Un 1er mai explosif entre Black Blocs et CRS!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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Les échanges de projectiles entre Blacks Blocs et forces de l'ordre plus des véhicules brulés ont émaillé la manifestation du 1er mai à Paris. De quoi s'indigner sur cette extrême-gauche anarchiste et sa méthode, mais aussi sur l'attitude des flics, obligeant le cortège à prendre un itinéraire bis.

Les autorités craignaient un 1er mai tendu et finalement, il l'a été. Cette prophétie auto-réalisatrice s'est faite dans le cortège parisien, où 20.000 personnes auraient battu le pavé selon la police, contre 50.000 selon les syndicats. À l'heure où des grèves se sont développées en France et à l'évocation du 50e anniversaire de Mai 68, ce printemps 2018, qui marque le premier anniversaire de la victoire à la Pyrrhus d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, promet d'être bouillant s'il y a mobilisation.

Excitation mutuelle

Mais ce qui attire l'attention des mass media, ce sont surtout les scènes de violence dans le cortège entre les Black Blocs d'un côté, et les CRS de l'autre. Elles se sont produites sur le boulevard de l'Hôpital, alors que le cortège, parti de la place de la Bastille, allait vers la place d'Italie. L'itinéraire prévu devait passer sur le boulevard de l'Hôpital, mais au niveau de la jonction avec le boulevard Saint-Marcel, les CRS bloquèrent la route et quelques minutes plus tard, deux fumées épaisses s'élevèrent à l'horizon. Il s'agissait d'une grue et d'une voiture que les Black Blocks ont fait cramer, de même qu'ils ont saccagé le McDonald's présent sur le boulevard puis fait brûler une poubelle.

Du coup, une logique d'excitation mutuelle s'est établie entre black blocs et CRS, les premiers envoyant des projectiles divers (feux d'artifice, bouteilles en verre, pavés, etc.) et les seconds, du gaz lacrymogène et le canon à eau. Et au fil des minutes, les CRS ont fait reculer le cortège, appelant à la dispersion à partir du moment où les manifestants étaient refoulés sur le pont d'Austerlitz tout en nassant ce pont pour mieux interpeller les "casseurs", et avec l'objectif de ramener le cortège vers la place de la Bastille, d'où il était parti. Soit dit en passant, le canon à eau aurait pu éteindre au moins l'incendie de la voiture. Il l'a à peine fait et il a fallu que les pompiers interviennent pour stopper le feu qui était à proximité d'une concession automobile et d'habitations.

Décrédibiliser le mouvement

En conséquence de ce recul, les manifestants ont cherché un itinéraire bis et ont dû bloquer le trafic sur les quais de la rive droite, obligeant des automobilistes à faire machine arrière et à rouler à contresens. Donc, la manif est quand même allée au bout, mais au prix d'un micmac lié à cette excitation mutuelle entre black blocs et CRS. Néanmoins, ça pose la question de savoir si les syndicats avaient prévu cet itinéraire bis en cas d'affrontement. L'attitude des premiers a suscité de la colère au sein de la gauche comme par exemple l'écologiste Yannick Jadot et le communiste Pierre Laurent condamnant ces violences qui décrédibilisent le mouvement social, même si le secrétaire national du PC tient à souligner le comportement "trouble" des flics.

Mais la palme d'or de la mauvaise foi, vu qu'on approche du festival de Cannes, revient à Jean-Luc Mélenchon. Le député de la France Insoumise, ancien candidat aux deux dernières élections présidentielles, affirme que les violences des black blocs seraient en fait menées par des personnes d'extrême-droite. Rien que ça! À croire que le député n'entend pas les chants antifascistes entonnés par ces ultras qui se revendiquent de l'anarchisme, en mode action directe, ni ne lit les slogans écrits sur l'ensemble des murs durant la manif. En outre, a-t-il des preuves de ce qu'il avance, comme en avait Jean Jaurès envers des anarchistes comme Jean Tournadre, payé par la duchesse d'Uzès et Edmond de Rothschild lors des grèves de Carmaux de 1892? C'est la question à se poser. Pour le moment, le député des Bouches-du-Rhône illustre cette réplique du film Les tontons flingueurs: "Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnait"

Par contre, Philippe Poutou, membre du Nouveau parti anticapitaliste et ancien candidat aux deux dernières élections présidentielles également, a pour sa part préféré souligner la violence de la classe dominante, ayant l'État à son service. Ce qui ramène à mettre en avant combien la lutte des classes est loin d'être un mythe révolu mais au contraire, une réalité bien concrète avec une violence moins visible mais plus profonde, plus insidieuse envers les prolétaires. Mais ce n'est pas ce genre de message qui pourrait être facilement retenu, vu les dégâts causés par les black blocs.

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77cives3377 03/05/2018 01:06

Qui est un peu informé (et certainement pas avec BFM TV et autres medias d'accompagnement gouvernemental)sait très bien que les débordements de la récente manifestation du 1er mai résultent de manoeuvres policières visant à empêcher certains de manifester...."La rue est à nous" surtout le jour d'une manifestation nationale ou bien...ce n'est plus une manif.Mais il y a un autre élément important qui ne doit pas être passé sous silence.Depuis l'ère hollandaise la répression policière est systématique et surtout systémique.Le gouvernement oppose à toute contestation sociale la même réponse:la répression.A moins d'être sourd ou de regarder toute la journée BFM TV une chose est certaine:la contestation sociale va croissant et tend à se radicaliser.Les récents gouvernements ont allumé la mèche et il sera difficile de l'éteindre.La guerre sociale est DEVANT nous.