Stopper le néocolonialisme pour stopper l'immigration

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AP/SIPA

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Les derniers drames concernant des migrants tentant la traversée de la mer Méditerranée poussent les pays de l'Union européenne à renforcer leur surveillance maritime, mais cela ne fera pas reculer l'immigration en raison d'un néocolonialisme structurellement puissant.

Comme le disait Georges Clemenceau, à propos de mineurs tués par les forces de l'ordre, "les morts sont extrêmement persuasifs." Il en est de même pour les migrants venus d'Afrique qui meurent de plus en plus dans la traversée de la mer Méditerranée, ces dernières années. Et vu l'ampleur du dernier naufrage recensé en Méditerranée, 800 morts tout de même, l'Union européenne se devait de réagir. Un sommet spécial a eu lieu, jeudi 23 avril à Bruxelles (Belgique), et peu de choses en ressortent. C'est entendu, les pays membres vont renforcer le contrôle en mer (opération Triton), en triplant le budget qui lui est consacré, tout comme une répartition de réfugiés politiques.

Absence de verrous

Mais si ça faisait réduire l'immigration, ça se saurait! Or, vu le nombre de migrants qui arrivent en Italie notamment, personne ne s'est mis d'accord pour répartir les immigrés. Ce qui peut irriter Matteo Renzi, le président du Conseil italien, qui est en première ligne sur ce sujet. Le Premier ministre britannique, David Cameron, ne veut pas entendre parler, d'autant plus qu'il a des chances de ne plus être à ce poste après les élections du 7 mai prochain. Le président français François Hollande a des réticences, vu le niveau électoral du Front national (FN). De ce côté-là, c'est un statu quo mortifère!

Mais ils l'ont bien cherché aussi! Pourquoi écris-je cela? Tout simplement parce que ces pays ont mené des opérations contre des pays africains (Lybie) ou du Moyen-Orient (Syrie), accusant leurs dirigeants (Mouammar Kadhafi, Bachar El-Assad), d'être des monstres sanguinaires, alors qu'ils ne sont que les larbins, devenus témoins gênants, des pays occidentaux. Et des larbins efficaces puisqu'ils servaient de bouclier, de verrous limitant au maximum l'immigration. Depuis les interventions dans ces pays, c'est devenu un bordel sans nom, servant de base à des organisations terroristes, et dont les passeurs utilisent pour pouvoir faire passer des migrants de l'autre côté de la mer.

Pistes de limitation

Du coup, au niveau de l'aval (Europe), on cherche des pistes pour limiter l'immigration. Bien sûr, l'extrême-droite, comme le FN en France, veut "rendre nos pays non attractifs". C'est gentil mais ça veut dire qu'il faut que les pays européens s'appauvrissent, or c'est ce que ne voudrait pas ce parti passéiste ainsi que l'ensemble de la population. Totale contradiction. En plus, l'immigration indique combien un pays est riche et dans le continent européen, le vieillissement démographique est tel que l'immigration est devenue de plus en plus nécessaire pour l'économie continentale, d'autant plus que nombre de migrants sont des jeunes qui ont suivi un parcours scolaire allant jusqu'au bac, voire à l'université, donc c'est un apport de cerveaux.

Puis il faut quand se poser la question au sujet de l'amont (Afrique): pourquoi partent-ils? Ce n'est pas extrêmement compliqué. Même si la croissance économique est soutenue sur le continent "berceau de l'humanité", elle n'est captée que par un petit nombre de personnes, me renvoyant de mon côté à mes études sur la courbe de Kuznets, sur la relation entre croissance et inégalités. Et dans ce petit nombre qui "fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le gouverne" pour reprendre cette phrase trop méconnue de Voltaire, il y a pas mal qui sont occidentaux ou issus de pays émergents non-africains. Mais le cas occidental est plus ancien, car il est dans la continuité de la période coloniale, où toute l'économie locale allait dans les comptes d'entreprises privées de la métropole. Alors, tant que cette politique néocoloniale, mené par des multinationales occidentales perdure, il ne faudra pas s'étonner du flux migratoire à destination de l'Europe et la transformation de la Méditerranée en cimetière maritime.

Une chose est sûre: "qui sème le vent récolte la tempête."

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Le pédagogue 03/09/2015 18:55

Le pédagogue :


En ce début du mois de septembre 2015, la publication par le quotidien britannique « The Independent », de la photo de la dépouille d’un enfant mort en mer, comme des milliers d’autres personnes qui tentent, depuis un certain temps déjà, d’atteindre d’autres rivages, semble avoir provoqué « une certaine émotion », face à « l’afflux des migrants ».
Depuis longtemps , bravant tous les dangers, des milliers de personnes, hommes, femmes, et enfants, fuyant les horreurs des pays d’origine, tentent d’arriver en Europe et d’y rester, en dépit de l’hostilité dont elles sont l’objet, et qui ne date pas d’aujourd’hui.
Ce « processus migratoire » ne cesse de mettre en relief certaines conséquences des méfaits du système colonialo-impérialo-sioniste qui a semé, et qui sème encore, l’oppression partout.
En arabe, les personnes qui prennent la mer pour atteindre l’Europe sont appelés « lhrraaga ».
Les « brûleurs ».
J’en ai déjà parlé, mais ce n’est pas la première fois que je reprends ce dont j’ai déjà palé.
Ce sont généralement des personnes qui tentent, à bord d’embarcations de fortune, de quitter l’Afrique (et des pays situés ailleurs) pour atteindre l’Europe la forteresse), où ils sont considérés, lorsqu’ils y arrivent (ce qui n’est pas toujours le cas), comme « clandestins » (émigration clandestine).
« Brûleurs » parce que avant de se lancer dans cette tentative d’atteindre des côtes européennes, ils brûlent tous les documents qui peuvent permettre de les identifier et donc de les expulser vers les pays de départ.
Des pays où sévissent des régimes fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
Avec ces régimes, pour les populations qui y subissent les horreurs, l’Afrique (ou des pays situés ailleurs) est un bagne, un continent où la merde gicle et dégouline de partout.
Nauséabonde.
L’esclavage a fait des ravages.
Le colonialisme n’a rien épargné.
Le système colonialo-impérialo-sioniste continue d’alimenter, d’entretenir et de répandre les ordures et la pourriture.
Les régimes mis en place par ce système, sont tenus de tout mettre en œuvre afin de servir les intérêts de leurs employeurs.
Ces employeurs, qui connaissent mieux que quiconque leurs employés et qui n’ignorent rien de leurs pratiques, savent qu’ils sont assoiffés de sang, d’argent et de vices, qu’ils sodomisent et massacrent des hommes, violent, méprisent, humilient et tuent des femmes, s’adonnent à la pédophilie et font disparaître des enfants.
Ce qui a été appelé « l’indépendance dans l’interdépendance », « la révolution » ou la fin de l’apartheid, n’a pas débarrassé les « indigènes » de l’asservissement, des persécutions, de l’oppression, de l’exploitation, de l’arbitraire, des enfermements, des tortures, des humiliations, des vexations, des injustices et autres.
Les criminels mis à la « tête » des « États » dits « indépendants » ont des comptes bancaires partout, des lingots d’or, des pierres précieuses, des bijoux de grande valeur, des fermes modèles, des haras, des propriétés immobilières sans nombre, des résidences dans les « grandes capitales » et au bord de « plages pour milliardaires », des palaces, des tableaux de peintres de renom, des cabarets, des boîtes de nuit, des salles de jeu, des restaurants, des voitures luxueuses, des avions, des bateaux.
Ils affament et détruisent avec l’appui de leurs employeurs, investissent dans les lieux de la débauche, se font livrer par vols entiers des débauchés dits stars, artistes et autres, des alcools et des drogues à profusion, des mets pour « civilisés » que les « barbares » ne connaissent même pas de nom, raffolent de sexe sans frontières et de partouzes.
Ils salissent et souillent tout, recourent à la dépravation, à la censure, aux usurpations, aux falsifications, aux trafics, aux trahisons, aux tromperies, aux tricheries, aux enlèvements, aux séquestrations, aux emprisonnements, aux supplices, aux liquidations, aux tueries, aux massacres et autres à des degrés inimaginables.
Les « empires coloniaux » ont peut-être disparu, mais pas les effets du colonialisme.
Le système colonialo-impérialo-sioniste a imposé à des populations entières de par le monde de chercher des moyens de subsistance dans des conditions, le plus souvent, atroces.
Beaucoup parmi elles, rurales, se sont trouvées dans des faubourgs de villes nouvelles coloniales, contraintes de s’adapter à des modes de survie dans des bidonvilles.
Ces populations ont connu la transplantation forcée dans leur pays d’origine, avant qu’elles ne soient poussées à le quitter parfois pour fournir la main d’œuvre, taillable et corvéable à merci, dont les métropoles avaient besoin.
Le processus migratoire ne peut pas être compris en occultant l’histoire de la transplantation d’êtres de sociétés rurales, d’êtres colonisés, maintenus dans l’ignorance, dépossédés, sans moyens, dans des sociétés industrialisées qui par de multiples mécanismes ont imposé et imposent leur domination.
Les pays d’Afrique (et d’autres pays ailleurs) restent pour les employeurs des réserves de matières premières et de main d’œuvre, des marchés pour tout écouler, des points stratégiques pour les militaires, des terrains d’expérimentations des armements, des lieux de pédophilie et autres « loisirs pour touristes », des dépotoirs multiples et variées et des décharges d’immondices.
Ces pays sont dotés d’une armée et d’une police très opérationnelles pour les oppressions et les massacres des populations.
À cet effet, le système colonialo-impérialo-sioniste leur vend les armes nécessaires et se charge de la formation.
Ces armes sont vendues au prix fort par ce trafiquant, qui alimente, oriente, entretient et contrôle les conflits armés entre ses employés.
Doté d’avions bombardiers des plus performants dans les exterminations, d’une flotte maritime pour les agressions, d’innombrables chars de carnage, de missiles, d’équipements militaires les plus récents, d’armements sophistiqués, d’armes nucléaires, le système colonialo-impérialo-sioniste répand la terreur.
Dans ce domaine, une certaine « préséance » est reconnue à la France en Afrique, qu’elle continue de considérer comme sa « chose ».
Depuis un certain temps, l’Europe ne veut plus que ces « hrraaga » émigrent pour atteindre « la forteresse ».
Elle fait tout afin d’empêcher leur venue, mais ces « brûleurs » sont décidés à tout faire pour s’évader du bagne des pays d’origine.
Ils n’ont rien à perdre.
Ils continuent de mourir pour fuir ce qu’ils ne peuvent plus supporter.
Afin de les contenir, l’Europe verse des sommes énormes à ses employés pour qu’ils usent de tous les moyens de rétention.
Par ailleurs, en plus des possibilités illimitées de chaque État d’Europe, l’Union Européenne a mis en place une force (Frontex) avec des avions, des hélicoptères, des navires et autres, destinés à renforcer « la forteresse ».
Mais rien n’arrête « lhrraga » :
Ni les naufrages au large de l’île italienne de Lampedusa et ailleurs qui ont entraîné la mort de centaines de personnes, qui s’ajoutent aux milliers d’autres naufragés dans la mer contrôlée par cette Europe où ils rêvaient de survivre plus décemment que « chez eux ».
Les criminels installés à la « tête » des « États » d’Afrique s’en foutent bien sûr.
Complètement, et recourent au pire.
Tout cela est noyé bien sûr.
Les imposteurs, à l’œuvre depuis des lustres, ont toujours usé d’une diarrhée verbale pour camoufler leurs crimes.
Des mots qui alimentent et entretiennent le faux.
Gonflés d’orgueil et d’arrogance, ils répandent leur diarrhée.
Ils donnent des leçons qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes.
Sèment les tromperies et toutes les horreurs selon l’étable de leur loi (les tables de leur loi).
Veulent imposer leur « Histoire », avec hache majuscule, pour décapiter la Vérité.
Ils font semblant de « s’offusquer » des effets de ce dont ils sont la cause.
Les coups les plus inimaginables sont montés.
Les manipulations les plus incroyables sont pratiquées.
Les mensonges les plus éhontés sont servis.
Les hommes, les femmes et les enfants qui continuent d’arriver en Europe(et ailleurs), ne sont pas différends de ce qui a été décrit il y a des décennies :
« Ils avaient le pas pesant, les bras ballants et la face effarée. Ceux qui s’arrêtaient pour les voir passer fermaient brusquement les yeux, en une minute de doute intense et subit, où l’origine et la fin conventionnelles de l’homme étaient vélocement révisées, les classifications des règnes et les métaphysiques mises à bas et échafaudées de nouveau comme un château de cartes sur leurs mêmes fondements et suivant la même systématique […] ils ouvraient les yeux : la faillite de la civilisation, sinon de l’humanité, qu’ils avaient vu défiler vêtue de fripes, ou, à tout le moins, des fripes emplies de néant » (Driss Chraïbi, Les Boucs, Paris, éditions Denoël, 1955, P. 26).