Visite d'affaires pour Hollande à Cuba

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Enrique De La Osa/Reuters

Photo: Enrique De La Osa/Reuters

Pour terminer son cycle de voyage dans les Caraïbes, les président François Hollande se rend à Cuba, pour rencontrer son homologue Raúl Castro pour négocier des accords économiques avec l'île, avant les États-Unis.

Tout un symbole! François Hollande, qui effectue depuis le 8 mai une visite dans les Antilles, en posant notamment pied en Martinique et en Guadeloupe pour assurer certains engagements envers les outre-mers, termine sa traversée caribéenne en rendant une visite d'État à Cuba, pour rencontrer Raul Castro, président de l'île depuis 2008, à la place de son frère aîné Fidel Castro. Il devient ainsi le premier chef d'État occidental à se rendre à La Havane depuis le dégel des relations diplomatiques entre Cuba et les États-Unis en décembre 2014.

Diplomatie économique

Autour du président, la délégation française est représentée. Plusieurs ministres (Ségolène Royal, Fleur Pellerin, etc.), des dizaines de chefs d'entreprises sont ainsi venus pour montrer que la France tient à s'implanter sur le marché cubain, qui tend à s'ouvrir (de manière limitée tout de même) avec les différentes mesures de "libéralisation" prises par Castro.

C'est la mise en marche d'une diplomatie économique qui était déjà avancée entre Paris et La Havane puisqu'en avril 2014, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, fit une (brève) visite à Cuba, ce qui était une première depuis 1983. Et quelque part, ça permet au président français de jouer une petite farce envers les États-uniens car malgré une normalisation des relations diplomatiques, l'animosité reste palpable des deux côtés du détroit de Floride, tandis que Cuba considère la France comme un ami, même si la réciprocité n'est évidente qu'auprès de la gauche radicale française, bien minoritaire.

Droits de l'homme au second plan?

En vertu de cette visite, François Hollande se sait attendu du côté de la question des droits de l'homme et des exactions commises par Cuba sur ce sujet, selon plusieurs Organisations non gouvernementales (ONG). Notamment quand ça concerne le traitement réservé aux dissidents politiques. Mais ça n'a pas l'air d'être une priorité pour lui, malgré qu'il ait écrit, quand il était premier secrétaire du Parti socialiste en 2003, un texte condamnant le régime castriste et que l'ONG Reporters sans frontières a ressorti ces derniers jours. Maintenant, il considère que ça s'est atténué depuis la présidence du frère cadet Raúl Castro.

Retour au premier plan

Depuis quelques années, on peut remarquer que La Havane fait un retour sur le devant de la scène diplomatique aux Amériques et dans les Caraïbes. Dans un premier temps, grâce au Venezuela, notamment durant la présidence d'Hugo Chávez qui a bradé le pétrole vénézuélien en échange des services de santé cubains qui ont toujours été réputés dans le monde entier, relançant une économie cubain exsangue après la chute de l'URSS en 1991. Par la suite, les autres pays latino-américains ont renoué des relations avec La Havane dans la mesure où ces pays connaissaient en parallèle un refroidissement avec Washington, notamment sous la présidence de George W. Bush.

Enfin, Cuba se transforme en médiateur dans des histoires nationales, comme c'est le cas en Colombie, où les négociations entre le gouvernement de Bogotá et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) se font dans la capitale cubaine depuis le début des années 2010, avec une évolution progressive vers la fin de la rébellion se revendiquant du marxisme et la transformation des FARC en parti politique. Donc, ce n'est pas le fruit du hasard que Hollande aille voir son homologue cubain.

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