Actions coup de poing pour mettre KO la retraite à points

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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En-dehors de manifestations classiques dont le degré de mobilisation tend à diminuer en raison d'une répression accrue, plusieurs opposants à la réforme des retraites lancent diverses actions, notamment envers des membres du gouvernement, voire le président de la République, histoire de mettre une pression sur un pouvoir qui met les esprits sur les nerfs.

"Une seule solution, la manifestation". Ce genre de slogan classique a bien perdu de son efficacité ces dernières années, si on pense aux manifs contre la loi travail en 2016, celles contre la réforme de la SNCF au printemps 2018 ou même aux Gilets jaunes depuis novembre 2018. Et certains peuvent penser que la grève contre la réforme des retraites et les manifestations qui vont avec connaîtraient le même destin funeste face à un pouvoir qui ne sait qu'user de la répression policière pour pouvoir faire passer sa politique de classe. Cela étant, les manifs contre la réforme des retraites, lancées depuis le mois de décembre dernier sont quand même les plus importantes depuis... celles contre la réforme des retraites faite sous le mandat de Nicolas Sarkozy, en 2010. Signe que cette thématique est on ne peut plus sensible pour nombre de personnes en France.

Lutte d'usure

Ce bras de fer entamé depuis le 5 décembre se transforme en lutte d'usure, où la question est de savoir qui des syndicats ou du gouvernement lâchera l'affaire, tant les nerfs sont mis à rude épreuve. Et ce, en rappelant que les parties prenantes ne luttent pas à armes égales, étant donné que le pouvoir actuel, symbolisé par Emmanuel Macron, mène une politique de classe car il a été porté à la présidence par la bourgeoisie en 2017 et que nombre de mass media appuient cette ligne considérée comme libérale, ordolibérale, mais en tout cas datée. En face, les syndicats ont droit à un mépris médiatique inscrit dans une tradition antisyndicale made in France et leur émiettement historique fait que certains, appelés "réformistes", peuvent être moins dénigrés par le pouvoir et la grande presse que des syndicats "contestataires". En l'occurrence, c'est d'un côté la Confédération française démocratique du travail (CFDT), de l'autre la Confédération générale du travail (CGT).

Après, on peut décliner envers d'autres syndicats et leur proximité avec la CFDT ("réformiste") ou avec la CGT ("contestataire"). Par conséquent, le pouvoir a tout intérêt à se mettre la CFDT dans la poche. L'annonce du retrait provisoire - enfumage - de l'âge pivot, le 11 janvier, a rapproché la CFDT du gouvernement. Et plus récemment, l'UNSA, premier syndicat au sein de la RATP, a amorcé un arrêt de la grève, rendant le trafic dans le métro parisien quasi normal ce lundi 20 janvier, pour des raisons pécunaires car la grève rend difficile la vie pour un gréviste, contrairement aux crétins qui croient - par aliénation - que la grève est un privilège. Mais le syndicat n'exclut pas de remettre un coup de collier et de repartir en "grève illimitée" (cf lien n°2). Reste à savoir si le gouvernement compte en profiter pour couper l'herbe sous le pied et castrer toute vélléité de nouvelles grèves.

"Qu'ils viennent me chercher". Reçu 5/5!

Maintenant, d'autres tactiques sont déployées pour mettre la pression, certaines relevant du symbole. Par exemple, des enseignants jetant des manuels scolaires devant les portes du ministère de l'Éducation nationale, des avocats enlevant leurs robes devant la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, ou des "intrusions" soit dans un meeting électoral comme celui de Marlène Schiappa pour les municipales à Paris, soit au siège de la CFDT pour faire part de la colère envers la direction de ce syndicat "jaune", où Laurent Berger, secrétaire général, se fait mener tel un mouton par le pouvoir actuel.

Mais ce qui a généré la polémique a été le rassemblement devant le théâtre des bouffes du Nord, vendredi 17 janvier, où le couple Macron assistait à une pièce de théâtre et que des journalistes étaient présents pour l'occasion. Mais l'un d'entre eux, Taha Bouafs, a twitté cette présence présidentielle, indiquant que des militants comptaient mener une action. Mais je reviendrais sur le cas de Bouafs dans un prochain billet. Ici, il est à observer que des opposant(e)s comptent bien mener la vie dure à Macron, dont les phrases révélant sa pensée antisociale sont légion, notamment celle qui va suivre, prononcée dans le contexte de l'affaire Benalla, à l'été 2018, face à ses partisans: "Il y a un responsable et il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher".

Force est de constater qu'il a été pris au mot puisque Macron parlait de lui-même et que les opposant(e)s au dépeçage des retraites lui font un retour de boomerang qu'il n'assume pas au fond. Mais ça montre combien la sécurité présidentielle a de quoi laisser à désirer (cf lien n°2).

En attendant, le bras de fer continue.

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