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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Adieu pape François, voix futée de l'Église

Publié par JoSeseSeko sur 21 Avril 2025, 10:33am

Catégories : #Religion, #Pape, #François, #Nécrologie, #Économie, #Capitalisme, #Lutte des classes

Photo: Flickr/pravin352

Photo: Flickr/pravin352

Annoncée par le Vatican, la mort du souverain pontife, au lendemain du dimanche de Pâques, plonge les fidèles dans un certain désarroi et mène à fournir un bilan de 12 ans de pontificat pour le premier pape latino-américain et jésuite, une nouvelle voix futée de l'Église catholique suscitant des remous dans l'épiscopat.

Il aura tenu à célébrer Pâques pour pouvoir reposer en paix ensuite. C'est quelque part ce qui peut venir à l'esprit avec l'annonce de la mort du pape François, à l'âge de 88 ans, ce lundi 21 avril, lundi de Pâques en l'occurrence (cf lien n°1). La veille, le souverain pontife s'était montré en public, après plusieurs semaines d'hospitalisation pour une pneumonie, lors de la messe du dimanche de Pâques menant sa déclaration "Urbi et orbi", appelant à la paix en Palestine et Israël, mais aussi en République démocratique du Congo, où il s'était rendu en 2023, ou encore en Ukraine (cf lien n°2).

Le Léon XIII du 21ème siècle

S'il suscite une irritation dans les rangs conservateurs, voire réactionnaires, de l'Église catholique, le pape François, de son véritable nom Jorge Mario Bergoglio, suscite beaucoup de respect, voire d'admiration, dans les rangs progressistes de l'Église, et même chez les non-catholiques. Et pour cause. Le premier pape latino-américain - plus précisément Argentin -, en fonction depuis 2013 lors de la démission du pape Benoît XVI, affichait un discours social, mais aussi écologique, avec l'encyclique Laudato' Si datant de 2015, où le Saint-Père alerta sur les conséquences du réchauffement climatique sur les pays du Sud global, pointant la responsabilité des dirigeants économiques et politiques sur ce phénomène produit par le capitalisme. Des propos dignes de René Dumont, d'André Gorz, voire même de Karl Marx.

De quoi en faire un pape écosocialiste, rouge-vert? Sûrement pas! En vérité, le message adressé par le pape est le suivant: "messieurs les capitalistes, mes alliés, évitez de trop exploiter la terre et les habitants prolétaires du Sud global. Et ce, d'autant plus que c'est ma clientèle que vous exploitez. À force, vous les incitez à rejoindre les rangs de la subversion socialiste, communiste, anarchiste, écosocialiste, et à se détourner de l'Église". Le pape François réactualise, avec la question écologique, la ligne portée par le pape Léon XIII à la fin du 19ème siècle avec l'encyclique Rerum Novarum qui est de convaincre les capitalistes de tempérer leur exploitation des prolétaires pour éviter que le mouvement ouvrier épouse la pensée communiste ou anarchiste, où les écrits de Marx et de Mikhail Bakounine trouvèrent de l'écho au sein du prolétariat de l'époque. Et Jean Jaurès avait analysé "la voix futée" de Léon XIII, prenant les capitalistes par les bons sentiments, de la manière suivante: "L'Église ne s'est tournée vers les faibles que le jour où ils ont commencé à être une force. Elle a été comme ces parents hautains et durs, qui sont pris soudain de tendresses et d'égards pour un parent pauvre en apprenant qu'il va faire un gros héritage." Georges Bernanos, écrivain monarchiste, proche de l'extrême-droite, fit un commentaire semblable: "C'est l'Église qui s'offre aux classes dirigeantes comme un contrefort indispensable contre le socialisme....Tôt ou tard, Rome se rejettera vers la réaction politique et sociale." Ce qui promet de se répéter tant ce trépas est aussi une aubaine pour l'aile conservatrice, voire réactionnaire, de l'Église, qui cherchera à appuyer les États-Unis de Donald Trump.

En tout cas, ayant été élevé dans des préceptes catholiques mais ayant pris des distances critiques par les connaissances historiques, cela fait un moment que je souligne combien le pape François est un Léon XIII du 21ème siècle en analysant l'encyclique Laudato Si' évoquée ci-haut ou ses propos lors de sa visite à Kinshasa, caressant dans le sens du poil les congolais tout en évitant de remettre fondamentalement en cause l'ordre social capitaliste, qui fait du Congo-Zaïre un pays martyr depuis des siècles - si on compte l'esclavage transatlantique, qui a enrichi l'Église au passage -, car l'alliance - nouvelle et éternelle - entre le goupillon et le coffre-fort prime sur tout le reste, bien qu'en tant que latino-américain, le pape François connaissait bien la théologie de la libération, dont certains penseurs n'hésitaient pas à s'allier avec des groupes communistes menant la lutte armée face aux dictatures latino-américaines, appuyées par les pays capitalistes, et tout particulièrement les États-Unis, durant les années 1960-1970. 

Bref, comme le fit remarquer Napoleone Buonaparte - pardon, Napoléon Bonaparte -, "la religion, c'est ce qui retient le pauvre de tuer le riche". Et ce, sachant que celle-ci ne retient pas le riche de tuer le pauvre.

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