La bombe pacifique coréenne

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Boaz Guttman

Photo: Boaz Guttman

La rencontre entre Kim Jong-un et Moon Jae-in, présidents respectifs de la Corée du Nord et de la Corée du Sud, et les annonces de dénucléarisation de la péninsule coréenne, donnent de l'enthousiasme et de l'espoir pour les populations des deux pays. Reste à savoir si des engagements concrets vont se faire, ainsi que l'accueil que compte réserver les États-Unis de Donald Trump, à l'approche d'un sommet important au sujet de la Corée du Nord.

Les poignées de main entre le président nord-coréen Kim Jong-un et son homologue sud-coréen Moon Jae-in, de part et d'autre de la ligne de démarcation des deux Corée depuis 1953, vendredi 27 avril, pourraient bien rentrer dans les livres d'histoire. Au-delà du symbole, elles marquent un rapprochement diplomatique entre deux pays, sans qu'il y ait leurs puissants alliés que sont la Chine pour la Corée du Nord et les États-Unis (plus le Japon) pour la Corée du Nord. D'ailleurs, la principale information retenue dans la presse est la volonté de Kim Jong-un, le dictateur nord-coréen, de dénucléariser la péninsule. Ce qui signifierait un abandon du programme nucléaire développé par Pyongyang ces dernières années.

Rapprochement

Cette rencontre entre les deux chefs d'État marque une nouvelle étape dans le rapprochement des deux pays et la recherche d'une pacification totale du territoire. L'un des premiers signes de ce rapprochement a été la mise en place d'une délégation coréenne sous une seule bannière lors des Jeux olympiques d'hiver organisés à Pyeongchang (Corée du Sud) en février dernier. Même si cela était seulement pour un seul sport, à savoir le hockey sur glace, ce geste était une première depuis les Jeux olympiques d'été de Sydney (Australie), en 2000, où les deux Corée avaient défilé sous une seule bannière.

Toujours est-il que ce mouvement semble réjouir les coréens, dans leur ensemble, car plusieurs articles, reportages, insistent sur la satisfaction de part et d'autre de la péninsule à voir une perspective de paix durable car en dépit de l'armistice de 1953, mettant fin à la guerre de Corée, séparant la péninsule en deux États, ces derniers étaient régulièrement en tension. Notamment le Nord, qui se voulait appliquer le communisme, la dictature du prolétariat, mais qui s'avère être une dictature stalinienne suivant le capitalisme d'État, avec ces dernières années, une recherche soutenue pour posséder la bombe nucléaire, et mener des tests de missile longue-portée pouvant menacer le Japon, voire même les États-Unis.

Politique de détente

Justement, Washington, allié de Séoul, ne goûte pas aux provocations de Pyongyang, montrant volontiers les gros bas, surtout avec Trump à la présidence depuis son élection fin 2016. Mais cette rencontre entre les dirigeants coréens, sans que les États-Unis et la Chine n'aient été à l'origine de cet événement, pourrait bien changer la donne dans la région. Et ce, d'autant plus qu'une rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump doit se faire dans les prochains jours, avec la question du nucléaire au centre des discussions diplomatiques. De quoi initier une politique de détente, tant le risque d'une escalade entre deux dirigeants qui n'hésitent pas à proférer des menaces et à tester les nerfs d'autrui était grand.

En réalité, si la rencontre de vendredi offre un ballon d'oxygène, il n'en demeure pas moins que l'atmosphère reste tendue. En effet, peut-on croire que la Corée du Nord renoncera entièrement à l'arme nucléaire? Est-ce que les États-Unis s'en contenteraient? Ce genre de questions devra encore attendre pour recevoir des éléments de réponse. Qu'ils soient favorables à la paix ou non. D'ici là, on retient son souffle.

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