La 10e coupe du monde de rugby commence ce weekend, avec en ouverture la France contre la Nouvelle-Zélande. Une coupe du monde où les bleus de Fabien Galthié auront à cœur d'arriver à devenir champions du monde, figurant parmi les favoris.
1987, 1999, 2011. Et si 2023 était la bonne? Tous les 12 ans, l'équipe de France de rugby parvint à se pointer jusqu'en finale de la Coupe du monde. Si on est un brin superstitieux, il y a de quoi estimer rationnellement que les bleus sont capables d'aller en finale et de la gagner cette fois-ci. Et ce, d'autant plus que cette coupe du monde se déroule en France, avec un public qui s'est pris d'enthousiasme depuis que Fabien Galthié est devenu sélectionneur du XV de France en 2020.
Un statut à assumer
Les résultats depuis la prise de fonctions de Galthié parlent d'eux-mêmes. Deuxième du Tournoi des VI Nations en 2020, 2021 et 2023, victoire en 2022 - avec un Grand Chelem à la clé -. Au moins une victoire contre chaque grande sélection de l'hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Australie, Argentine). Une ossature généralement stable, notamment au niveau de la charnière avec le demi de mêlée (et capitaine) Antoine Dupont et le demi d'ouverture Romain Ntamack ou le talonneur Julien Marchand. Mais surtout un groupe qui fait esprit de corps, pouvant pallier certaines absences.
Et c'est là qu'on va voir de près dès le match d'ouverture contre les All Blacks. Et pour cause, quatre titulaires sous l'ère Galthié vont manquer ce match. Ntamack, Paul Willemse, Cyrille Baille, Jonathan Danty. Les deux premiers cités manqueront d'ailleurs toute la coupe du monde, tandis que les deux derniers cités pourraient revenir dans le courant de la compétition. Et en écho au forfait du deuxième-ligne Willemse, Galthié compensa numériquement cette absence avec l'intégration dans le groupe de Bastien Chalureau. Un choix qui a été discuté ces derniers jours en raison d'une agression raciste de sa part en 2020, à Toulouse, pour laquelle il a été condamné en première instance - 6 mois de prison avec sursis - (cf lien). Ce dont il a fait appel. Mais en parallèle, certains observateurs rappellent que le pilier Mohamed Haouas, qui fut régulièrement sélectionné sous Galthié, n'a pas été pris dans le groupe pour la coupe du monde en raison de sa condamnation pour violences conjugales envers son épouse. Inflexible sur le sexisme mais moins regardant sur le racisme? C'est l'image que cela donne. Dommage...
Toujours est-il que, sportivement parlant, quatre titulaires absents, cela interroge sur la préparation physique pour cette coupe du monde. Après, il y a suffisamment de talents pour remplacer les blessés. Dorian Aldegheri à la place de Baille comme pilier gauche, Cameron Woki en deuxième-ligne pour se substituer à Willemse, Mathieu Jalibert comme demi d'ouverture à la place de Ntamack, puis Yoram Moefana compensant la blessure de Danty.
Le Sud en force
Si le XV de France compte parmi les favoris pour le titre, il n'est pas le seul à convoiter le trophée Willam Webb Ellis, du nom du fondateur de ce sport, lancé dans la ville de Rugby en... 1823. Il faut compter sur des nations de l'hémisphère Sud. Tout d'abord, le premier adversaire des bleus, la Nouvelle-Zélande. Les All Blacks, triples champions du monde (1987, 2011, 2015), entendent bien retrouver le sommet du rugby mondial, avec la fratrie Barrett - Beauden, demi d'ouverture ou arrière; Jordie, arrière ou trois-quarts centre; Scott, deuxième-ligne - comme figure de proue. Adeptes d'un jeu de mouvement avec une technique ballon en main qui fascine les curieux, les Néo-zélandais font figure, comme d'habitude, de grands favoris.
Mais un autre pays de l'hémisphère Sud fait figure d'épouvantail, l'Afrique du Sud. Les Springboks, également triples champions du monde (1995, 2007, 2019), par ailleurs champions du monde en titre, entendent bien le rester quatre ans après, en France - comme en 2007 car cette coupe du monde-là fut organisée en France -, en restant fidèles à eux-mêmes, à savoir un jeu basé sur la puissance physique, destinée à faire mal aux adversaires à chaque contact, quitte à être vu comme violent. Ce qui est différent des All Blacks. Ce type de jeu met en évidence le paquet d'avants, avec le troisième-ligne et capitaine Siya Kolisi, premier capitaine noir de l'histoire des Springboks, capitaine il y a quatre ans. Ce qui est hautement symbolique tant le rugby sud-africain est lié à l'histoire de l'apartheid. Et puis compter sur la vitesse des ailiers, notamment Cheslin Kolbe. Il y a également l'Australie qu'on peut lister parmi les favoris, mais les Wallabies inspirent moins la crainte que par le passé. Peut-être le meilleur moyen de se faire oublier et de montrer qu'il faut compter sur eux, qui aimeraient bien remporter une troisième fois la compétition, après deux victoires en 1991 et en 1999.
Irlande, une occasion en or?
Enfin, un des autres grands favoris pour le titre est... l'Irlande. Vainqueur du dernier Tournoi des VI Nations, avec un Grand Chelem réalisé d'ailleurs, le XV du trèfle, porté notamment par le demi d'ouverture Jonathan Sexton, entend bien prouver que cette fois-ci, il ira au bout et non pas s'arrêter en quarts de finale, comme ce fut le cas lors des deux dernières éditions en particulier. Mais les irlandais sont dans la même poule que les Sud-africains et en 1/4 de finale, ils pourraient retrouver soit la Nouvelle-Zélande, soit la France, si ces équipes se qualifient en 1/4 de finale, bien évidemment. C'est dire si le chemin est semé d'embûches.
En temps habituel, l'Angleterre ferait figure de favori. Mais le XV de la rose, finaliste de la dernière coupe du monde, a régressé ces dernières années, au point de terminer quatrième du Tournoi des VI Nations cette année, avec en point d'orgue une humiliation subie dans leur stade de Twickenham contre... la France (10-53), la plus large défaite de son histoire à domicile. Et comme les emmerdes, ça vole en escadrille, la sélection anglaise ne peut pas compter tout de suite sur son capitaine et trois-quarts centre Owen Farell, ni sur son troisième-ligne Billy Vunipola, tous deux suspendus. Une élimination dès les phases de poule d'Albion, comme en 2015, n'est pas à exclure. Ce qui donnerait moyen de se moquer à foison.
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