L'attentat du jeudi 2 avril revendiqué par des Shebab islamistes à l'université de Garissa, dans le Nord-est du Kenya, indique à quel point la corne de l'Afrique est loin d'être tranquille, où le terrorisme y a trouvé une de ses bases.
Le Kenya est traumatisé depuis jeudi par cette attaque sur l'université de Garissa, considérée pour certains observateurs internationaux, comme la "Silicon valley" africaine. Un triste bilan de 147 morts, dont 142 étudiants, qui pourrait s'alourdir, vu le nombre de blessés. Il s'agit pour le Kenya de l'attentat le plus meurtrier depuis l'attaque revendiquée par Al-Qaïda et son fondateur, Oussama Ben Laden, contre l'ambassade des États-Unis à Nairobi en 1998, qui avait fait plus de 200 morts et des milliers de blessés à l'époque.
La poudrière somalienne
Les auteurs de l'attentat dans cette faculté seraient des Shebab issus du mouvement islamiste Al-Shabbaab, justifiant leur action car l'université de Garissa serait composée d'étudiants chrétiens (protestants a priori vu le Kenya fut une colonie britannique). Ce qui rappelle combien tout "opium du peuple" est potentiellement dangereux pour des êtres faisant recherche d'améliorer leur esprit. Et c'est le cas vu que ce furent des universitaires, des "cerveaux" qui sont victimes, là.
Pour en revenir à Al-Shabbaab, le meneur de l'attaque de Garissa serait un Kényan, du nom de Mohamed Kuno, mais le groupe terroriste est essentiellement basé en Somalie, pays frontalier avec le nord du Kenya, dont Garissa se situe à environ 200 km de la frontière. Or la Somalie est un pays fantôme. Il n'y a plus de véritable État central depuis 1991 et le pays est en guerre civile, avec différents groupes rebelles plus des interventions de l'extérieur (Éthiopie par exemple, ou les États-Unis, comme le rappelle le film de Ridley Scott, La Chute du faucon noir) qui se tirent dessus. Une poudrière qui menace de faire exploser l'Afrique de l'Est.
Une attaque pas par hasard
Devant l'ampleur et le symbole du lieu visé, Nairobi est forcé de réagir. Le président kényan, Uhuru Kenyatta, ne peut pas rester stoïque face à un tel drame qui secoue son pays. Pourtant, se lancer à corps perdu dans la traque contre Al-Shabbaab, bien que cinq suspects aient été arrêtés ces dernières heures, n'est pas forcément efficace car il faudrait mettre des moyens humains, matériels et financiers, que le Kenya seul pourrait difficilement appliquer.
En tout cas, cet attentat ne s'est pas fait par hasard puisque le président États-unien Barack Obama, qui est d'origine kényane, avait prévu de faire une visite d'État pour l'été prochain, ce qu'il aurait d'ailleurs confirmé vendredi 3 avril, selon certaines agences de presse.
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