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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


L'austérité, quoi qu'il en coûte!

Publié par JoSeseSeko sur 26 Mars 2024, 15:31pm

Catégories : #Économie, #Europe, #France, #Austérité, #Capitalisme, #Lutte des classes, #Gouvernement

Photo: Flickr/Pascal POGGI

Photo: Flickr/Pascal POGGI

Avec un déficit public plus important qu'estimé par le gouvernement, ce dernier montre combien sa crédibilité en matière de gestion des Finances publiques est minime, doublée d'un aveuglement idéologique à vouloir de l'austérité toujours envers les exploités, sans y voir de l'efficacité économique.

À vouloir réduire les dépenses publiques, on aggrave le déficit public! C'est un des enseignements de l'étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée ce mardi 26 mars, indiquant que le déficit public en France en 2023 s'établit à 154 milliards d'euros, soit 5,5% du Produit intérieur brut (PIB). Et ce, alors que le déficit public en 2022 correspondait à 4,8% du PIB (cf lien n°1). Ce qui est bien au-dessus des critères européens tenant à un déficit public maximal de 3% du PIB et inciter la Commission européenne à demander au gouvernement français des coupes budgétaires bien plus prononcées.

Contrecoup

Pourquoi ce déficit public s'est aggravé sur l'année écoulée? Une des raisons est le coup de frein envers les recettes publiques. Selon l'Insee, la faible croissance économique de 2023 (+0,9% du PIB), le ralentissement des hausses de salaires car généralement désindexées sur l'inflation et la baisse des impôts sur les sociétés ont fait ralentir la progression des recettes, tandis que le ralentissement des dépenses publiques a été moins important. Néanmoins, en rapportant au PIB, recettes et dépenses publiques suivent une même trajectoire à la baisse (recettes: 51,9% du PIB en 2023 vs 54% du PIB en 2022; dépenses: 57,3% du PIB en 2023 vs 58% du PIB en 2022).

Ces données illustrent, d'une certaine manière, le contrecoup offert par la politique monétaire restrictive de la Banque centrale européenne visant uniquement à réduire l'inflation, quitte à réduire la croissance, à générer du chômage, amenant de fait à une baisse des recettes (impôts sur le revenu; cotisations sociales) et à une hausse des dépenses (indemnités chômage) dans ce cas. Sans oublier le renchérissement de l'investissement pour les entreprises, surtout les plus petites, tandis que les plus grandes ne sont pas gênées car elles détournent les législations fiscales pour mieux s'assurer des bénéfices record. Le tout avec un dépeçage des personnels de l'administration publique chargés de veiller sur leurs activités, soit dit en passant.

Accélération des dépeçages en marche

Avec un PIB qui devrait seulement augmenter de 1% en 2024, les plans budgétaires du ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire ont du plomb dans l'aile. Ce qui montre d'ailleurs son incapacité patente à tenir les comptes publics et à les dilapider au service du capital. Mais cela correspond à la politique de classe défendue depuis 2017 par le président Emmanuel Macron consistant à vouloir, d'un côté, réduire les prélèvements envers la classe dominante, notamment en matière de patrimoine; et de l'autre, faire dans le dépeçage des services publics, le "patrimoine" de la classe dominée, en plus de "réformes" visant toujours plus d'austérité envers cette dernière.

Les discussions autour d'une énième réforme de l'assurance-chômage, qui serait gérée uniquement par l'État et non plus par les syndicats et le patronat - suppression des cotisations sociales? - vont dans ce sens, à savoir qu'une étatisation peut servir de prélude ou de parallèle à une privatisation de financements jusqu'alors socialisés, avec pour objectif de réduire les dépenses des administrations de sécurité sociale. Or, comme le souligne l'Insee, la Sécu a vu son excédent budgétaire s'accroitre entre 2022 et 2023, lui permettant de réduire sa dette et de contribuer, de manière décisive, à la stagnation de la dette publique entre 2022 et 2023 (110,6% du PIB en 2023 vs 111,9% du PIB en 2022). Casser une dynamique actuellement favorable serait un contresens. Mais le pouvoir n'en a cure, tant son aveuglement idéologique est profond!

Une des pistes pour lesquelles le gouvernement pourrait réfléchir - s'il en est capable - pour réduire les dépenses publiques, serait de diminuer les aides aux entreprises, en ciblant davantage les besoins car jusqu'à présent, ces dépenses publiques telles le crédit impôt compétitivité emploi par exemple, concernent toutes les entreprises, notamment les plus grandes, représentant un coût de 157 milliards d'euros en 2019 selon l'Institut de recherches économiques et sociales ou un coût de 260,4 milliards d'euros entre 2020 et 2022 selon la Cour des comptes (cf lien n°2).

Sans compter un remodelage de l'impôt sur le revenu, en le rendant plus progressif, une refondation de l'impôt sur la fortune, en visant le patrimoine mobilier (titres financiers) et immobilier (foncier). Mais ceci est une autre histoire.

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