Un titre houleux, quoi qu'il arrive

Publié le par JoSeseSeko

Photo:Twitter

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La fin du dernier grand prix de la saison 2021, à Abu Dhabi, gagné Max Verstappen devenant ainsi champion du monde, suscite la controverse tant la décision des commissaires de course et que l'écurie Mercedes porte réclamation, pour faire triompher par d'autre biais Lewis Hamilton.

Décidément, cette saison 2021 de Formule 1 restera dans les annales de l'histoire de ce sport. En effet, Abu Dhabi, acte du 22e et dernier grand prix de la saison, devait acter définitivement qui de Lewis Hamilton (Mercedes) ou de Max Verstappen (Red Bull-Honda) devient champion du monde, étant donné que les deux pilotes étaient à égalité - une première depuis 1974 -, même si Verstappen a plus de victoires sur l'ensemble de la saison que Hamilton (9 contre 8).

Un condensé de la saison

Et ce grand prix d'Abu Dhabi a offert un condensé de la saison, et plus précisément de la fin de la saison. Deux pilotes s'attaquant jusqu'à la limite, voire au-delà, dès le départ, vu que Hamilton, septuple champion du monde, prit un meilleur envol que Verstappen pourtant parti en pole position. Un dépassement de Verstappen peu goûté par Hamilton qui n'a pas rendu la position sans que cela n'ait fait l'objet d'une enquête de la part des commissaires de course. Des échanges entre les directeurs des écuries Red Bull et Mercedes avec la FIA qui sont sidérants à entendre. Des équipiers se sacrifiant pour leur leader, et tout particulièrement Sergio Pérez pour Verstappen, avec une défense virile mais correcte sur Hamilton, après que le pilote britannique ait observé son premier arrêt au stand, histoire de permettre à son coéquipier néerlandais de revenir sur les talons de son rival.

Mais à cinq tours de la fin, alors que Hamilton semblait parti pour gagner et décrocher un huitième titre mondial, devenant ainsi le pilote le plus titré de l'histoire de ce sport, la sortie de piste du pilote Nicholas Latifi, oblige l'intervention de la voiture de sécurité. Si dans un premier temps, les voitures retardataires intercalées entre Hamilton et Verstappen - qui a profité de la voiture de sécurité pour changer de pneus, ce qui est logique et normal - ne pouvaient pas se dédoubler par rapport à l'homme de tête, elles en ont eu le droit à deux tours de la fin, histoire de permettre une bataille dans le dernier tour. Mais, et c'est là que Mercedes compte faire aboutir sa réclamation, le règlement indique que toutes les voitures ayant pris un tour de retard peuvent dépasser le leader de la course pour se dédoubler; et dans le cas présent, seules les voitures intercalées entre Hamilton et Verstappen purent le faire. De même que peu avant la fin de l'intervention de la voiture de sécurité, Verstappen aurait légèrement dépassé Hamilton sous régime de voiture de sécurité. Ce que les commissaires estiment que non, vu que les deux pilotes étaient très côte-à-côte.

Championnat polémique

Ce qui fait que cette lutte ultime pour le titre pilotes a un arrière-goût très amer, en raison d'une réglementation qui contient des zones grises et dont l'interprétation par la direction de course ou les commissaires de piste est sujette à polémique. Cela fut le cas au grand prix du Brésil, où Verstappen décala sa trajectoire vers l'extérieur d'un virage pour reprendre l'avantage sur Hamilton qui le dépassait sur une ligne droite, sans qu'il n'y eut de pénalité pour Verstappen. Ou plus récemment encore, lors du grand prix d'Arabie Saoudite où tour à tour, les deux pilotes étaient fautifs l'un envers l'autre, mais que des pénalités furent seulement adressées à Verstappen vu sa conduite pour le moins houleuse sur son rival.

Sans oublier également les deux gros accrochages entre les deux pilotes du côté du grand prix de Grande-Bretagne, à l'avantage d'Hamilton car Verstappen fut contraint à l'abandon, et lors du grand prix d'Italie, où les deux durent abandonner. Et par la suite, les directeurs d'écurie que sont Toto Wolff pour Mercedes et Christian Horner chez Red-Bull ont jeté de l'huile sur le feu, alimentant une tension qui aurait pu être plus maîtrisée sur et en-dehors de la piste et en mettant une pression infernale sur la Fédération internationale de l'Automobile, sur les commissaires de course, remettant en cause n'importe quelle décision estimant ne pas aller dans leur sens.

Et si le championnat pilotes devait se régler de cette manière, dans les coulisses, il enlèverait toutes les émotions que cette saison a pu procurer pour les personnes ayant suivi ce duel serré et extrême, qui était espéré depuis quelques années et comme le dit le quadruple champion du monde Alain Prost, par rapport à ce duel: "Max est un peu la chance de Lewis aujourd'hui. Il a une motivation supplémentaire, il ne peut pas s'endormir, et il n'y a rien de mieux qui pouvait lui arriver après avoir gagné sept titres et plus de 100 victoires".

Jusqu'à preuve du contraire, Max Verstappen est champion du monde pilotes et il l'a mérité.

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