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Abus de la police à Aulnay-sous-Bois (et ailleurs)

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Photo: AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

L'interpellation d'un jeune noir d'Aulnay-sous-Bois par des policiers l'ayant violé, selon divers témoignages, fait exploser les tensions au sein de la population, avec des voitures brulées par certains jeunes dans la nuit de samedi à dimanche.

Les esprits ne sont pas prêts de se calmer à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ainsi que sur les réseaux sociaux depuis le jeudi 2 février et l'interpellation de Théo, un jeune afro-descendant de 22 ans, ayant subi des coups, voire un viol de la part d'un groupe de quatre policiers, dans le quartier de la Rose-des-Vents. En tout cas, ces derniers ont été mis en garde à vue jusqu'à samedi soir et selon plusieurs sources, le chef d'accusation de "viol en réunion" pourrait être requalifié de "violence en réunion". Toujours est-il que la victime, en raison des coups subis par une matraquage au niveau des parties génitales, se retrouve en interruption totale de travail pour une durée de 60 jours.

Confiance perdue

Cette histoire est un camouflet supplémentaire pour l'institution policière, dont la perte de confiance au sein de la population, notamment dans les banlieues, est manifeste depuis plus de 10 ans, avec le triste exemple de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré en octobre 2005, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Une étincelle ayant fait exprimer la révolte dans les trois semaines qui ont suivi. Et encore plus récemment, c'est la mort d'Adama Traoré, le 19 juillet dernier à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), qui suscite de la colère car tant les forces de l'ordre (social) que le procureur de la République de Pontoise ont minimisé l'asphyxie, pourtant la cause mortelle selon plusieurs autopsies du corps car liée à la pression des gendarmes sur la victime, en préférant insister sur les "problèmes cardiaques" d'Adama Traoré. Pis, en réaction, c'est la recherche de déstabilisation, l'établissement d'un acharnement qui se crée sur la famille de la victime. Dans le cas d'Adama Traoré, deux frères du défunt ont été incarcérés, afin qu'il se tiennent tranquilles et que surtout, leur sœur, Assa Traoré, qui a fortement médiatisé cette triste histoire, se mure dans le silence car elle devient gênante.

Impunité totale?

Mais à l'heure actuelle, le sentiment qui prédominerait est que les forces de l'ordre (social) auraient une impunité totale envers les Français non-blancs, prouvant que le concept de "racisme institutionnel" cher à Stokely Carmichael, ancien membre des Balck Panthers aux États-Unis, n'a rien perdu de sa pertinence de nos jours. Y compris de ce côté-ci de l'Atlantique. Et la justice s'y retrouve mêlée, avec un fort soupçon de connivence - euphémisme -. Et les exemples sont multiples: que ce soit la relaxe pour les flics n'ayant pas porté assistance à Zyed et Bouna; le temps consacré à l'enquête sur la mort d'Adama Traoré; les manifestations de flics armés sur les Champs-Élysées fin 2016; ou l'absence de détention provisoire dans cette histoire à Aulnay-sous-Bois, la justice semble fermer les yeux, se comportant ainsi en "femme pleine de vices", pour reprendre des paroles de la chanson Antisocial de Trust.

Et cette impunité envers les banlieusards, souvent jeunes et non-blancs, elle se retrouve quand il s'agit de manifestations plus générales. La stratégie de la nasse a été fortement utilisée par les flics et les gendarmes lors des manifestations contre la loi travail au printemps 2016, afin de provoquer une excitation mutuelle avec des manifestants "casseurs", mais surtout pour broyer le mouvement social qui prenait corps à ce moment-là, en plus des évacuations forcées de la place de la République, où le mouvement Nuit Debout s'y était installé. Et du coup, ça tend à faire réfléchir dans certains esprits, notamment au sein de la gauche radicale, avec l'exemple du youtubeur Usul et de sa vidéo de sa série "mes chers contemporains" sur la police, fin 2016 (cf vidéo ci-dessous). Mais en-dehors de Paris, des mouvements existent comme le collectif Urgence notre police assassine d'Amal Bentounsi, qui est déconsidéré par les policiers et les mass media en raison de sa volonté à faire entendre un autre discours que celui des forces de l'ordre (social).

En tout cas, vu comment la fachosphère suprémaciste blanche se met au garde-à-vous pour défendre l'institution policière, c'est signe que le temps de la "police milice" se rapproche, avec le "vestige de l'uniforme" et "les conneries sur toutes ses formes", n'est plus très loin.

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