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François Fillon ne veut rien lâcher

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Martin BUREAU

Photo: AFP/Martin BUREAU

Ayant convoqué une conférence de presse, ce lundi, François Fillon en a profité pour régler ses comptes avec une partie de la presse (Mediapart, France 2, Canard Enchainé) et confirmer sa candidature à l'élection présidentielle. Quitte à perdre en crédibilité au fil des semaines à venir.

L'affaire Fillon, ou pour certains le "Pénélope gate" (terme réducteur), empoisonne la droite ces dernières semaines, avec des révélations faites par le Canard Enchainé sur le travail, ou l'absence de travail de l'épouse de l'ancien Premier ministre sur plusieurs années, quand elle était son attachée parlementaire. Et l'enquête judiciaire en cours souhaite vérifier s'il ne s'agit pas d'un emploi fictif grassement rémunéré depuis 1990 (831.440 euros brut). Sans compter les 100.000 euros brut liés à la présence (rarissime) de l'épouse Fillon dans la "Revue des deux mondes", où le directeur de la rédaction a déclaré dans cette histoire qu'il ne l'avait pas vue travailler. Curieux! Et enfin près de 84.000 euros pour deux de leurs enfants quand ces derniers ont été à tour de rôle assistant de leur père, sénateur de septembre 2005 à juin 2007. Cela étant dit, le cas de proches d'un élu enrôlés en tant qu'assistant parlementaire n'est pas exceptionnel. Des partisans de Fillon, comme Valérie Boyer, l'ont également fait, pour donner une justification maladroite dans cette affaire, mais du côté de la gauche, ce n'est pas mieux. Toujours est-il qu'il présente ses "excuses" mais le châtelain de la Sarthe ne se retire pas de la course à l'Élysée.

Règlement de compte

Comme ses amis politiques ont du mal à bien le défendre, autant que Fillon monte au créneau. Et bien entendu, la meilleure défense, c'est l'attaque. En particulier contre la presse, qui s'acharnerait contre lui, à ses yeux. D'ailleurs, en réponse à une question d'une journaliste de Mediapart, il envoie le coup suivant: "Vous êtes de Mediapart, moi je n'ai jamais eu de redressement fiscal", en référence aux soucis entre le fisc et le journal en ligne qui se défend sur ce point, lié à l'alignement de la fiscalité de la presse en ligne sur la presse papier, volontairement défendu par Mediapart depuis ses débuts. D'ailleurs, ce journal a reçu le soutien... du journaliste Jean-Michel Apathie, qui n'était pas tendre envers le pureplayer en 2012, lors de l'affaire Cahuzac.

Puis le candidat vainqueur de la primaire de la droite flingue l'émission Envoyé spécial sur France 2, notamment sur la reprise d'une interview de Pénélope Fillon par une journaliste du Guardian, Kim Willsher, datant de 2007, quand Fillon s'installait à Matignon. À en croire des partisans de Fillon, la journaliste aurait été "choquée" par la ligne éditoriale de l'émission et la reprise de l'interview. Réponse sans ambiguïté de l'intéressée:

Une dynamique ralentie

Signe que cette affaire est un boulet pour la droite, certains parlementaires ont envisagé de recourir à une alternative, au cas où Fillon se retrouverait mis en examen (condition sine qua non posée par le candidat pour qu'il se retire). C'est le député du Rhône Georges Fenech qui a le plus avoué cette pensée qu'il justifie à travers les retours qu'il a auprès de sa circonscription, en disant tout haut ce que d'autres pensent tout bas. Ce qui ne lui pas fait des amis au sein du parti Les Républicains. Cette affaire plus les dissonances internes tombent mal pour le candidat, dont la dynamique s'est trouvée ralentie au fur et à mesure des révélations. Et en insistant de la sorte, Fillon contribue à la mauvaise image de la France, qui peut être considérée, à juste titre, comme une a-démocratie, où un politicien traînant des casseroles continue à vouloir le pouvoir. Ce qui ailleurs serait déjà sanctionné (Royaume-Uni, cher à Madame Fillon par exemple).

Et pendant que le candidat d'une droite libérale-conservatrice, paternaliste et nostalgique de la colonisation, se retrouve englué, ses adversaires avancent. Emmanuel Macron, le chouchou des mass media, est considéré comme le favori de cette présidentielle, même si les ralliements qu'il obtient du PS et de la droite le font établi de facto comme le candidat du bilan de François Hollande et le candidat de l'ordre social qu'il faut maintenir à tout prix. Mais à gauche, ça avance également. La victoire de Benoît Hamon, vue comme une surprise, à l'instar de celle de Fillon lors de la primaire de la droite, donne une perspective en débat à gauche, à savoir une coalition rouge-rose-verte avec le candidat écologiste Yannick Jadot et le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Une idée qui suppose une convergence globale et une mise au pas de l'ego de chacun. Or, ni Hamon, ni Mélenchon, ne semblent disposés pour se retirer en faveur de l'un ou de l'autre. Enfin, du côté de l'extrême-droite, Marine Le Pen compte bien mener le terrain médiatique, pour vouloir rester influente dans le débat public.

Bref, cette élection ne sera pas forcément un ennui, cette année.

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fifileriri 09/02/2017 21:50

Le Parquet national financier ne serait pas la juridiction appropriée pour instruire l'affaire (aux multiples facettes => multiples chefs d'inculpation :conflit d’intérêts,prise illégale d’intérêts,détournements de fonds publics,abus de biens sociaux,emplois fictifs,violation du règlement des assemblées…etc)selon le clan Fillon.La presse ainsi que la justice ne seraient pas qualifiées pour savoir si les agissements de M. Fillon sont délictueux.Mieux:la presse et la justice seraient les ennemies jurées de M. Fillon et donc de la démocratie.Ces affirmations/assertions appellent deux réflexions.Tout d'abord on connaît peu de démocratie vivante et pérenne privée de presse libre et de justice indépendante.Dans les dictatures/régimes autoritaires la justice comme la presse sont aux ordres du pouvoir exécutif.On peut donc entrevoir la façon dont M. Fillon exercerait le pouvoir en considérant que la justice et la presse sont les ennemies de la démocratie…On peut légitimement s’en inquiéter.D'autre part,si la justice n'est pas habilitée à rendre la justice (y compris lorsqu'un député est impliqué)alors les institutions sont illégitimes,sont frappées d'illégitimité.Le clan Fillon a martelé :« la justice est nulle ».Dès lors,on peut penser,dans la mesure où M.Fillon entend prendre le pouvoir (briguant la magistrature suprême)qu’il cherche à se soustraire à la justice en se prévalant de sa qualité (député)et qu’il prépare un « coup d’état institutionnel ».