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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


La Françafrique renversée en mode putsch

Publié par JoSeseSeko sur 31 Août 2023, 10:55am

Catégories : #Politique, #Économie, #Afrique, #Gabon, #Bongo, #Françafrique, #Europe, #France

Photo: AFP

Photo: AFP

Le renversement du président Ali Bongo, dont la famille est au pouvoir depuis plus de 55 ans, illustre la vague de révulsion que suscite la Françafrique en Afrique francophone, que le pouvoir français et ses sous-fifres africains ne veulent en aucun cas comprendre.

Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger, et désormais Gabon. Soit cinq pays d'Afrique francophone ayant connu des coups d'État militaires réussis ces deux dernières années. Celui survenu au Gabon, mercredi 30 août, fait suite à l'annonce contestée d'une victoire du président sortant, Ali Bongo, lors de l'élection présidentielle tenue le 26 août dernier. Et ce, d'autant plus que l'accès à Internet a été coupé par le pouvoir encore en place, tout comme la diffusion des médias francophones RFI, France 24 et TV5 Monde. Ce que le meneur des putschistes et nouveau chef d'État, le général Brice Oligui Nguema, jusqu'alors chef de la garde présidentielle, a abrogé, rétablissant dans les heures qui suivirent ce coup d'État, ces médias-là (cf lien n°1). Mais y aura-t-il une nouvelle élection présidentielle, avec le candidat de l'opposition Albert Ondo Ossa au moins? Cela semble mal parti et doit interroger sur les intentions de Oligui Nguema à l'avenir.

Fin d'une dynastie françafricaine

Cette issue, avec Bongo mis en résidence surveillée, marque la fin d'une dynastie françafricaine (cf lien n°2). Si Ali Bongo était au pouvoir depuis 2009, il prenait la suite de son père, Omar Bongo, qui avait pris le pouvoir en 1967 et y demeurait jusqu'à sa mort en 2009, soutenu tout du long par la France - y compris durant les deux septennats de François Mitterrand, soit dit en passant -. Et le fils eut, comme son père, un large soutien de la France. Y compris de la part d'Emmanuel Macron, qui fait croire que la Françafrique serait finie sous sa présidence. Mais bien sûr!

D'ailleurs, la France a condamné le coup d'État au Gabon, comme celui au Niger fin juillet. Ce qui est bien une preuve que la Françafrique demeure ancrée dans la politique extérieure française, quel que soit le parti politique au pouvoir dans l'Hexagone. Mais une autre preuve peut convaincre celles et ceux qui donnaient (naïvement) crédit au locataire de l'Élysée. C'est que le Gabon est riche en pétrole et que Total y détient les gisements, tout comme le groupe minier Eramet qui exploite le manganèse gabonais. Et ces firmes ont vu leur cours chuter à la bourse de Paris durant la journée du 30 août, Eramet décidant de mettre à l'arrêt ses activités au Gabon (cf liens n°3, n°4, n°5).

Nouvel horizon panafricain?

Que faut-il en tirer comme conclusion? Au moins une chose. C'est que l'exaspération autour de la Françafrique touche les militaires autant que les populations civiles en Afrique francophone. Surtout dans des pays où des dirigeants sont en place depuis des années, voire des décennies, ayant un train de vie en déconnexion totale avec les citoyens dont la tentation de l'exil est devenue grande. Et pour cause, les structures économiques et sociales leur échappent car les potentats locaux préfèrent être les sbires du néocolonialisme, que ce soit en provenance de l'Occident ou d'ailleurs - coucou la Chine, la Russie -.

Reste à savoir si le panafricanisme retrouve des couleurs à la suite de ces putschs car les putschistes dans les pays d'Afrique francophone ont sûrement en mémoire l'histoire de Thomas Sankara, qui prit le pouvoir au Burkina Faso en 1983 et mena une politique résolument panafricaine, socialiste, visant l'émancipation générale. S'inscriront-ils sur ses pas? C'est ce que regarderont de près les peuples directement concernés et leurs diasporas respectives. Et en cas de dynamique positive, cela ne peut qu'inciter à faire des émules ailleurs en Afrique. De quoi encore plus faire trembler les potentats locaux - coucou Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Paul Biya (Cameroun), Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), voire Macky Sall (Sénégal), ou Patrice Talon (Bénin) - et les groupes industriels - français ou autres -.

Mais le panafricanisme est loin d'être une réalité politique. Cela reste à construire.

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