Le grand saut vers l'inconnu en Formule 1

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/One Uncovered

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La saison 2022 de Formule 1 commence ce weekend à Bahreïn, inaugurant une nouvelle période dans l'histoire de ce sport vu que d'importants changements dans la réglementation vont être appliqués, dans l'idée d'un resserrement, d'un changement dans la hiérarchie, où Mercedes et Lewis Hamilton ont dominé ces dernières années, avec néanmoins la concurrence de Red Bull et de Verstappen l'an dernier.

"Rendez-vous au premier virage". Cette phrase-signature du journaliste Julien Fébreau est on ne peut plus appropriée à l'approche du premier Grand prix de la saison 2022 de Formule 1, qui commence ce weekend du 18 mars, à Bahreïn, sur le circuit de Sakhir. Mais contrairement aux années précédentes, l'incertitude plane dans le paddock en raison de la nouvelle réglementation, qui impose un remodelage du châssis, via une simplification des ailerons avant et arrière, l'introduction des pneus de 18 pouces, le gel des moteurs ou encore le resserrement du plafond budgétaire, désormais fixé à 140 millions de dollars.

Poker menteur

Ce qui fait que les essais privés, qui se sont déroulés ces dernières semaines sur Barcelone et sur le circuit de Sakhir renforcent ce côté poker menteur entre les différentes écuries. D'autant plus que ces nouvelles F1 ont mis en évidence durant ces essais deux problématiques sur les effets de cette nouvelle réglementation. En premier lieu, ce que les observateurs appellent le marsouinage, ou plus prosaïquement l'effet rebond. C'est-à-dire qu'en ligne droite, le flux d'air passant sous la voiture n'est pas constant, provoquant une instabilité à l'arrière faisant que la voiture monte et descend. De quoi être secoué au volant. Et sur des GP comptant une fourchette entre 40 et plus de 70 tours, selon la longueur des circuits, les cous des pilotes sont mis à très rude épreuve avec ce phénomène et certaines écuries ont plus ou moins su résoudre le problème du marsouinage au fil des journées d'essai. Autre problématique, c'est que si les F1 parviennent à mieux se suivre, la contrepartie est la diminution de l'effet d'aspiration. C'est-à-dire que quand une voiture suiveuse veut vouloir dépasser celle qui la précède au bout d'une ligne droite, elle bénéficie d'une diminution de la masse d'air pour gagner en vitesse de pointe. Or, durant les essais, plusieurs pilotes ont constaté que ce phénomène naturel a perdu de sa puissance avec ces nouvelles F1, y compris en incluant le DRS, à savoir l'aileron arrière rendu mobile pour encore gagner en vitesse de pointe.

Par conséquent, peut-on établir une hiérarchie? Difficile. Mais les écuries Mercedes, Red Bull et Ferrari sont parmi celles qui ont rencontré le moins de problèmes avec leur voiture sur l'ensemble des essais passés à Barcelone et à Sakhir. Néanmoins, pour Mercedes, des inquiétudes demeurent du fait du marsouinage, expliqué ci-haut, et que l'écurie allemande cherche encore à réduire, voire annihiler. Mais du fait des titres accumulés ces dernières années, avec comme pilote Lewis Hamilton, les flèches d'argent sont attendues. Tout comme Red Bull et le nouveau champion du monde Max Verstappen, dont l'attribution houleuse lors du dernier GP de la saison 2021, à Abu Dhabi, plus l'éviction du directeur de course Michael Masi le mois dernier, ont effacé le travail accompli par le pilote néerlandais l'an dernier pour arriver à ce résultat et généré de fait un manque de légitimité à être perçu comme un champion du monde. Ce qui l'oblige à devoir chercher un deuxième titre pilotes pour forcer le respect du public qui suit la F1.

Ferrari, le grand retour?

Pour Ferrari, les essais se sont déroulés sans accroc, excepté peut-être la gestion du marsouinage et le paddock semble surpris de la performance de la Ferrari, avec un design différent des autres écuries. Un moyen éventuel de remonter dans la hiérarchie, voire de retrouver le sommet, avec le duo de pilotes Charles Leclerc/Carlos Sainz Jr qui a montré une certaine régularité l'an dernier, notamment le pilote espagnol qui débarquait dans l'écurie italienne et étant légèrement plus régulier que son coéquipier monégasque, plus ancien dans l'écurie au cheval cabré. Et le moteur Ferrari, qui a montré une bonne puissance en fin de saison 2021 pour mieux préparer 2022, doit montrer une certaine fiabilité pour pouvoir rivaliser avec le moteur Mercedes, qui reste la référence et qui équipe notamment l'écurie McLaren en plus de sa propre écurie d'usine.

Justement, McLaren, autre écurie mythique de F1, qui a retrouvé des couleurs ces deux dernières années, est attendue pour continuer à progresser. Néanmoins, les essais ne se sont pas tellement bien déroulés sur les derniers jours, en raison notamment de problèmes de freins, limitant les possibilités de faire davantage de tours. Ce qui est problématique pour mieux tirer la quintessence de la voiture pour le duo de pilotes Lando Norris/Daniel Ricciardo.

Alpine, la grande inconnue

Côté français, si Pierre Gasly, dans l'écurie Alpha Tauri, vise à rester aussi régulier que ce qu'il a montré ces deux dernières années, apportant énormément de points à son écurie du fait de sa vélocité en qualifications, l'écurie Alpine suscite beaucoup d'interrogations. Les changements au sein de la direction de l'écurie française durant l'hiver, qui deviennent légion pour l'écurie représentant le groupe Renault en F1 depuis le retour du losange dans la discipline reine du sport automobile (2016). Mais désormais, c'est le A fléché qui prime en matière de sport auto et le duo de pilotes Fernando Alonso/Esteban Ocon a bien surpris tant leur niveau était proche, signe que le Français Ocon a hissé son niveau face au double champion du monde espagnol, sorti de sa retraite dans la perspective de 2022. Et les essais donnent une impression mitigée, même si les derniers jours, à Bahreïn, démontrent une amélioration vu que les deux pilotes ont pu accumuler des tours. Toujours est-il que l'attente d'une amélioration significative de l'écurie française est grande, avec l'inconnue sur le moteur Renault de cette année, entièrement remodelé, s'inspirant du moteur Mercedes, pour savoir s'il serait suffisamment puissant pour rivaliser avec les moteurs Mercedes, Ferrari et Honda - ce dernier équipant Red Bull et Alpha Tauri -, pour ensuite le fiabiliser. En tout cas, pouvoir lutter pour des podiums à la régulière serait déjà un sacré pas en avant pour Alpine.

En tout cas, cette saison de 22 GP, vu que le GP de Russie a été supprimé du calendrier, en raison de la guerre russo-ukrainienne en cours, promet une bonne dose d'incertitude. À voir si cela se concrétise sur la piste.

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