Le numéro d'équilibriste de l'OM

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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Le club marseillais, en lutte pour la deuxième place en Ligue 1, ferait bien de rester à cette position tant une qualification directe pour la Ligue des champions ferait du bien à ses finances, qui font l'objet d'une audition auprès de l'UEFA, dans le cadre du fair-play financier. Mais l'absence de recrue hivernale fait craindre le pire pour les supporters olympiens, tant l'équilibre de l'équipe est fragile.

La lutte pour la deuxième place du championnat sera passionnante jusqu'au bout entre l'Olympique de Marseille (OM), l'Olympique lyonnais (OL) et l'Association sportive de Monaco (ASM). En attendant la confrontation entre l'ASM et l'OL, l'OM occupe la deuxième place, et pourrait bien le rester si les circonstances le permettent. Et ce, après un début de saison d'abord inquiétant puis devenu emballant de la part du club marseillais, entraîné par Rudi Garcia, qui a su trouver la formule tactique la plus efficace pour que l'OM enchaine les résultats positifs ces derniers mois, le tout avec des titulaires en forme (Steve Mandanda, Adil Rami, Luiz Gustavo, Dimitri Payet, Florian Thauvin, Valère Germain).

Édifice fragile

Néanmoins, si l'équilibre tactique a été trouvé, permettant aux joueurs d'être à plein régime, l'enchainement des matchs pourrait rendre l'édifice fragile. On n'est jamais à l'abri d'une blessure. L'exemple de celle de l'arrière gauche Jordan Amavi l'illustre bien, même si Garcia a su bricoler en mettant l'arrière droit Hiroki Sakai sur le côté gauche et l'ancien milieu offensif Bouna Sarr sur le côté droit de la défense. Mais une blessure de Gustavo ou de Thauvin serait bien plus préjudiciable tant ces deux joueurs sont influents au sein de l'équipe depuis le début de la saison. Et comme les matchs de Coupe de France et de Ligue Europa pointent à l'horizon, Garcia devra faire tourner quelque peu son effectif, tout en cherchant à faire un bon parcours dans ces deux coupes et à ne pas hypothéquer les chances de l'OM de figurer sur le podium du championnat à la fin de la saison. Et l'absence de recrue durant le mercato hivernal n'est guère rassurante dans cette perspective de lutter à la fois en championnat, en Coupe de France et en Ligue Europa sans trop laisser d'énergie sur le terrain.

L'épine financière

L'épée de Damoclès qui traine surtout au niveau de l'OM est au niveau de ses finances. Le club a fait l'objet d'une audition auprès de l'UEFA, fin janvier, dans le cadre du fair-play financier. Selon la radio RMC, les dirigeants de l'OM ont été reçus, le 19 janvier, par les inspecteurs du Fair-play financier (cf lien n°1). Et ce, à l'initiative du club phocéen afin de "prouver la bonne foi du club, au sein duquel les dirigeants sont totalement conscients que l’investissement consenti par le nouveau propriétaire doit être en rapport avec une augmentation des sources de revenus". Pour l'instant, l'instance européenne ne prévoit pas de sanction mais certains cadres de l'UEFA s'inquiètent de la politique menée par Frank McCourt, qui a racheté le club en 2016, et demanderaient une enquête sur les finances du club selon RMC. En cause, les dépenses de transferts et l'accroissement de la masse salariale dans le budget du club, qui causeraient une impossibilité à respecter les règles du fair-play financier, exposant le club à une possible sanction, qui pourrait être "négociée" car l'OM n'a jamais été pénalisé pour non-respect du fair-play financier, à l'heure actuelle.

Et vu que la nouvelle tombe après un mercato hivernal atone, les supporters olympiens ont de quoi se poser des questions. Est-ce une inactivité subie ou voulue? Telle est la question. Dans le premier cas, c'est que la pression de l'UEFA, avec le fair-play financier, aurait donc fait ses preuves et comme le soulignent des amis supporters de l'OM (cf liens n°2 et 3), le déficit du club - épongé par McCourt - était de 42 millions d'euros en 2016-2017, ce qui le rend suspect auprès de l'UEFA car le club doit vite générer des recettes pour rentrer dans les clous. D'où un partenariat avec Puma à la place d'Adidas à partir de 2018-2019, une recherche d'exclusivité du stade Vélodrome puis une volonté de voir les supporters remplir le Vélodrome, quand les instances françaises ne mettent pas des bâtons dans les roues et que la direction du club suit sans trop chercher à s'y opposer. Dans ce le second cas, c'est que McCourt et Jacques-Henri Eyraud estiment avoir pas mal investi depuis un an et demi et qu'une pause peut être faite, en raison de la situation actuelle de l'effectif marseillais. Un signe de confiance potentiellement fragile, en raison de l'enchainement des matchs et des risques de blessure de cadres, comme évoqué ci-haut.

Attention à ne pas jouer avec le feu car si l'OM ne réussit pas à se qualifier pour la Ligue des champions, un nouveau cycle d'austérité à la grecque pourrait recommencer. Et on sait combien les supporters olympiens ne tiennent pas à revivre ce genre de situation.

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