Après la manif...

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Jean-Paul Pelissier/REUTERS

Photo: Jean-Paul Pelissier/REUTERS

La mobilisation des enseignants, le 19 mai, pousse le gouvernement à mettre l'accélérateur au sujet de la réforme du collège qui fait grand bruit depuis plusieurs semaines.

La réforme du collège est bien partie pour continuer à faire couler beaucoup d'encre. La manifestation du mardi 19 mai montre combien les professeurs sont déterminés contre cette loi, en route pour ne pas se faire face à une telle levée de boucliers, de tous horizons. Ceci mettant la ministre, Najat Vallaud-Belkacem, en première ligne face aux critiques parlant d'un "nivellement par le bas".

50% contre 27%

Comme beaucoup de manifs, les comptes réalisés sont diamétralement opposés. Les syndicats de l'éducation indiquent une forte mobilisation des profs, avec 50% de grévistes, tandis que le gouvernement, utilisant les données du ministère de l'Éducation nationale, avance quant à lui, 27% de grévistes. Bien malin celui qui confirme l'un ou l'autre point de vue sur la mobilisation.

Derrière cette bataille de chiffres, toute une communication s'y emploie. D'un côté, les syndicats annonçant leur victoire sur le terrain, de l'autre, le gouvernement affirmant que les profs ne sont pas tellement contre cette réforme, telle quelle.

Différentes motivations

Ce qui peut rassurer la ministre de l'Éducation ainsi que le Premier ministre Manuel Valls, c'est que les grévistes ont battu le pavé pour différentes raisons. Il y a ceux qui manifestent contre la suppression du latin et du grec (ancien), quand bien même ce n'est pas prévu par la réforme en question, vu les articles écrits sur ce point; il y a ceux qui manifestent contre la suppression des classes bilingues en 6ème, en particulier les profs d'allemand; enfin, il y a ceux qui marchent contre la modification des programmes d'histoire-géo, comme le prévoit la réforme en discussion.

Puis un autre élément joue en faveur du gouvernement, c'est que les grévistes sont divisés quant au devenir de la réforme. Doit-elle rediscutée avec les enseignants ou doit-elle être définitivement abandonnée? À cette question, il y a deux camps de manifestants qui s'opposent. Certains font grève pour demander ensuite un nouveau départ dans l'écriture de la réforme tandis que d'autres veulent y mettre fin, avec en plus la démission de la ministre de l'Éducation nationale.

Contre-attaque

Face à cela, le gouvernement ne tergiverse pas. Le Premier ministre, avant la manifestation sur l'ensemble de la France, avait prévenu sur son intention de faire passer cette réforme. La contre-attaque est lancée, avec des éléments de la réforme comme l'autonomie des collèges qui sont publiés dans le Journal officiel, ce mercredi 20 mai. Ce qui hérisse les poils de l'opposition, en particulier François Bayrou, ancien candidat à l'élection présidentielle (2002; 2007; 2012) et ancien ministre de l'Éducation nationale (1993-1997). Ce dernier en appelle à une nouvelle manifestation nationale, considérant que ce geste ne fait que monter l'indignation et non la stopper.

En tout cas, réformer tranquillement en France, c'est presque mission impossible! ^^

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