en étant actionnaire du club de baseball des Dodgers de Los Angeles, de 2004 à 2012. Même s'il a acheté pour 430 millions de dollars et revendu pour 2 milliards huit ans après, son passage ne laisse pas de bons souvenirs (cf lien n°3). En effet, le club de baseball a été déclaré en faillite en 2012, avant d'être vendu et chose importante pour les supporters olympiens, les Dodgers n'ont gagné aucun titre national sous son ère. Ce n'est pas un hasard si le journal états-unien ESPN le décrit comme le deuxième plus mauvais propriétaire dans l'histoire du baseball.

Remarquez, vu comment ce sont comportés les Louis-Dreyfus depuis 20 ans, il n'est guère étonnant que M. McCourt ait eu leurs faveurs. Comme dans la vie politique, ce rachat est juste l'acceptation d'une alternance et non une alternative. Dans une interview parue dans l'Équipe, M. McCourt déclare qu'il ne veut que "des gens qui savent gagner dans [son] équipe". Lesquels? Des joueurs? Un entraîneur? Un directeur sportif? Il s'est bien gardé de préciser. Pas un mot sur la politique de la formation au club. Et ça c'est dangereux car si l'OM veut retrouver son statut de grand club, la condition sine qua non est d'avoir un centre de formation qui assure que les minots seront de futurs grands joueurs et qu'ils pourraient majoritairement fournir l'équipe première. Or, c'est ce qui manque cruellement dans l'OM depuis plus de 20 ans!

L'alternative socios

Du coup, comme il s'agit d'une alternance, où est l'alternative? Existe-t-elle? Cette alternative existe bien, sous une inspiration du modèle des socios tel qu'il existe en Espagne, comme au FC Barcelone ou au Real Madrid. Depuis quelques mois, un collectif de socios appelé Massilia socios club tente de convaincre des supporters marseillais de suivre son projet de participation dans le capital du club, avec un programme axé en partie sur la formation, ainsi que sur l'implication des supporters dans la gouvernance du club, au nom de la transparence et pour ne plus revivre des affaires comme celles sur les comptes de l'OM ou des transferts durant les années 1990.

Problème, seulement plus de 1.500 supporters sont séduits par cette alternative, qui tient au principe "un homme = une voix". Loin des 5.000 espérés par les meneurs de cette initiative, seuil qui permettrait d'être (un peu) crédible auprès de la direction du club, et désormais, du futur repreneur. Mais parmi ces soutiens, figurent des anciens joueurs des années Tapie tels Jean-Pierre Papin, Éric Di Méco, Manuel Amoros. Et ceux-là, s'ils soutiennent ce projet, c'est vraiment après une longue réflexion.

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