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Accord entre Tories et Unionistes

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Daniel LEAL-OLIVAS/AFP

Photo: Daniel LEAL-OLIVAS/AFP

La Première ministre, Theresa May, a pu trouver un accord de gouvernement avec le Parti unioniste démocratique d'Irlande du Nord, afin de pouvoir disposer d'une (courte) majorité à la Chambre des Communes. Une situation qui reste fragile tant pour May que pour le Royaume-Uni tout entier.

Elle sauve sa tête, mais à quel prix. Theresa May reste Première ministre, à l'issue d'un accord trouvé ce lundi 26 juin avec le Parti unioniste démocratique (DUP), pour avoir une majorité parlementaire et que le Parti conservateur, au pouvoir depuis 2010, puisse continuer à gouverner (cf lien n°1). En effet, les 10 petits sièges des unionistes d'Irlande du Nord s'ajoutent aux 317 sièges des Tories pour donner une majorité de 327 sièges sur 650 à la Chambre des Communes. C'est dire si c'était difficile pour May, qui doit ruminer les résultats des élections anticipées du 8 juin dernier car auparavant, le Parti conservateur disposait d'une majorité de 330 sièges à lui tout seul.

Un siège éjectable?

Du coup, la feuille de route de la locataire du 10 Downing street pourrait s'appliquer. Notamment au sujet du Brexit. Mais vu les élections, il est clair qu'un "hard Brexit" ne sera pas envisageable pour le gouvernement britannique car il n'a pas convaincu les électeurs, contrairement au "soft Brexit" défendu par le leader du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, qui avait axé sa campagne sur la redistribution des richesses et une réorientation de la politique économique, à travers des projets de nationalisation de divers secteurs économiques par exemple.

Malgré cet accord, May donne l'impression d'être sur un siège éjectable car son choix d'accord avec le DUP est critiqué au sein de son parti, vu les positions ultra-conservatrices du DUP en matière de choix de société (anti-avortement, anti mariage homo, peine de mort). Puis sa capacité à gérer le Royaume-Uni est remise en cause en fonction de l'actualité, comme par exemple l'incendie de la tour Grenfell à Londres qui illustre une réduction des efforts en matière de rénovations des logements par les pouvoirs publics depuis 2010. De quoi renforcer le Labour qui affiche, quant à lui, une unité rarement vue autour de son leader. Y compris de la part des l'aile droite, qui cherchait à se débarrasser de Corbyn il y a encore quelques mois (cf lien n°2).

Fragilité territoriale

L'autre inquiétude que cet accord est au sujet de l'Irlande du Nord. Suite à l'accord du Vendredi Saint en 1998, le gouvernement britannique se doit d'être neutre au niveau de la politique en Irlande du Nord. Or, avec cet accord, plusieurs observateurs estiment que c'est un mauvais signal envoyé par Londres à Belfast, pouvant raviver des tensions entre catholiques et protestants, entre républicains et unionistes, qui cohabitent au sein du gouvernement local. Et ce d'autant plus que ces dernières années, les républicains du Sinn Féin se sont renforcés en Irlande du Nord, mais aussi dans la République d'Irlande. Au point que Gerry Addams, leader historique du parti, appelle à un référendum sur une réunification entre l'Eire et l'Ulster. Ce qui serait un événement historique complètement impensable il y a quelques années mais le Brexit a changé la donne car les Nord-irlandais avaient majoritairement voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

Toujours est-il que cet accord n'est guère solide et que plusieurs bookmakers sont tentés de parier sur de nouvelles élections en fin d'année.

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