Ligue 1 à 18 clubs: le retour!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Cami cracks

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Le retour officiel d'un championnat de France à 18 clubs à l'horizon 2023-2024 a été entériné ce jeudi 3 juin, mettant fin à plusieurs mois de discutions sur ce sujet, dans un contexte de crise pour les clubs français. Mais cette solution ne sera pas suffisante pour rééquilibrer un modèle économique qui pratique la fuite en avant.

C'était prévisible. C'est désormais officiel. Le championnat de France de football repassera à 18 clubs à partir de la saison 2023-2024. Ce qui signifie qu'à la fin de la saison 2022-2023, quatre clubs de Ligue 1 descendront en Ligue 2, tandis que deux de Ligue 2 feront la montée, selon la décision prise par la Ligue de football professionnel (LFP) (cf lien n°1). De même que quatre clubs de Ligue 2 descendront en National et deux clubs de National monteront en Ligue 2, afin de maintenir 20 clubs en deuxième division. En tout cas, le président de la LFP, Vincent Labrune, salue cette décision, lui qui militait pour cela - voire même une L1 à 16 clubs -, s'appuyant sur le contexte économique du foot, frappé par le Coronavirus, mettant l'ensemble des clubs français et européens dans le rouge. Un Labrune dont le degré d'incompétence footballistique est notoire, pour celles et ceux qui ont en mémoire - je l'espère -, sa présidence catastrophique à l'Olympique de Marseille (OM), avec une austérité à la grecque qui plomba les finances du club marseillais. Savoir qu'il se réjouit est mauvais signe!

Retour vers le futur

Si l'argument de l'intégrité physique des joueurs était mis en avant pour réduire le nombre de clubs dans l'élite du foot français, cela aurait peut-être pu passer. Mais non, l'argumentaire était le spectacle et l'idée (chimérique) qu'avec un retour au format à 18 clubs, les clubs français seraient mieux armés pour lutter contre les clubs anglais, espagnols, italiens et allemands dans les compétitions européennes. J'écris bien retour car la première division de foot en France a connu ce format de la saison 1997-1998 à 2001-2002. L'argument avancé à l'époque était déjà principalement le même qu'aujourd'hui, à savoir concurrencer les clubs anglais, espagnols, allemands, italiens et garantir du spectacle. Au moins, les dirigeants des clubs français ont appris le sens du recyclage.

Mais est-ce que ça a réellement changé quelque chose? Durant cet intermède, les clubs français n'ont pas gagné de trophée européen, alors que peu de temps avant, dans un championnat à 20 clubs, ils ont pu (enfin) y arriver avec la Ligue des champions pour l'OM en 1993 - à jamais les premiers! - et feu la Coupe des coupes pour le Paris Saint-Germain en 1996. Et ce, avec des joueurs français qui devinrent plus tard champions du monde et d'Europe en 1998 et 2000 avec l'équipe de France. Il y eut bien l'Association sportive Monaco en demi-finale de la Ligue des champions en 1998, l'OM en finale de la Coupe de l'UEFA - actuelle Ligue Europa - en 1999, ou encore le Racing club de Lens en demi-finale de cette même Coupe de l'UEFA en 2000. C'est dire si l'argument de la concurrence ne tient pas la route!

Remise en question générale

En réalité, comme cela est estimé sur So Foot, ce retour à 18 clubs fait en sorte de réduire le maillage territorial du foot en France, alors qu'il souffre d'un manque de culture footballistique criant dans l'hexagone et qu'il est trop dépendant des droits télé. Ce que le fiasco Mediapro a parfaitement démontré durant la saison 2020-2021 et que Canal+, diffuseur historique de la Ligue 1, entend dicter sa loi, influant d'ailleurs pour revenir à un championnat à 18 clubs (cf lien n°2).

Si les grandes instances du foot pro en France tiennent tant à rattraper les anglais, les espagnols, les italiens, les allemands, autant pousser à une remise en question générale du foot bourgeois. Après tout, la tentative de Super Ligue, par une douzaine de clubs européens, a rendu fous furieux les supporters de ces mêmes clubs qui n'ont pas marché, ainsi que les joueurs et les entraîneurs. C'est dire la déconnexion qu'opèrent les affairistes qui détiennent des clubs de foot, illustrant la pente prise par le capitalisme depuis les années 1980. Et si les dirigeants français avaient leur cerveau, leur cœur et leurs couilles bien connectés, ils iraient jusqu'à réclamer du protectionnisme via la suppression de l'arrêt Bosman, dont l'effet de long terme a été la concentration des meilleurs joueurs dans quelques clubs anglais, espagnols, allemands et italiens, au nom de la concurrence "libre et non faussée" et de la liberté des travailleurs. Et les clubs français, du moins certains d'entre eux, sont tellement reconnus pour la qualité de leur formation qu'ils se font dépouiller dès que la moindre "pépite" commence à briller sur un terrain.

C'est dire combien les têtes (dites) pensantes du foot pro en France aiment jouer la réformette, au lieu de donner un coup de pied dans la fourmilière.

Publié dans Sport, Football, Ligue 1, Labrune

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