"La religion, c'est ce qui retient le pauvre de tuer le riche!" (Napoléon Bonaparte)

Publié le par JoSeseSeko

"La religion, c'est ce qui retient le pauvre de tuer le riche!" (Napoléon Bonaparte)

Il m'arrive parfois, le dimanche, de lire le Journal du dimanche (JDD). Et c'est le cas, en ce dimanche 22 décembre (dernier dimanche de l'Avent). Je tombe sur un article, plus précisément, une interview d'un ancien jésuite, évoquant les premiers mois du pontificat de François, personnalité de l'année selon Time magazine, ses dernières déclarations, ainsi que le premier noël de ce pape "révolutionnaire" (titré ainsi par le JDD) à la tête de l'Église catholique.

Sur les dernières déclarations du souverain pontife, c'était une réponse à une polémique menée outre-Atlantique par des militants du Tea Party, accusant ce pape latino-américain (argentin de naissance, préférant la langue espagnole à la langue anglaise) d'être un "marxiste pur", défendant les pauvres, et critiquant le libéralisme qui "tue". Il rappela qu'il considère la pensée marxiste comme erronée, qu'il resta en distance des communistes argentins.

Passons cette polémique et regardons un peu l'état du Saint-Siège. Quand bien même il a levé des débats au sein de l'institution sur la question du mariage homosexuel ou le célibat des prêtres, ou envoyé ses critiques du libéralisme par exemple, le pape reste dans une position conservatrice, dans la ligne d'un passé trouble, où le silence sur les années de la junte militaire en Argentine, ainsi que les exécutions de théologiens de la Libération (proches, pour le coup, des militants marxistes) est très pesant, pour un pape qu'on glorifie beaucoup (un peu comme feu Mandela).

Prenons du recul et si on analyse l'histoire de l'Église (le judaïsme et l'islam ne sont pas mieux non plus. Bonnet blanc-blanc bonnet!), on peut remarquer qu'à de rares exceptions près (curé Meslier, abbé Pierre, abbé Raynal, abbé Grégoire, curé Jacques Roux, etc), la religion se range du côté de la classe aisée, de la classe possédante (noblesse puis bourgeoisie), contre la classe opprimée, la classe pauvre (prolétariat), à qui elle doit faire miroiter une meilleure vie que celle qu'ils ont sur terre car "heureux les pauvres qui iront au royaume des cieux". C'est le principe même de "l'opium du peuple", qui empêche toute prise de conscience de la classe dépossédée, et qui veut maintenir l'ordre établi car il y trouve son compte avec son allié objectif qu'est le capital! Donc, dans un cadre de la lutte des classes, le choix de la religion est vite fait! Un choix d'autant plus fait que certains ecclésiastiques deviennent des économistes reconnus, comme Thomas Malthus, économiste classique (fin XVIIIe-début XIXe siècle) et pasteur anglican, appelant à une politique d'abstinence des prolétaires, impliquant une plus grande part des revenus pour les capitalistes, mais donc empêcher la création "d'enfants de Dieu". Plus tard, l'écrivain Georges Bernanos commenta l'encyclique Rerum Novarum du pape Leon XIII, qui se voulait sensible à la question de la misère prolétarienne, par cette citation: "C'est l'Eglise qui s'offre aux classes dirigeantes comme un contrefort indispensable contre le socialisme....Tôt ou tard, Rome se rejettera vers la réaction politique et sociale." Bernanos, qui était proche des monarchistes, de l'extrême-droite, suit un raisonnement semblable à celui du socialiste Jean Jaurès, à propos de cette encyclique: "L'Eglise ne s'est tournée vers les faibles que le jour où ils ont commencé à être une force. Elle a été comme ces parents hautains et durs, qui sont pris soudain de tendresses et d'égards pour un parent pauvre en apprenant qu'il va faire un gros héritage".

Mais encore mieux, cet opium du peuple ne se contente pas d'aliéner le pauvre envers le riche, mais aussi de diviser les opprimés entre eux. Quand je pense que l'on considère Bartolomé de Las Casas (prête dominicain, donc catholique) comme un précurseur des Droits de l'Homme, en défendant les amérindiens au XVIème siècle face aux conquistadors espagnols, ça m’écœure au plus haut point. En effet, on fait oublier que dans ses "Mémoires des quatorze remèdes", il recommanda de substituer l'exploitation des indigènes -ainsi que leur mortalité- par la mise en esclavage des noirs. En cela, il suivit le Saint-Siège, qui laissa faire la traite négrière, et qui pourrait même s'être enrichi au passage (assez logique en fait). Et dire qu'il y a des millions de noirs qui vont à la messe, tels un troupeau de moutons suivant son berger! Leurs ancêtres doivent se retourner dans leurs tombes!

Morale de la religion et des religieux envers leurs fidèles: "il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont!"

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