Les deux derniers vainqueurs du Tour de France sont promis à être les seuls à se battre pour la victoire finale, au bout de trois semaines d'une course qui promet beaucoup, à travers un parcours faisant la part belle aux cinq massifs montagneux de l'Hexagone.
2021, la première manche. 2022, la revanche. 2023, la belle? C'est un peu l'idée qui ressort sur le duel entre le Slovène Tadej Pogacar et le Danois Jonas Vingegaard pour la 110ème édition du Tour de France, qui commencera le 1er juillet à Bilbao (Espagne), pour terminer le 23 juillet sur les Champs-Élysées. Pogacar, vainqueur de la Grande boucle en 2020 et 2021, a été vaincu l'an dernier par Vingegaard, qui était son dauphin en 2021. C'est dire si le parcours, qui fait la part belle à leurs qualités de grimpeur, notamment sur l'étape Saint-Léonard-de-Noblat/Puy de Dôme, une arrivée au sommet du Puy de Dôme, qui a fait l'histoire du Tour et qui revient pour la première fois depuis 1988. Sachant que les Pyrénées seront traversées dès le 5e jour avec les étapes Pau/Laruns et Tarbes/Cauterets-Cambesque, et qu'il restera les Alpes, le Jura et les Vosges ensuite.
Rééquilibrage des forces
Pogacar semble armé pour se parer du maillot jaune à la fin du Tour, avec une équipe UAE renforcée notamment par l'arrivée du Britannique Adam Yates, pouvant jouer un rôle similaire à celui de Primoz Roglic, coéquipier de Vingegaard et compatriote de Pogacar l'an dernier, notamment dans l'étape Albertville/col du Granon qui a vu la prise de pouvoir du Danois sur son rival slovène. D'ailleurs, l'absence de Roglic, vainqueur du dernier Tour d'Italie, laisse à penser que l'équipe Jumbo-Visma sera moins impressionnante collectivement que l'an dernier et moins dans l'initiative tactique. Quelque part, un rééquilibrage des forces autour des deux principaux favoris du Tour s'opère.
Et ce, au moment où les dynamiques diffèrent entre les deux coureurs. Du côté de Pogacar, un début de saison où quand il participe à une course, il finit par l'emporter (Paris-Nice, Tour des Flandres, etc.), avant de connaître une chute lors de Liège-Bastogne-Liège, le coupant de la compétition durant deux mois. Mais peut-être que c'est un mal pour un bien, dans la mesure où il aurait de la fraîcheur. Là où Vingegaard dût s'employer ces dernières semaines, avec une victoire finale au Critérium du Dauphiné libéré, effaçant un début de saison plus délicat. Toujours est-il que, sauf chute, les deux vont batailler jusqu'au bout.
Gaudu sur le podium?
En-dehors des duettistes qui semblent être dans une autre catégorie, la troisième marche du podium suscitera beaucoup de convoitises, avec le Colombien Egan Bernal, vainqueur du Tour 2019, l'Équatorien Richard Carapaz, troisième du Tour 2021, les Australiens Jai Hinley ou Ben O'Connor, etc. Mais aussi deux français peuvent s'inscrire dans cette lutte. Il s'agit de David Gaudu et de Romain Bardet.
4e l'an dernier, le coureur breton de la Groupama-FDJ peine à rassurer, notamment après un critérium du Dauphiné libéré où il ne s'est pas illustré. Après, Gaudu est plutôt un coureur qui prend le temps avant d'être pleinement en jambes - un diesel, quoi! - et peut indirectement compter sur Thibaut Pinot, qui va participer à son dernier Tour de France, ayant annoncé qu'il stopperait sa carrière de coureur cycliste à la fin de l'année, et qui en sortant d'un Giro convainquant - cinquième et maillot du meilleur grimpeur -, compte chercher des étapes et le maillot à pois. Quant à Bardet, il a son expérience du Tour - deuxième en 2016, troisième en 2017 - et sait comment faire pour jouer un podium. Et il sera d'autant plut motivé avec l'étape se terminant au Puy de Dôme, dans son Auvergne natale.
De quoi avoir un certain intérêt pour cette grande boucle.
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