Confinenement saison 3 en version locale

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Epjt Tours

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L'annonce par le Premier ministre d'un confinement sur une certaine partie du pays illustre la circulation différenciée du virus, mais également les limites du couvre-feu instauré depuis octobre, n'ayant pas pu freiner la recrudescence d'une pandémie dont le gouvernement a bien du mal à lutter contre.

Le confinement fait son retour pour l'Île-de-France, les Hauts-de-France, plus les départements de la Seine-Maritime, de l'Eure et des Alpes-Maritimes. C'est l'essentiel qui peut être retenu de la conférence de presse du Premier ministre Jean Castex, jeudi 18 mars (cf lien n°1). S'il était prévisible depuis un moment dans nos esprits, le mien comme les vôtres, cher(e)s lecteurs/lectrices, ses contours restent assez flexibles. En l'occurrence, il sera actif dans la nuit du 19 au 20 mars, tous les jours de la semaine, pour une durée théorique de quatre semaines, tout en laissant certaines activités se faire, tout particulièrement au niveau de l'éducation avec les écoles restant ouvertes, mais aussi des commerces d'ordre culturel que sont les libraires et les disquaires.

Relance AstraZeneca

Les deux régions plus trois autres départements concernés n'échapperont pas au couvre-feu pour autant. Ce régime de semi-hibernation reste en place partout en France, à la nuance près qu'il sera désormais à 19h, au lieu de 18h, en raison de l'approche du passage à l'heure d'été, dixit le Premier ministre lui-même. C'est dire le degré de (fausse) bonté de la part du pouvoir qui, bien qu'il s'en défend, infantilise et muselle les citoyen(ne)s qui paient cher des décennies de dépeçage de l'hôpital public, au nom d'une austérité budgétaire mortifère économiquement et socialement. Ce que cette crise sanitaire, devenue crise économique, illustre parfaitement. Au point même que la Cour des comptes s'en émeut alors qu'elle est une institution qui appelle depuis des années à des coupes budgétaires de la part du secteur public. Des larmes de crocodile, donc (cf lien n°2).

En-dehors de cela, Castex emboîte le pas de l'Agence européenne du médicament qui a annoncé, ce jeudi, la remise en circulation du vaccin AstraZeneca, après une suspension due en raison de découvertes de thromboses chez des personnes récemment vaccinées par ce produit médical, en France comme ailleurs en Europe. De quoi motiver Castex dans son objectif de 10 millions de Français(es) vacciné(e)s d'ici mi-avril et qu'il irait lui-même se faire vacciner avec le vaccin AstraZeneca, considéré comme "sûr" pour donner l'exemple. Mais comme des chercheurs norvégiens ont repéré des liens entre la prise de ce vaccin et des formations de caillots pour quelques patients norvégiens, le débat risque de ne pas être terminé (cf liens n°3, n°4).

Nerfs à vif

Tout porte à penser que le pouvoir pensait pouvoir éviter à recourir à cette situation, malgré les alertes émises dès janvier sur l'importance que prendrait le variant anglais du Coronavirus et la probabilité de devoir recourir à un confinement, comme plusieurs voisins l'ont fait dans l'Union européenne, tout en ayant mené une vaccination plus poussée que dans la start-up nation d'Emmanuel Macron. En tout cas, un an après le premier confinement et plus de 90.000 décès, force est de constater que le pouvoir continue de naviguer à vue et qu'il ne faudra pas oublier, une fois la crise passée, d'emmener tout ce monde devant la justice tant nombre de citoyen(ne)s ont été mis(es) en danger.

Les nerfs sont à vif depuis l'instauration du couvre-feu. Et à force, je pense qu'un confinement en janvier aurait été plus honnête intellectuellement et finalement moins pesant économiquement car janvier correspond à l'hiver et qu'à cette période propice pour tout type de virus, une hibernation par confinement aurait brisé la dynamique alors que de réaliser cela à proximité du printemps est contre-productif car les gens sortent davantage et peuvent agir pleinement au niveau économique. Ce qui aurait permis d'imaginer un plan de réouverture des bars, des restaurants, des lieux d'activité culturelle. Mais non. On est loin d'en voir le bout.

C'est dire si l'après-Coronavirus reste encore à penser. En tout cas, pas avec ceux qui nous y ont conduit dans leur gestion et dans leur idéologie archaïque (libéralisme).

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