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La page Labrune se tourne, bon débarras!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Icon Sport

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En attentant l'officialisation via une réunion du conseil d'administration de l'Olympique de Marseille, Vincent Labrune est sur le départ de la présidence du club. Un mandat de cinq ans où il va laisser une sinistre mémoire pour la quasi-totalité des supporters marseillais.

"En tout cas, je ne souhaite pas à mon meilleur ennemi d'être président de l'OM". Ces mots de Vincent Labrune, au soir d'une humiliante défaite de l'Olympique de Marseille (OM) au stade Vélodrome contre Rennes (2-5), résument bien ses cinq années de présidence du club et son incapacité de savoir le gérer, le développer. Sa dernière saison à la tête du club phocéen a été la pire depuis 2000-2001, l'OM ne se maintenant en Ligue 1 qu'à partir de la 36e journée. Sous sa présidence, l'OM n'aura gagné qu'une Coupe de la Ligue, en 2012, vu qu'il a échoué en finale de la Coupe de France face à l'ennemi juré, le Paris Saint-Germain (PSG), en mai dernier.

Changement de tête...

Son départ était acté depuis plusieurs mois. Les supporters voulaient sa démission et Margarita Louis-Dreyfus (MLD), voulant se dédouaner de toute responsabilité dans le marasme actuel du club, n'a pas hésité à sacrifier son pantin pour gagner du temps et de la tranquillité. Ce communicant diplômé de Panthéon-Sorbonne - ce qui est humiliant pour cette prestigieuse université -, a durant 5 ans lancé des formules qui amusèrent la galerie mais qui étaient une coquille vide: le "projet Dortmund" qui reposait sur du sable, afin de masquer une politique d'austérité à la grecque qu'il n'a pas cessé d'exécuter, en particulier sur la masse salariale, pour des comptes financiers qui n'arrivent pas à être excédentaires (cf graphiques 1 et 2).

En vérité, les seuls revenus importants du club sous la présidence Labrune, pour éviter un déficit trop lourd, sont les transferts de joueurs et les coups de mains de la veuve Louis-Dreyfus. D'ailleurs, ces derniers jours, il se vantait que les autres clubs européens soient "admiratifs de ce savoir-faire" qui est en réalité de la vente chère pour peu de jouers phocéens masquant une braderie de la majorité (notamment des cadres en fin de contrat). Effectivement, les autres clubs admirent cette possibilité de se faire un marché à faible coût. Bref, M. Labrune est la risée des présidents de clubs en Europe, surtout en France.

Mais qui va prendre sa place? Selon le journal l'Équipe, le futur président du directoire de l'OM serait Giovanni Ciccolunghi, un ancien cadre d'Adidas pour la Russie dans les années 1990, à l'époque où Robert Louis-Dreyfus (RLD) était propriétaire de la marque de chaussures. En parallèle, un conseil de surveillance, qui avait existé sous les ères Pape Diouf et Jean-Claude Dassier, sera reformé, avec Jean-René Angeloglou à sa tête, un proche de RLD qui aurait aidé à modifier les comptes de l'OM à la fin des années 1990. Et dans ce conseil, selon l'Équipe, le nouveau mari de MLD, le Suisse Philipp Hildebrand, en fera partie; de même que le maire de Corbeil-Essonnes et proche du sénateur Marcel Dassault, Jean-Pierre Bechter.

... mais pas de ligne

Ces noms qui circulent dans la presse sportive montrent que l'OM est contrôlé par une hydre de Lerne qui ne cesse de faire substituer des têtes. Par conséquent, la ligne de la direction du club reste inchangée. L'austérité à la grecque perdurera tant que le rachat de l'OM ne sera pas réalisé. En outre, vu la proximité avec RLD par le passé et MLD aujourd'hui, il y a de quoi avoir le cliché d'une mafia qui contrôle l'OM, sachant que la famille Louis-Dreyfus fait partie des "200 familles" qui contrôlaient la Banque de France tout au long du XIXe siècle.

Problème, c'est qu'à vouloir vendre les bijoux de famille sans s'assurer des résultats sportifs dignes du club et de son histoire, cette politique économique libérale et conservatrice (austérité) restera un cercle vicieux, contrairement aux propos de M. Labrune en août 2015 dans l'Équipe Magazine. Soit une blague de très mauvais goût du désormais ex-président de l'OM, soit une preuve d'incompétence et d'aliénation.

Vente en suspens?

Depuis que MLD a annoncé la mise en vente officielle du club, en avril dernier, les rumeurs vont bon train sur l'identité du racheteur. Avec le temps, trois pistes ressortent au niveau médiatique:

- Gérard Lopez tout d'abord: l'homme d'affaire luxembourgeois est sur les rangs depuis fin 2015. Il faut dire qu'il s'intéresse volontiers au sport, avec son expérience en Formule 1, où il remit en place l'écurie Lotus sur les cendres de l'écurie Renault, fin 2010, avant de céder à l'ex-Régie Lotus en décembre 2015. Le PDG de Genii Group, une société d'investissement, est vu comme quelqu'un possédant un projet sérieux mais pas prioritaire car la veuve Louis-Dreyfus considère que l'offre est faible.

- Un regroupement d'investisseurs du Golfe, soit Iraniens, soit de Dubaï et du Koweït associés. Un enjeu de nature géopolitique en raison du contrôle du PSG par un fonds issu du Qatar. Les moyens peuvent être conséquents (pétrodollars), mais ça n'intéresse pas les proches conseillers de MLD

- Une piste états-unienne, avec un fonds d'investissement qui présenterait une offre aléchante mais dont l'ennui serait de vouloir la privatisation du stade Vélodrome. Ce dont le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui a amené dans ses valises la famille Louis-Dreyfus depuis qu'il est le premier édile de la ville (1995), refuse pour le moment.

Attentisme chez les supporters

Et du côté des supporters, quel est le comportement adopté? La grande majorité adopte l'attentisme, avec une forte de fatalisme. Pour preuve, les abonnements au stade Vélodrome, notamment ceux dans les virages, que le club gère de nouveau, ne passionnent pas les foules. Des groupes de supporters tels les Dodger's comptent environ quatre fois moins d'adhésions et/ou abonnements en un an. L'été dernier, la présence de Marcelo Bielsa motivait les supporters. Aujourd'hui, les meilleurs joueurs sont majoritairement partis et le reste de l'effectif ne donne pas envie de s'enthousiasmer. En plus de la navigue à vue austéritaire de la direction du club, les supporters ne sont pas incités à vouloir suivre les matchs à domicile.

Pourtant, certains supporters ne tiennent pas à suivre cette morosité. En cela, ils défendent le modèle des socios, en vogue en Espagne et qui n'empêche pas des clubs comme le FC Barcelone ou le Real Madrid de truster les titres nationaux et européens. Pour l'instant, leur campagne de souscription n'attire pas forcément les foules (cf lien n°1), mais des soutiens comme les anciens joueurs Éric Di Meco et Manuel Amoros peuvent inciter des supporters, jusque-là réservés sur cette alternative, à franchir le Rubicon (cf liens n° 2 et 3).

Bref, l'OM navigue entre fatalisme et espoir.

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