Un Tour pour Froome?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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Dans ce départ du Tour de France 2018, Christopher Froome endosse le costume du grand favori, mais la polémique sur son contrôle lors du Tour d'Espagne 2017 pourrait laisser des traces auprès du public, et des adversaires qui pourraient être remontés et ainsi empêcher le britannique de gagner la grande boucle une cinquième fois.

C'est le grand départ! Le Tour de France commence ce samedi 7 juillet, avec forcément Christopher Froome comme grand favori. Quadruple vainqueur de l'épreuve reine du cyclisme international, notamment lors des trois dernières éditions (2015, 2016, 2017), le coureur britannique ambitionne de gagner pour la cinquième fois le Tour au bout des trois semaines de course. Ce qui lui permettrait d'égaler Eddy Merckx, Jacques Anquetil, Bernard Hinault et Miguel Indurain, quintuples vainqueurs du Tour. Mais ce serait aussi l'occasion de réaliser un doublé Tour d'Italie-Tour de France la même année, vu que Froome a gagné le Giro en mai dernier. Ce qu'aucun coureur n'a plus réalisé depuis l'Italien Marco Pantani en 1998, lors d'un Tour marqué par l'affaire Festina et la médiatisation de la question du dopage dans ce sport.

Ombre du dopage

Justement, cette ombre du dopage plane au-dessus des têtes des coureurs. Et tout particulièrement Froome. Il faut dire que son cas divise le monde du vélo. Lors de la Vuelta 2017, qu'il a remportée, un contrôle "anormal" au salbutamol, médicament  utilisé dans le traitement de l'asthme, a été constaté envers le leader de l'équipe Sky. Une enquête de l'Union cycliste internationale a dû être menée et il a fallu attendre le 2 juillet dernier pour savoir que l'UCI décida de classer l'affaire, permettant à Froome de pouvoir participer au Tour car la veille, les organisateurs de l'épreuve avaient décidé de ne pas autoriser le coureur britannique à y participer.

Ce méli-mélo autour de Froome n'est pas du genre à donner de l'empathie de la part du public. Au contraire, l'hostilité des spectateurs sur la route risque d'être très forte envers le coureur britannique. Pour preuve, jeudi 5 juillet, lors de la présentation des équipes participantes et des coureurs, le public siffla, hua copieusement Froome et l'équipe Sky. Y aura-t-il des jets d'urine à l'égard de Froome, comme il en fut victime en 2015? C'est à craindre! Toujours est-il que le britannique va connaitre une impopularité record cette année.

Rivaux prêts à en découdre?

Maintenant, est-ce que Froome peut-être véritablement battu? La question se pose tant les adversaires sont valeureux mais échouent à faire déchoir le britannique de son trône, car en 2014, seules plusieurs chutes eurent raison de Froome, provoquant son abandon cette année-là. Vincenzo Nibali, vainqueur du Tour 2014, est présent cette année. Mais le poids des ans semble se faire sentir auprès du coureur italien de 33 ans et comme le cyclisme, sport individuel, a une dimension collective, il faut que ses coéquipiers, notamment en montagne, puissent rivaliser avec les lieutenants de Froome. Ce qui n'est pas une évidence. Pour Nairo Quintana, c'est peut-être l'inverse. Si le collectif de la Movistar, autour du colombien est capable d'être au niveau de celui de la Sky de Froome, son leader n'est pas forcément une assurance-vie. Après des deuxièmes places convaincantes en 2013 et 2015, Quintana semble régresser, avec une troisième place en 2016 et un abandon en 2017, où il ne s'était pas montré à la hauteur, affichant un mental plus friable qu'auparavant. Nous verrons bien si le coureur colombien aura repris des couleurs.

Pour ma part, deux coureurs peuvent donner vraiment du fil à retordre à Froome. Le premier est Tom Dumoulin et le second, Romain Bardet. Dumoulin, 27 ans, vainqueur du Giro en 2017, a bataillé contre Froome lors du Giro 2018, terminant second à 46 secondes du britannique. Le coureur néerlandais affiche une supériorité en contre-la-montre et se montre résistant en montagne. De quoi inciter Froome et ses lieutenants à le surveiller. Du côté de Bardet, 27 ans également, c'est son aptitude en montagne qui peut inquiéter Froome. Après tout, le coureur français avait bien gagné une arrivée au sommet en 2017, quand Froome n'a gagné aucune étape sur ce Tour-là, sachant qu'il a terminé sur le podium ces deux dernières années - deuxième en 2016, troisième en 2017 -. Puis Bardet peut compter sur une équipe qui lui est dévouée, ainsi que sur le public français, qui voudrait bien le voir en vainqueur sur les Champs-Élysées. Ce qui serait une première pour un français depuis Hinault en 1985.

Bonne chance à tous!

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