Un confinement saison 3 à l'horizon

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Salem magazine

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L'idée d'un troisième confinement est de plus en plus anticipée dans les esprits, en attendant une prise de parole présidentielle dans les prochains jours à ce sujet, tant l'évolution de la pandémie dans l'Hexagone est préoccupante. Un nouvel aveu de faiblesse structurelle en France.

Plus les jours passent, plus il semble inévitable qu'un troisième confinement se profile en France. L'évolution du Coronavirus dans l'Hexagone n'est pas rassurante car elle suit une tendance à la hausse en ce début d'année 2021, sur tous les indicateurs référencés et devenus familiers, à savoir le nombre de nouvelles personnes malades, le nombre de personnes hospitalisées, le nombre de personnes en salles de réanimation et le nombre de personnes décédées de la pandémie de Covid-19, comme l'indique le graphique ci-dessous, réalisé par l'analyste de données Guillaume Rozier.

Asphyxie économique et sociale

Vu la dynamique actuelle, il y a de quoi penser que l'instauration du couvre-feu à partir de 18h depuis le 2 janvier dans plusieurs départements de l'Est de la France, puis étendue sur l'ensemble du pays depuis le 16 janvier, a montré son inefficacité à freiner la progression du Coronavirus en France. Et ce, d'autant plus que la mutation en provenance du Royaume-Uni touche de plus en plus de personnes en France, et tout particulièrement dans la région Île-de-France, où 7 à 9% des personnes atteintes par la Covid-19 seraient par la mutation anglaise selon le conseil scientifique (cf lien n°1).

De quoi passer à l'étape du confinement dès la fin de la semaine? Ce n'est pas si simple car le pouvoir, notamment le président Emmanuel Macron, sait bien qu'opérer à un troisième confinement mènerait à renforcer une asphyxie économique et sociale, surtout si ce troisième confinement s'inscrit dans la logique du premier confinement du printemps 2020, où il y a eu une chute globale de la présence du Coronavirus en France, au prix d'une contraction très forte de l'activité économique et sociale. D'ailleurs, l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a estimé une perte de revenu de 191 milliards d'euros pour la France en 2020, du jamais vu depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, notamment en raison du premier confinement car le confinement saison 2 a été moins contraignant, signe que le "quoi qu'il en coûte" proféré par Macron le 16 mars 2020 a de moins en moins de raison d'être au sein du pouvoir et que l'idée de mener de futures politiques d'austérité est déjà dans les têtes qui gouvernent la France. De quoi craindre une nouvelle décennie perdue selon l'économiste Thomas Porcher, avec un pouvoir qui va vouloir faire peur au sujet de la dette publique, qui va être encore plus que jamais aux mains de la bourgeoisie puisque celle-ci a massivement épargné durant l'année 2020. De quoi rappeler l'idée que "la dette, c'est de la redistribution à l'envers".

« La dette en France est élevée et nous pensons que le moment est venu d'élaborer et d'approuver un plan d'...

Publicado por Thomas Porcher en Lunes, 25 de enero de 2021
Recherche made in France coupée

Or, vouloir remettre au goût du jour des politiques d'austérité, c'est encore plus se mettre en danger, notamment dans le secteur de la santé. Les coupes budgétaires dans la santé depuis plusieurs années ont vulnérabilisé ce secteur d'activité qui a pris de plein fouet la pandémie dans la tronche et montré combien le personnel hospitalier avait tiré la sonnette d'alarme dans l'indifférence générale ("l'indifférence, c'est la haine doublée du mensonge" selon Ernst Hello, écrivain du 19e siècle) et que ce virus a mis en évidence un dépeçage mortifère de l'hôpital public, au nom de l'austérité budgétaire. Une austérité qui met à mal également la recherche médicale, publique comme privée, puisque l'Institut Pasteur a annoncé, lundi 25 janvier, l'arrêt de sa recherche sur son principal projet de vaccin car il n'est pas suffisamment efficace face à la maladie selon l'institut, suite aux résultats peu probants en phase 1 de tests de validation. Même s'il ne renonce pas à développer d'autres types de vaccins contre le Coronavirus, cet échec n'en est pas moins dur à avaler pour ce symbole de la recherche en France (cf lien n°2).

Par ailleurs, Sanofi a annoncé depuis un moment qu'il aurait du retard dans la fabrication d'un vaccin. Mais là où ça vire au grotesque, c'est qu'il est annoncé, le 18 janvier, que le fabricant de médicaments compte supprimer 400 postes en recherche et développement (cf lien n°3). De quoi se demander si l'entreprise ne se scie pas la branche sur laquelle elle est assise car trop soucieuse de fournir des dividendes à ses actionnaires et de suivre une logique court-termiste suicidaire, au lieu de se donner les moyens de ses ambitions en matière de lutte contre le Coronavirus, d'autant plus que la France a un retard honteux en matière de vaccination contre la pandémie, par rapport à ses voisins européens. Et ce, alors qu'il y a une pénurie de vaccins observée en France, comme il y a eu une pénurie de masques et de tests l'année dernière.

Bref, une start-up nation laissée à des amateurs!

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