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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Austérité supplémentaire de 10 milliards d'euros

Publié par JoSeseSeko sur 19 Février 2024, 19:09pm

Catégories : #Économie, #Europe, #France, #Austérité, #Gouvernement, #Fiscalité, #Lutte des classes

Photo: Flickr/e-info

Photo: Flickr/e-info

En raison d'une perspective de croissance à la baisse, le gouvernement annonce 10 milliards d'euros "d'économies" supplémentaires dans le budget 2024 pour rester dans ses objectifs de déficit budgétaire, sans chercher à se remettre en question et par conséquent à ne pas véritablement enrayer la trajectoire.

Austérité, quand tu nous tiens... C'est ce qu'on peut avoir à l'esprit ces dernières heures, depuis que le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé une révision à la baisse de la perspective de croissance de l'économie française pour 2024, passant de 1,4% du Produit intérieur brut (PIB) à 1%. Signe que les décideurs gouvernementaux, pour moitié d'entre eux des millionnaires comme l'a révélé l'Humanité (cf lien n°1), vivent en déconnexion profonde de la réalité économique du pays et ont une étroitesse d'esprit pour le moins sidérante. Après tout, Le Maire déclarait en mars 2022, peu après l'offensive de la Russie en Ukraine, qu'il allait provoquer "l'effondrement de l'économie russe". Mais les données du Fonds monétaire international indiquent que non seulement la Russie tend à retrouver son niveau d'avant 2022, mais que sa perspective de croissance serait plus importante que celle de l'économie française. Bravo Le Maire!

Austérité à 22 milliards d'euros

La donne géopolitique autour de la guerre russo-ukrainienne et d'une nouvelle intensité guerre entre la Palestine et Israël, oblige Bercy à revoir sa copie budgétaire avec 10 milliards "d'économies" sur les finances publiques (cf lien n°2), concernant "tous les ministères" selon Le Maire. Baisse de la masse salariale - soit via report de recrutements ou non-compensation de départs en retraite -, moins de bureaux et de déplacements de fonctionnaires d'État (cf lien n°3), participation "forfaitaire" des salariés pour bénéficier du Compte personnel de formation (cf lien n°4), d'un budget moindre pour la prime de rénovation écologique des logements, etc. Néanmoins, si la colère des agriculteurs perdure et que les mesures budgétaires annoncées début février ne se révèlent pas convaincantes, le gouvernement devra envisager des dépenses supplémentaires pour les agriculteurs/paysans. De même que les forces de l'ordre (social) tiennent à voir les augmentations de primes maintenues, voire même renforcées, à l'approche des Jeux olympiques de Paris 2024 qui promettent de laisser une ardoise salée pour le secteur public.

Mais en fait, ces 10 milliards d'euros d'austérité budgétaire s'ajoutent aux 12 milliards d'euros initialement prévus dans le budget 2024, passé à coup d'utilisations de l'article 49.3 face à l'Assemblée nationale durant l'automne 2023. Par conséquent, il s'agit d'un plan d'austérité de 22 milliards d'euros dans le budget 2024. Est-ce que cela suffira à convaincre les marchés financiers, qui ont droit à l'attention du gouvernement? Ce n'est pas sûr (cf lien n°5)!

Ruissellement par la fiscalité

Et si on souligne que le taux de chômage, de 7,5% fin 2023 selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, est remonté sur l'année écoulée par rapport à l'année 2022, cela souligne combien la politique menée par le pouvoir, consistant à défiscaliser les revenus des exploiteurs d'une part - flat tax se substituant à l'impôt de solidarité sur la fortune; baisse des impôts de production; etc. -, et à faire la guerre aux exploités d'autre part - 15h de travail hebdomadaire pour toucher le RSA; dépeçage des retraites; réduction du montant et de la durée des indemnités chômage; etc. -, renforcent les déséquilibres en faveur du capital contre le travail. De même qu'en dépit des annonces faites en matière de politique énergétique, la guerre russo-ukrainienne met à nu la dépendance énergétique française, aggravant la situation de l'industrie hexagonale et que les hausses du tarif de l'électricité de ces derniers mois ont eu pour seul effet positif de redorer les finances d'EDF (cf lien n°6).

Bref, la théorie du ruissellement, de l'économiste et démographe Alfred Sauvy, servant de boussole pour le gouvernement, ne se vérifie pas. À moins que le ruissellement soit porté par la fiscalité, en l'occurrence une refonte de l'impôt sur le revenu pour qu'il soit la principale ressource de la puissance publique et qu'il devienne pleinement progressif, comme ce fut le cas dans l'après-guerre, même si le contexte des "30 glorieuses" avait d'autres particularités. Bref, jouer sur les recettes en visant le haut du panier fiscal, comme le souligne l'opposition de gauche (cf vidéo), cela n'est pas une injure et cela mériterait d'être débattu. Mais il serait miraculeux que le gouvernement Attal, un gouvernement porté, composé par la bourgeoisie, l'entende ainsi.

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