Un bol d'air libre provisoire ou pérenne?

Publié le par JoSeseSeko

Un bol d'air libre provisoire ou pérenne?

L'annonce de la fin de l'obligation du port du masque en plein air et du couvre-feu par Jean Castex sonnent comme un vent de fraîcheur bienvenue et un signe d'une situation sanitaire améliorée en France. Mais les nouvelles venant du Royaume-Uni incitent à la vigilance, tant le variant Delta (ou variant indien) suscite des interrogations.

Où en est-on au sujet du Coronavirus? Si on se réfère aux données collectées par l'université John Hopkins, plus de 176 millions de personnes ont été contaminées par le virus dans le monde, dont plus de 3,8 millions d'entre elles en sont mortes. Soit un taux de létalité d'environ 2,2%. Les trois pays comptant le plus de cas et de victimes sont les États-Unis, le Brésil et l'Inde. Dans ce dernier pays, la dynamique inquiète en raison d'un variant, appelé variant Delta, particulièrement contagieux et assez résistant envers certains vaccins mis en circulation. On y reviendra un peu plus tard par rapport à la France. Toujours est-il que la propagation du virus décroit depuis le mois de mai au niveau global, en dépit de disparités selon les pays.

Levée de restrictions en France

La France suit la dynamique globale. En effet, depuis mai, la situation sanitaire s'est largement améliorée vu que les principaux indicateurs utilisés notamment par l'analyste de données Guillaume Rozier - nombre de cas quotidiens, admissions à l'hôpital, personnes en réanimation et décès - sont en chute libre, permettant notamment au sujet du nombre de cas quotidiens et de personnes en réanimation de passer en-dessous du plafond de 5.000 cas quotidiens et de 3.000 personnes admises en réanimation, objectif fixé par le pouvoir exécutif pour pouvoir lever des restrictions sanitaires (cf graphique).

Des éléments qui ont peut-être aidé le Premier ministre Jean Castex à annoncer la levée de l'obligation du port du masque en plein air, dès le jeudi 17 juin - "sauf dans certaines circonstances" dixit le locataire de Matignon -, puis la fin du couvre-feu à partir du dimanche 20 juin, au lieu du mercredi 30 juin, prévu initialement (cf lien n°1). Si au sujet du port du masque, il y eut l'idée, depuis lundi 14 juin, de ne plus le rendre obligatoire à partir du 1er juillet, il n'y eut pas de fuite dans la presse par rapport à la fin du couvre-feu. En tout cas, par rapport à ce genre de mesure, il y aura encore à se demander quelle est son efficacité réelle vu que plus il a été retardé au cours du mois de mai, passant de 19h à 21h à partir du 19 mai, puis de 21h à 23h à partir du 9 juin. Mais peut-être que le pouvoir tient à acheter la paix sociale, étant donné qu'il y a l'euro de football qui a commencé depuis le 11 juin et que l'autorisation d'une dérogation pour la demi-finale entre Rafael Nadal et Novak Djokovic du tournoi de tennis de Roland-Garros, terminée au-delà de 23h, n'a pas été digérée alors que pour le match France-Allemagne de foot, mardi 15 juin, le couvre-feu de 23h fut appliqué. Deux poids, deux mesures (de classe)!

Delta, le variant trouble-fête?

Autre élément qui a potentiellement joué en annonce de cette annonce gouvernementale, c'est la vaccination. Environ 45% des Français(es) ont reçu une première dose de vaccin. Ce qui place l'Hexagone juste au-dessus de la moyenne européenne, avec une dynamique forte et linéaire, permettant peut-être de rattraper l'Espagne, l'Autriche, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique ou encore la Finlande en pourcentage de population vaccinée (cf lien n°2).

Cependant, il se peut qu'un trouble-fête devienne de plus en plus nuisible en France, en l'occurrence le variant Delta du Coronavirus. Observé en Inde, ce variant est plus contagieux que le variant anglais, qui avait frappé l'Hexagone en début d'année, un mois après sa découverte outre-Manche. De même que face à lui, les vaccins actuellement en circulation ont un degré moindre d'efficacité, même si selon les études rapportées, ces derniers restent majoritairement efficaces (cf lien n°3). Mais il y a de quoi s'interroger car le variant Delta est devenu de plus en plus présent au Royaume-Uni, provoquant la majorité des nouveaux cas apparus alors que Londres a plus de 60% de sa population recevant au moins une dose de vaccin contre environ 45% pour Paris, mais surtout obligeant le Premier ministre britannique Boris Johnson à reculer la levée des dernières restrictions pour le 19 juillet, alors qu'elles étaient prévues pour le 21 juin (cf lien n°4). Et comme certaines personnes sont porteuses du variant Delta du Coronavirus, représentant 2 à 4% des nouveaux cas de Coronavirus dans l'Hexagone selon le ministre de la Santé, il y aurait de quoi voir venir (cf lien n°5). Mais c'était dans cette proportion-là outre-Manche il y a un mois de cela. Ce qui peut donner une réflexion un peu amère du genre: "On a un mois de liberté surveillée pour jouir avant de se faire castrer par de nouvelles restrictions".

Sachant que le pass sanitaire, ou plutôt apartheid sanitaire, est en place depuis le 9 juin, soit dit en passant.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article