Quand l'arbitre tue le match

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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La 29e journée de Ligue 1 a encore livré des prestations mitigées de la part des arbitres, quitte à pousser des joueurs dans une colère noire et pousser à une affaire d'État (pathétique).

"Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler". Zlatan Ibrahimovic, l'attaquant phare du Paris Saint-Germain (PSG), va devoir l'apprendre à ses dépens. Dimanche 15 mars, à la suite de la défaite du PSG à Bordeaux (2-3), le Suèdois n'a pas mâché ses mots envers l'arbitre, M.Jaffredo, mais aussi envers la France, parlant de "pays de merde [qui] ne mérite pas le PSG!" De quoi renforcer l'inimitié des supporters des équipes adverses envers ce PSG bourgeois et liberticide envers les Ultras depuis l'arrivée des Qataris en 2011. En outre, les prix d'abonnement sont devenus prohibitifs pour certains supporters des milieux prolos, et même, certains d'entre eux se sont retrouvés désabonnés par la direction du club. Mais la qualification en 1/4 de finale de la Ligue des champions a poussé la masse dans l'amnésie complète. Panem et circenses, c'est bien connu!

Toujours est-il que, se rendant compte de l'impact qu'il a provoqué, avec la récupération des politiques (Marine Le Pen, maîtresse de la maison FN, en appelle à le faire partir par exemple), et un tant soit peu poussé par les dirigeants bourgeois du PSG qui ne veulent pas de polémique, Ibrahimovic a présenté ses excuses par rapport à ses mots, prononcés sur le coup de la colère.

"À mort l'arbitre!"

Ce qui a fait sortir de ses gonds le géant suédois, c'est la décision de l'arbitre M. Jaffredo sur une passe en retrait d'un défenseur bordelais vers son gardien dans la surface. Normalement, l'arbitre devrait siffler un coup-franc indirect pour les parisiens. Que nenni! Mais il n'est pas le seul. Les joueurs marseillais ne sont pas en reste. Face au leader lyonnais, l'OM s'est fait littéralement voler la victoire car l'arbitre M. Bastien a refusé d'accorder un but parfaitement valable puisque le ballon avait franchi la ligne de but de l'OL. Et le président de l'OL, Jean-Michel Aulas, si prompt à dénoncer les erreurs des "hommes en noir", n'a pas pipé mot sur cette erreur qui avantage son club. Son homologue marseillais, Vincent Labrune, comme à son habitude, veut faire des remarques discrètes auprès des arbitres, au lieu de dénoncer publiquement. Ce qui a le don d'irriter joueurs et supporters olympiens puisque sa méthode ne montre pas d'efficacité probante.

Cette litanie d'injustices causées par les arbitres renforce les partisans de l'arbitrage vidéo, qui est en vogue dans d'autres sports, en particulier le rugby, où le risque d'erreur sur la zone d'en-but a été considérablement réduit depuis son instauration par l'IRB dans les années 2000. En outre, les arbitres français ne sont plus des références alors que dans les années 1990 et 2000, des arbitres comme MM. Sars, Vessière, Wurtz, Derrien ou Quiniou étaient parmi les meilleurs au monde, et officiaient pour des compétitions internationales (Championnat d'Europe, Coupe du Monde, etc.). La FIFA et les instances locales du foot devraient s'en inspirer, mais leur conservatisme idiot a pour conséquence de liguer joueurs, dirigeants de clubs et supporters contre les arbitres, de moins en moins respectés. En tout cas, le slogan "à mort l'arbitre", qui fut le film d'un film de Jean-Pierre Mocky dans les années 1980, a de beaux jours devant lui!

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