Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La police est aux ordres du kabilisme

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Papy Mulongo

Photo: AFP/Papy Mulongo

Une manifestation s'est déroulée à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, lundi 19 janvier, causant plusieurs morts et blessés, suite à une loi votée par l'Assemblée nationale qui pourrait prolonger le mandat présidentiel de Joseph Kabila.

Décidément, le slogan "police partout, justice nulle part" a de beaux jours devant lui. Des membres de l'opposition et des étudiants de l'université de Kinshasa ont manifesté, lundi 19 janvier. Devant la mobilisation, la police a ouvert le feu et a provoqué la colère des kinois. Certains journalistes font état de plusieurs morts et blessés, tant chez les manifestants que chez les forces de l'ordre. Et ce, au moment même où le président de l'Angola, José Edouardo dos Santos, était en visite dans la capitale congolaise.

Une loi électorale anti-constitutionnelle?

Qu'est-ce qui a poussé à cette manif sanglante? C'est le vote par l'Assemblée nationale vendredi 16 janvier d'une loi dite "loi électorale", qui se veut être capable de recenser exactement le nombre d'habitants dans l'ex-Zaïre, puisque le dernier recensement officiel date de... 1984, en pleine dictature mobutiste.

À première vue, cela ne semble pas choquant, et que si cela prendrait du temps, comme l'indique la majorité présidentielle, cela permettrait d'être plus précis, d'autant qu'il manque plusieurs millions de dollars pour budgétiser le recensement. Problème, c'est que ce vote se fait à plus d'un an des prochaines élections présidentielles et législatives et que le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, devrait terminer son mandat l'an prochain, conformément à la Constitution de 2006. Ainsi, l'opposition dénonce cette loi, considérant que c'est une manœuvre politique pour maintenir au pouvoir Kabila au-delà de 2016. Dans ce cas, cette loi votée en catimini pourrait être vue comme anti-constitutionnelle.

"Le pouvoir en place a fait traîner les choses"

Ce qui est sidérant dans cette histoire, est prouve à quel point Kabila fils est davantage héritier de Mobutu que de son père, Laurent-Désiré Kabila, c'est de faire croire que le recensement prendrait un temps énorme, et que ça aurait pu se faire auparavant (qu'est-ce qu'ils branlaient durant tout ce temps?), d'autant que le Sénat ne discutera de ce sujet qu'à partir du 26 janvier prochain. C'est ce que fait remarquer un ancien ministre congo-zaïrois auprès du journal belge La Libre Belgique, où il explique que "le recensement n'est pas le vrai problème, qu'il peut se réaliser en 10 mois" car "l'Angola l'a fait en 3 mois" seulement. Le véritable enjeu est la délivrance de cartes d'identité, financées par une banque chinoise, devenue avec le temps frileuse sur la question. Ce à quoi cet ancien ministre interrogé déclare: "Le pouvoir en place a fait traîner les choses. Si le gouvernement peut démontrer que le recensement prendra moins d’un an, il ne pipera mot de la problématique des cartes d’identité. Enjeu qui peut permettre de maintenir Joseph Kabila au pouvoir bien au-delà de la date limite."

Commenter cet article