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Le Brexit ou la fin du Royaume-Uni

Publié le par JoSeseSeko

Photo: REUTERS/Dylan Martinez

Photo: REUTERS/Dylan Martinez

Avec l'accord du Parlement britannique, la Première ministre Theresa May peut lancer la procédure de départ du Royaume-Uni de l'Union européenne. Mais au risque de perdre l'unité du Royaume-Uni avec des demandes de référendum en Écosse et en Irlande du Nord.

Près de neuf mois après le vote historique de la sortie de l'Union européenne (UE), le Brexit va entrer prochainement en pratique. Le Parlement britannique, qui a été convié à se prononcer sur la poursuite officielle du désengagement du RU dans l'UE, l'a largement approuvé, lundi 13 mars (cf liens n°1 et 2). Et ce, quand bien même de nombreux parlementaires avaient fait campagne pour le maintien de Londres dans le marché européen, tout comme la Première ministre Tory Theresa May, nommée en juillet dernier, suite à la démission de David Cameron, initiateur de ce référendum du 23 juin 2016.

Putain deux ans!

Avec ce feu vert parlementaire, la locataire du 10 Downing street pourra enclencher d'ici fin mars la procédure de sortie définitive du Royaume-Uni de l'Union européenne, en invoquant l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui permet cette éventualité. Mais cette sortie ne se fera pas du jour au lendemain. Elle durera deux ans. Un laps de temps durant lequel Londres et Bruxelles négocieront âprement les modalités de sortie, d'autant plus que May, pourtant opposée au Brexit lors de la campagne référendaire, joue la carte du "hard Brexit", avec une dose de protectionnisme guère larvée.

Ce qui suscite une certaine admiration de la part de Donald Trump aux États-Unis ou de Marine Le Pen en France. Mais cette dernière n'est pas la seule à défendre le Frexit. Le candidat François Asselineau, de l'Union populaire républicaine en a fait un principe phare de sa campagne. Et dans une moindre mesure Jean-Luc Mélenchon, même si ça reste dans sa stratégie politique un "plan B", bien que ce soit un Frexit de gauche.

Écosse-Irlande du Nord: même combat

Mais là où l'enjeu du Brexit va devenir très délicat pour May, c'est le réveil de sécession en Écosse et en Irlande du Nord. Contrairement à l'Angleterre, ces deux régions du Royaume-Uni ont massivement voté pour le maintien dans l'UE en juin dernier, affirmant leur tradition europhile assez particulière chez Albion. Du coup, la Première ministre écossaise et leader des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon, a lancé un appel à un référendum sur l'indépendance de l'Écosse "quand les termes du Brexit seront connus". Selon elle, ce référendum aura lieu entre l'automne 2018 et le printemps 2019, soit sur les six derniers mois de négociation de la sortie britannique (cf lien n°3). Et ça change du référendum de septembre 2014, où le maintien de l'Écosse dans le Royaume-Uni a été voté à 55% des voix, permettant à l'establishment de retenir son souffle un instant.

Mais en Irlande Nord, ça pourrait être un tournant historique. Cette partie de l'île d'Irlande rattachée à la couronne est pacifiée depuis les accords du "vendredi saint" en 1998, après plusieurs décennies de troubles entre protestants unionistes et catholiques républicains, pour résumer. La victoire du Brexit a donné un nouveau souffle pour les républicains du Sinn Féin de Gerry Addams. Le parti de gauche radicale, qui monte en puissance dans la république d'Irlande, revendique depuis plusieurs années la réunification de toute l'île sous la bannière de la république. D'ailleurs, il a fait (presque) jeu égal avec le Parti unioniste démocrate lors des dernières élections locales, jeudi 2 mars, signe d'une mutation historique de la part des électeurs nord-irlandais, dont l'attachement à l'UE pourrait se doubler d'une réunification (cf liens n°4 et 5).

Bref, la tendance est à croire que la reine Élizabeth II pourrait devenir la dernière tête couronnée du Royaume-Uni.

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