Afin d'assurer le titre constructeurs, l'écurie McLaren, avec Lando Norris, a remporté le Grand prix d'Abu Dhabi, clôturant une saison 2024 qui a vu un resserrement dans le haut de la hiérarchie, avec Red Bull qui doit clairement trouver un coéquipier adéquat pour Max Verstappen si ce dernier tient à glaner un cinquième titre pilotes en 2025, tant la concurrence sera multiple face à lui.
Comme le titre pilotes était joué depuis Las Vegas, avec Max Verstappen, il demeurait du suspense pour le titre constructeurs. Depuis 1998 (au siècle dernier), l'écurie McLaren cherchait à retrouver le sommet. Et en 2024, c'est bien le cas! L'écurie britannique, motorisée par Mercedes, glane ce trophée à l'issue du dernier Grand prix de la saison, à Abu Dhabi, grâce à la victoire de Lando Norris, devant les Ferrari de Carlos Sainz jr et de Charles Leclerc. Ce qui fait que l'écurie italienne termine derrière McLaren au championnat constructeurs. Comme en 1998 d'ailleurs! De quoi ramener à des souvenirs d'enfance me concernant, commençant à regarder les Grand prix de F1 à partir de cette année-là, justement.
Norris favori en 2025?
Autant le dire, qui aurait pu croire, au début de la saison 2023, alors que McLaren était en queue de peloton, qu'un an et demi plus tard, les papayes effectueraient un redressement si spectaculaire? Pas grand monde, si ce n'est au sein de l'écurie basée à Woking, avec le directeur d'écurie Andrea Stella et son personnel, qui dans la difficulté à ce moment-là, a pu tout de même travailler en confiance sans subir de manœuvre d'instabilité, contrairement à d'autres (Alpine) dont les guillotinades régulières ressemblent plus aux saignées des médecins de Molière que de la motivation envers les soldats de l'an II. Mais on y reviendra plus tard. En attendant, il y a de quoi tirer le chapeau à l'ensemble de l'écurie McLaren, qui fait désormais office d'équipe à battre, tant les voitures pilotées par Norris et son coéquipier australien Oscar Piastri ont été globalement présentes pour la victoire cette saison.
Et comme 2025, dernière année de la réglementation en cours depuis 2022, n'offre pas de modification particulière, on peut s'attendre à ce Norris, vice-champion du monde pilotes derrière Verstappen, ait tiré une leçon de cette année 2024 où il a débloqué son compteur de victoires en Grand prix et lutté pour la première fois au titre mondial, pour être le favori en 2025. Mais est-ce si sûr? Pas tellement. Parce que son coéquipier Piastri, qui a également gagné ses premiers GP cette année, aura également cet appétit et pourrait être moins tenté de jouer le jeu d'équipe, selon les circonstances de course. Et cela s'est vu lors du Grand prix d'Italie 2024, jouant négativement le jeu de McLaren et positivement celui de Ferrari avec la victoire de Leclerc sur le tracé de Monza, devant des tifosi ivres de joie.
Ferrari et Red Bull en embuscade
Justement, Ferrari a de quoi avoir des armes pour 2025. Sous la houlette de Frédéric Vasseur, le cheval cabré entend bien regoûter aux titres pilotes et constructeurs, ce qui n'est plus le cas depuis 2007 côté pilotes avec Raïkkönen et 2008 niveau constructeurs. Et ce, avec le Monégasque Leclerc, mais à partir de l'an prochain Lewis Hamilton. Le septuple champion du monde britannique, annonçant en début d'année son départ de Mercedes, où il y était depuis 2012, compte relever le défi ultime pour un pilote de F1. À savoir, être champion du monde avec Ferrari. Surtout que ce serait, dans ce cas, un huitième titre. Ce qui serait le nouveau record absolu, qu'il partage pour l'instant avec Michael Schumacher. En tout cas, Hamilton est attendu au tournant pour marquer encore plus de son empreinte l'histoire de la F1 et ce sera une occasion pour Leclerc de prouver qu'il a l'étoffe d'un champion du monde, tant le pilote monégasque est grandement estimé chez Ferrari.
Du côté de chez Red Bull, le titre pilotes de Verstappen permet de masquer une saison délicate. Si le début donnait à penser que la domination de l'écurie autrichienne, écœurante en 2023, allait se poursuivre dans la même teneur, la suite a donné tort à plusieurs observateurs - je m'y inclus dedans, très franchement! - En effet, sur la deuxième partie de saison, Verstappen n'a gagné que deux GP alors qu'il en glanait sept sur la première partie. Ce qui est révélateur d'une Red Bull 2024 moins véloce que sa devancière, d'une concurrence désormais au-dessus et que Verstappen dût jouer le gestionnaire pour s'assurer le titre. Dans une saison avec sept vainqueurs de GP différents - jamais-vu depuis 2012 et huit vainqueurs de GP différents! -, 2025 promet d'être serrée. Et si le pilote néerlandais veut espérer devenir l'égal de Juan Manel Fangio (5 titres pilotes), il lui faudra un coéquipier en mesure de dompter la Red Bull. Ce qui donne à penser que Sergio Pérez tend à être remercié par Red Bull, après une saison 2024 que le Mexicain a vécu comme un chemin de croix, n'ayant d'ailleurs gagné aucun GP. Et dans ce second baquet, la promotion irait probablement au pilote néo-zélandais Liam Lawson, actuellement chez l'écurie-sœur Racing Bulls. En tout cas, Red Bull, ayant connu des remous en interne via l'affaire d'agression sexuelle visant Christian Horner, le directeur de l'écurie, provoquant quelque part le départ de l'ingénieur Adrian Newey, est piqué au vif. À voir pour 2025.
Alpine, champion de l'indignité!
En tout cas, pour toute personne suivant l'écurie Alpine, cette annus horribilis se termine enfin. Si le A fléché termine sixième au championnat constructeurs, cela tient du miracle produit au Grand prix du Brésil avec le double podium pour le duo 100% français Esteban Ocon-Pierre Gasly. Une lueur de ciel bleu dans un océan de marasme, où comme évoqué plus haut, les guillotinades continuent sans grand résultat. Mais cette fois-ci, cela en devient écœurant. Notamment avec le retour de Flavio Briatore dans l'écurie. Certains (naïfs) voudront insister sur son expérience de la F1, de ses coulisses, pouvant agir avec succès pour Alpine, comme il le fit pour la maison-mère Renault au milieu des années 2000. Mais d'autres (lucides), rappelleront qu'il a nui à Renault avec le scandale du crashgate du Grand prix de Singapour 2008, ordonnant à Nelson Piquet jr de s'encastrer volontairement dans le mur pour permettre à Fernando Alonso de gagner ce GP-là. Ce qui valut à Briatore un bannissement à vie de la F1 commué en suspension de trois ans après contestation de Briatore devant le Tribunal de grande instance de Paris et accord à l'amiable avec la FIA, et à Renault l'opprobre avec ce scandale. En tout cas, Briatore n'a pas hésité à trancher dans le vif car depuis son retour, le groupe Renault a décidé de cesser de produire ses moteurs de F1, à Viry-Châtillon, à partir de 2026, de même que plusieurs dizaines de salariés du département châssis à Enstone ont été remerciés ces derniers temps.
Mais la palme de l'indignité revient à son comportement à l'égard d'Ocon. Ce dernier, qui quitte l'écurie pour rejoindre Haas l'an prochain, n'a pas eu droit à participer au Grand prix d'Abu Dhabi et de terminer comme il se doit son histoire avec Renault/Alpine car Briatore n'acceptait pas qu'il puisse faire des tests d'après-saison avec sa future écurie. Or, quand on observe l'apport d'Ocon à l'écurie depuis 2020, il méritait largement de pouvoir effectuer le GP d'Abu Dhabi avec Alpine. En clair, le losange se déshonore d'avoir la mémoire courte et de remettre en selle un personnage qui a sali son image en 2008-2009.
Pensées aux salariés de l'usine de Viry-Châtillon, plus les sous-traitants, et vivement l'an prochain!
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