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Un (relatif) retrait ricain

Publié le par JoSeseSeko

Un (relatif) retrait ricain

En ce 19 février, j'ai lu sur le site web de l'hebdomadaire Marianne, un article sur la politique extérieure des États-Unis bien réservée, voire inexistante, avec la présidence Obama, qui a raté le coche du "Printemps arabe", occasion rêvée pour redorer le blason états-unien bien merdique depuis les 2 mandats de George W Bush (2000-2008).

Il est vrai que nous nous sommes habitués, depuis des décennies, à percevoir les États-Unis comme une puissance pouvant intervenir partout, et se permettre de luxe de critiquer, d'espionner ses alliés les plus précieux (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Espagne, Italie, Colombie, Mexique, etc.) depuis 1945. Néanmoins, ce relatif retrait des É-U au niveau international s'explique pour deux raisons:

- la raison économique est la première d'entre elles car la crise des subprimes, puis crise financière et économique mondiale n'est pas restée sans conséquence au pays de l'Oncle Sam, qui est à l'origine de cette crise justement. Donc, si Obama veut ensuite avoir du poids à l'international, il faut que la situation intérieure s'améliore. Pour l'instant, cela semble être le cas puisque la croissance pour 2013 est estimée à 2%, mieux que prévu par l'ensemble des institutions internationales et des économistes "mainstream", et un taux de chômage proche de la barre des 6,5%. Mais ce taux de chômage est considéré comme sous-estimé car de plus en plus de chômeurs découragés sortent du marché du travail, deviennent inactifs, et que la situation économique de Porto Rico, île caribéenne administrativement liée aux USA, ne devienne un boulet pour Washington.

- la raison historique est la seconde et ultime raison car traditionnellement, la Maison-Blanche a préféré pratiquer l'isolationnisme, à travers la doctrine Monroe. Et avec la crise actuelle, cette doctrine revient à la mode du côté des élus états-uniens, de tous les bords politiques, préférant se focaliser au niveau national, tout en regardant les possibilités d'intervention sur l'ensemble du continent américain, qu'ils considèrent depuis toujours comme leur chasse gardée. Économiquement, cela se traduit par un protectionnisme affirmé et un interventionnisme étatique puissant. Cela dit, ce genre de positionnement provoqua réellement la Guerre de Sécession entre le Nord (Yankee) et le Sud (Dixieland), l'esclavage relevant du prétexte de gloriole, puis c'est contradictoire avec les actuelles négociations sur le Partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement.

Ce constat de retrait que semble faire l'auteur de l'article est relatif car l'influence des États-Unis sur le reste du monde reste grande, tant dans le bon sens (croissance ricaine poussant la croissance mondiale), que dans le mauvais sens -rapatriement de capitaux américains dévalorisant des monnaies émergentes, notamment en Amérique latine-. Puis, cela ouvre des portes à qui veut mieux se faire entendre. L'Union européenne a une occasion en or pour redonner de la confiance, tant à ses peuples qu'aux investisseurs étrangers, à peser sur la scène internationale où elle est bien pâle et archaïque. Mais l'UE n'est pas toute seule. La Chine ne compte pas laisser un moyen d’accroître son influence lui échapper, tout comme la Russie. Mais le continent africain peut jouer les troubles-fête, avec l'Afrique du Sud par exemple, symbolisant son renouveau et son envie de reconquête, après ces saignées que furent l'esclavage et la colonisation, causées par les puissances européennes.

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