Sidération devant l'incendie de Notre-Dame de Paris

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran

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L'incendie, déclaré aux alentours de 18h50, reste difficile à éteindre pour les pompiers, risquant de voir au bout des dégâts considérables pour ce moment pluriséculaire, en plein travaux de rénovation d'ailleurs. Reste à savoir si une campagne de souscription (inter)nationale pourrait se faire.

Voilà une image que je n'aurais jamais pensé voir de ma vie, en l'occurrence celle de la cathédrale Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Ce lundi 15 avril 2019 sera de sinistre mémoire pour les amoureux de Paris et de l'édifice religieux commencé au 12e siècle, symbole de l'art gothique. À 18h50, un incendie prit forme sur la charpente de la cathédrale, progressant constamment vers la face Nord, emportant la flèche de Notre-Dame une heure plus tard, sous les yeux des riverains, des touristes à proximité, ou au niveau de la Seine, assistant impuissants à cette destruction. Et vu l'horaire de départ de l'incendie, l'accès pour les pompiers n'était pas des plus évidents. D'autant plus qu'il fallait du matériel spécifique en raison de la taille du monument et à l'heure où j'écris ces lignes, l'incendie n'est pas totalement maîtrisé, risquant de détruire la nef de Notre-Dame.

Travaux prolongés à financer

Une double ironie du sort se pose face à cet événement qui laisse pantois. D'abord, cet incendie se déroule au début de la Semaine sainte, marquant le retour de Jésus à Jérusalem, puis ses derniers instants avec ses apôtres, dont Judas, qui l'a trahi, puis la résurrection le dimanche de Pâques, clôturant cette semaine. Ensuite, le déclenchement de l'incendie eût lieu sur la charpente en chêne, qui était en plein travaux de rénovation depuis un an, prévus pour durer encore 20 ans, pour redonner de l'éclat à Notre-Dame.

Une question se pose: comment cet incendie put avoir eu lieu? Difficile d'y répondre car selon l'épiscopat, les travailleurs chargés de la rénovation avaient déjà terminé leur travail sur les coups de 17h, soit près de deux heures avant le début de l'incendie. De même que les conditions de travail et de sécurité sont à interroger, tant l'édifice présentait un risque de connaître ce qui lui est hélas arrivé. En tout cas, bonne chance aux forces de l'ordre (social) pour mener à bien l'enquête. Toujours est-il que les travaux, qui avaient commencé, sont désormais au point mort et qu'ils vont être prolongés tant les dégâts risquent d'être élevés, et donc d'être fortement financés. Mais vu l'émoi mondial que provoque cet incendie, il ne serait pas étonnant qu'une souscription internationale soit organisée, de manière plus ou moins spontanée, pour financer ces travaux de rénovation de la cathédrale.

Cela étant, j'ai pu lire certains avis relevant une certaine indignation à géométrie (ou géographie) variable car selon ces personnes, ça ne s'indignait pas tellement sur des sites historiques détruits par des guerres où les pays développés eurent un rôle non négligeable et négatif, sans compter les organisations terroristes qui détruisent des monuments mondiaux comme à Tombouctou (Mali) ou Palmyre (Syrie) par exemple.

Un pan d'histoire

Toujours est-il qu'il s'agit d'un pan d'histoire qui brûle en partie sous nos yeux. En effet, la cathédrale, construite entre le 12e et le 14e siècle, a vécu diverses périodes de l'histoire de France: la guerre de Cent ans, les guerres de Religion, la Fronde, le siècle des Lumières avec au bout la Révolution française, le Premier empire où elle servit de lieu pour le couronnement de Napoleone Buonaparte - pardon, Napoléon Bonaparte -, les Restaurations, la Monarchie de Juillet, la 2e République, le 2d Empire, la Commune de Paris, les deux guerres mondiales, etc. Ce n'est pas rien! Il y a forcément une attache qui s'est faite, en dépit d'une utilisation baroque de l'édifice. Par exemple, sous la Révolution, elle fut transformée en temple de la Raison au moment il y eut une vague de déchristianisation (1793) puis en entrepôt de vins de la République, avant de retrouver sa fonction religieuse à partir de 1795 et l'établissement du Directoire.

Il est difficile d'imaginer Paris sans la cathédrale Notre-Dame, dont l'estime a été portée par la littérature, notamment par Victor Hugo et son roman Notre-Dame de Paris, avec les personnages de Quasimodo, d'Esmeralda, de Phœbus ou de Frollo. En tout cas, ça justifierait un loto pour le patrimoine, dont l'animateur - royaliste - Stéphane Bern revendiquait le principe auprès d'Emmanuel Macron. D'ailleurs, le président dût annuler son allocution, prévue ce 15 avril, pour parler des conclusions du grand débat national et des réponses face au mouvement des gilets jaunes.

EDIT: Et dire qu'en même temps que l'incendie de Notre-Dame, la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem a également connu un incendie. C'est un bien triste début de Semaine Sainte qui s'opère.

La philanthropie pour se donner bonne conscience semble marcher vu que la famille Arnault fait un don de 200 millions d'euros et que la famille Pinault donne 100 millions d'euros pour la rénovation de Notre-Dame. C'est dire s'il s'agit de pourboires de la part du capitalisme des héritiers made in France car quand il s'agit de faire des dons, c'est "allons-y gaiement"; mais quand il s'agit de régler l'ardoise fiscale, de payer des salaires ou de maintenir de l'activité économique, c'est "courage fuyons". Hypocrisie capitaliste, quand tu nous tiens...

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