La mobilisation contre la "loi travail" est loin d'être finie

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

L'ampleur des manifestants du 31 mars dans toute la France laisse présager une poursuite intensive des manifestations contre le projet de "loi travail", à l'heure où celui-ci commence à être discuté au Parlement.

Que ce soit 390.000 ou 1.200.000 personnes ayant battu le pavé en France, jeudi 31 mars, la mobilisation a pris de l'ampleur contre le projet de "loi travail". En effet, le 9 mars dernier, il fallait compter entre 225.000 et 450.000 manifestants puis le gouvernement a tenté de calmer les esprits en modifiant certaines parties du projet, notamment sur le travail des apprentis ou les indemnités prud'homales, que porte Myriam El Khomri, ministre du Travail. De même que les tentatives de discrédit envers les manifestants, en raison des violences marginales sur les manifestations du 17 et du 24 mars, n'ont pas l'air d'avoir porté leurs fruits.

Une fracture syndicale moins nette

L'une des surprises dans les cortèges, notamment à Paris, où 90.000 à 100.000 personnes ont défilé sous la pluie, c'est un rassemblement syndical de plus en plus massif. En-dehors des syndicats tels la CGT, FO, SUD, FSU, CNT, UNEF, UNL ou encore FIDL, qui appellent depuis le 9 mars au retrait du projet de loi, certains syndicalistes de la CFDT se sont joints, avec leurs badges de syndiqués dans le cortège. Signe d'une rupture progressive entre la base et la direction confédérale, en particulier Laurent Berger. Le secrétaire général du syndicat menant la négociation avec le gouvernement, ces dernières semaines, sur le projet de loi.

Et ça, dans la partie d'échecs qui se déroule sur ce sujet, les manifestants ont renversé la vapeur car la stratégie gouvernementale de créer deux fronts syndicaux qui s'opposeraient l'un envers l'autre tend à s'effriter au niveau de la base. Par conséquent, l'intersyndicale unitaire semble partie pour se concrétiser. Ce qui était loin d'être une évidence après le 9 mars. Et ça montre bien que les syndicats pourraient y gagner en évitant un émiettement, qui leur est si caractéristique en France.

Intensification à prévoir

En plus de la manifestation, certaines organisations ont joué les prolongations, avec la "Nuit debout", notamment à Paris, où des projections de film furent mises à disposition des manifestants. Mais également des discussions sur les possibilités de convergence, qui sont existantes, entre les luttes sociales et les discriminations subies par des français "racisés", avec pour dernier exemple, les propos de Laurence Rossignol comparant des femmes choisissant le voile avec des "nègres américains qui étaient pour l'esclavage". Deux dates de manifestation sont déjà prévues: le mardi 5 et le samedi 9 avril.

Du coup, si l'intensification est à prévoir dans les manifestations, la probabilité d'une nervosité entre des manifestants préférant en découdre avec les forces de l'ordre et ces dernières suivrait également une pente ascendante. D'ailleurs, des interpellations eurent lieu à Paris, Marseille ou encore Toulouse, en marge des cortèges organisés dans ces villes. En tout cas, le 31 mars ne semble pas marquer la fin d'un mouvement pour certains observateurs, mais un début, ou plutôt une continuité.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article