L'agriculture reste nécessaire

Publié le par JoSeseSeko

L'agriculture reste nécessaire

Depuis le 21 février, le salon de l'Agriculture est ouvert à Paris. Une tradition qui permet de mesurer la popularité d'un secteur agricole qui connait des fortunes diverses.

Le temps de tâter la vache est arrivé pour le citadin. Le salon de l'Agriculture a ouvert ses portes le weekend dernier, porte de Versailles, à Paris. Une belle occasion pour les citoyens de la ville d'approcher les bêtes, de goûter de près aux produits agricoles, et aux politiques (gouvernement et opposition) de jouer les bons samaritains, les bons démagogues, auprès d'agriculteurs.

Une agriculture disparate

Cet événement annuel permet en tout cas une exposition large d'un secteur économique qui attire de moins en moins de personnes. Il faut dire que l'emploi agricole stagne à moins de 2,5% de l'emploi total en France, au début de la décennie 2010, d'après les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). C'est un secteur qui n'est pas épargné par la crise de 2008, avec des destructions d'emploi qui se sont amplifiées ces dernières années. Néanmoins, le secteur agricole a connu de la croissance en 2014, selon l'INSEE, avec tout de même une forte disparité entre les produits végétaux (céréales, vins, légumes, etc.) et les produits animaux (bovins, ovins, volaille, etc.) par exemple.

Pour contrecarrer l'image d'Épinal du citadin pensant à un paysan, un fermier exploitant son (petit) lopin de terre, il est bon de rappeler que les exploitations agricoles françaises sont parmi les plus utilisées dans les pays de l'Union européenne (UE). D'après l'institut statistique, pour l'année 2010 (pas plus récent), les agriculteurs français utilisent 54,9 hectares en moyenne. Ce qui fait de la France le 7e pays de l'UE en fonction de la superficie agricole utilisée, loin derrière la République Tchèque, le Royaume-Uni (on l'oublie mais il y a des agriculteurs british), la Slovaquie. Puis pas très loin derrière le Danemark, le Luxembourg et l'Allemagne.

Inquiétude agricole

La situation des agriculteurs, français ou internationaux, est très mitigée dans l'exemple. Et pourtant, la demande de produits agricoles ne risque pas de décliner dans la mesure où la croissance démographique tient un rythme soutenu (9 milliards d'habitants sur Terre prévus pour 2050), et qu'elle est un défi à relever pour les agriculteurs. Or, l'offre en fait trop pour certains pays (les plus riches), ce qui cause une chute du prix des produits agricoles et rend les conditions de vie des agriculteurs difficiles, avec une dépendance croissante aux subventions publiques, en plus d'un gâchis croissant. Problème, notamment pour les agriculteurs européens, français en particulier, c'est que Bruxelles a mené une réforme de la Politique agricole commune (PAC) telle que les aides provenant de la PAC sont de moins en moins élevées, et qu'une suppression pourrait bien tomber, ce qui est l'épée de Damoclès au-dessus des têtes des exploitants agricoles.

Néanmoins, les agriculteurs des pays développés ont de quoi vivre, comparativement à ceux vivant dans les pays émergents ou en développement. Ces derniers, notamment en raison du passé colonial, ont vu leur agriculture vivrière détruite et se retrouvent dans l'obligation d'importer des produits agricoles des pays riches, alors qu'ils ont la capacité d'être autosuffisants, voire même exportateurs nets, en cas de spécialisation dans ce secteur. Or, une spécialisation dans l'agriculture (voire dans tout ce qui n'est pas manufacturé), et cela fait consensus chez les économistes, c'est une entrée dans un cercle vicieux dans une économie.

Retour aux fondamentaux?

Ce consensus chez les économistes montre à quel point l'agriculture est vue comme stérile, dans la pensée économique aujourd'hui. Mais cela n'a pas toujours été le cas. Les premiers économistes, ou du moins ceux qui se considéraient comme tels, au XVIIIe siècle, étaient des défenseurs de l'agriculture, considérant que c'est la seule source de richesse. L'histoire dénomma cette école de pensée la "Physiocratie" (gouvernement de la nature, dans l'étymologie grecque), avec des représentants tels François Quesnay, ancien médecin de Louis XV, Pierre Samuel du Pont de Nemours ou encore Anne Robert Turgot, ancien ministre de Louis XVI. Ces économistes étaient des libéraux, défenseurs du "laissez-faire, laissez-passer", laissant une influence importante pour Adam Smith, considéré comme le père de la pensée économique contemporaine avec son Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations, en 1776.

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