Un Tour plus ouvert que jamais?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran

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Les forfaits de Christopher Froome, de Tom Dumoulin et la méforme de Geraint Thomas laissent imaginer pour certain(e)s une grande boucle plus débridée que par le passé. Néanmoins, l'équipe Ineo (ex-Sky), de Froome et Thomas, reste en position de force pour voir un de ses coureurs en passe de gagner cette épreuve, à laquelle Romain Bardet et Thibault Pinot espèrent tirer leur épingle du jeu.

Est-ce que le proverbe "quand le chat n'est pas là, les souris dansent" va se vérifier au bout de trois semaines de course? C'est une question qu'on se peut se poser à l'approche du départ du Tour de France 2019, qui commence samedi 6 juillet à Bruxelles. Une chose est sûre, le futur podium affichera des différences avec celui du Tour 2018. En effet, Christopher Froome, quadruple vainqueur de l'épreuve et troisième en 2018, sera absent suite à sa grave chute lors d'une reconnaissance du contre-la-montre au critérium du Dauphiné Libéré, en juin dernier; puis Tom Dumoulin, second l'an dernier, ne s'est pas remis de sa blessure au genou lors du Tour d'Italie en mai dernier, qu'il avait dû abandonner par ailleurs.

Thomas ou Bernal: pourquoi choisir?

Mais quid de Geraint Thomas? Contrairement à son compatriote britannique Froome et au néerlandais Dumoulin, le vainqueur de la dernière édition de la grande boucle sera bien au départ, mais pas forcément en grande forme. Le britannique n'a guère été dominateur depuis le début de l'année, et reste sur un abandon au Tour de Suisse, remporté par... son coéquipier Egan Bernal. Le coureur colombien de 22 ans, très à l'aise en montagne, peut être avantagé avec le faible nombre de kilomètres de contre-la-montre prévus pour cette édition 2019. Et vu son état de forme, il fait partie des favoris pour la conquête du maillot jaune sur les Champs-Élysées et devenir ainsi le premier colombien à gagner le Tour, là où plusieurs de ses aînés (Lucho Herrera, Santiago Botero, Rigoberto Urán, Nairo Quintana) ont failli.

Encore faut-il qu'au sein de l'équipe Ineo, ex-Sky, Bernal ait le statut de coleader face à Thomas. Et comme ça semble être le cas, il peut compter sur des coéquipiers qui se mettront au service de leurs leaders et une direction sportive qui les laissera se battre, à l'instar de ce qui s'est passé entre Thomas et Froome l'an dernier.

Les mailles du filet

Pour les adversaires des coureurs Ineos, l'absence de Froome semble être l'occasion ou jamais de passer entre les mailles du filet, tant cette équipe a l'habitude de verrouiller la course depuis 2012, date de la victoire de Bradley Wiggins, en faisant exception de 2014, année où Froome abandonna sur une chute. Parmi ces prétendants figurent Nairo Quintana, Steven Kruijswick et Jakob Fuglsang. Le grimpeur colombien, qui semblait promis à battre Froome depuis quelques années, notamment depuis le Tour 2015, où il échoua de peu face au britannique, déçoit de plus en plus, n'étant même pas en mesure de lutter pour le podium en 2018, devant se contenter d'une victoire d'étape au col du Portet. Le grimpeur-rouleur néerlandais est leader unique au sein de son équipe cette année, là où l'an dernier, il dût subir la comparaison avec son coéquipier slovène Primoz Roglic, absent sur ce Tour. Une occasion de montrer qu'il n'y a pas que Dumoulin pour porter haut le cyclisme néerlandais. Du côté du coureur danois, c'est quelque part la chance de sa vie. Après un début de saison réussi - victoire à Liège-Bastogne-Liège plus le critérium du Dauphiné Libéré -, Fuglsang se sait attendu au tournant et qu'à son âge (34 ans), il ne peut pas se permettre de rater une occasion d'inscrire son nom au palmarès du Tour.

Bardet-Pinot: les duettistes

Sinon qu'en est-il côté français? Les deux principales chances pour un podium, voire la victoire finale, demeurent Romain Bardet et Thibault Pinot. Bardet affiche une moindre forme qu'à son habitude au moment d'aborder le Tour, notamment au Dauphiné Libéré, où il était quelque peu en retrait. Mais le grimpeur auvergnat, dont le parcours passera par sa ville natale de Brioude, tâchera de remonter sur le podium du Tour, après sa deuxième place en 2016 et sa troisième place en 2017, le tout avec une équipe AG2R-La Mondiale pas forcément affutée (blessures de Tony Gallopin et de Benoît Cosnefroy). Quant à Pinot, c'est le grand retour auprès d'une grande boucle dont l'histoire est compliquée. S'il y a eu un podium en 2014 (3e), le franc-comtois reste sur deux abandons consécutifs (2016, 2017), sachant que l'an dernier, il ne pût y participer suite à un début de pneumopathie qui l'avait poussé à l'abandon lors du Tour d'Italie 2018, alors qu'il luttait pour le podium. Mais sa fin de saison 2018 - victoire au Tour de Lombardie - et son début de saison encourageant - victoire sur le Tour de l'Ain; 5e place au Dauphiné Libéré - laissent imaginer qu'il est dans de bonnes dispositions, avec une équipe Groupama-FDJ prête à se plier en quatre pour son leader, notamment le jeune David Gaudu, chargé d'être le lieutenant de Pinot en montagne.

En-dehors des deux coureurs cités, ce seront plus des victoires d'étapes recherchées. Notamment pour Warren Barguil, qui a l'occasion de pouvoir briller avec son titre de champion de France glané dimanche 30 juin, et de rappeler aux bons souvenirs de celles et ceux qui s'étaient enthousiasmé(e)s de son panache lors du Tour 2017 (deux victoires d'étape et maillot à pois du classement de la montagne). Pareillement pour Julian Alaphilippe, pour confirmer son Tour 2018 (deux victoires d'étape plus maillot à pois) et son début d'année 2019 - victoire sur les Strade Bianche, Milan-San Remo la Flèche Wallone -.

Bref, à espérer que cette course sera moins verrouillée que par le passé.

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