Israël malade de son impérialisme

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Thomas Coex

Photo: AFP/Thomas Coex

L'assassinat d'un enfant de 18 mois par des extrémistes juifs fait monter la tension au Moyen-Orient, obligeant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à calmer le jeu, bien que ce crime soit une conséquence de sa politique colonisatrice, en place ces dernières années. Mais en faire une critique n'est guère chose aisée, quel que soit notre classe sociale.

"Nous avons accouché d'un monstre", avait ironisé Cesare Maldini, entraîneur de l'équipe d'Italie de football, après son élimination par la France aux tirs au but, en 1/4 de finale de la Coupe du monde 1998 - gagnée par les bleus de Zinedine Zidane, Lilian Thuram, Laurent Blanc, Fabien Barthez, etc. - Le Premier ministre conservateur israélien Benyamin Netanyahou, s'il devient lucide, devrait dire la même chose suite au meurtre d'un enfant de 18 mois (plus d'autres membres de la famille de la victime) en Cisjordanie, vendredi 31 juillet, par des colons israéliens, le nouveau monstre qui me fait penser que "le David enfant est devenu Goliath", comme le chantait IAM en 1993.

Une "tolérance zéro" difficile à croire

Pourtant, Netanyahou, réélu Premier ministre suite aux élections de mars dernier, cherche à montrer de la bonne volonté au niveau intérieur et surtout extérieur, en promettant une "tolérance zéro" envers les auteurs de la tuerie. Mais en cherchant des alliés jusque dans l'extrême-droite israélienne sioniste, expansionniste, ouvertement raciste et xénophobe, pour former un gouvernement, il a plutôt envoyé le message suivant: "Partez coloniser les terres d'un État qui n'existe pas officiellement - la Palestine -, de manière impunie car vous avez notre soutien." Donc, croire en une sévérité de la part du gouvernement envers les colons israéliens, ceux-là même qui ont voté pour eux en mars dernier, c'est impossible!

En tout cas, l'opposition de centre-gauche, derrière Isaac Herzog, n'en démord pas, appelant à un "examen de conscience" du gouvernement. Mais c'est l'ex-président israélien Shimon Peres qui se montre le plus incisif envers Netanyahou par les paroles suivantes: "Celui qui incite à la haine contre les Arabes d'Israël, qu'il ne s'étonne pas lorsqu'on incendie des églises, des mosquées et qu'à la fin on brûle un bébé dans la nuit". Et ce, d'autant plus que les plaintes des Palestiniens contre des colons sont rejetées dans plus de 85% des cas, selon l'ONG israélienne Yesh Din.

Une violence extrémiste déployée

Cet acte barbare poursuit une série de déploiements de violence de la part de l'extrême-droite israélienne, qui semble être mieux écoutée par Netanyahou que le reste de la société israélienne. Exemple récent, la Gay pride organisée à Jérusalem le 29 juillet fut mise à mal par des sionistes qui n'hésitèrent pas à attaquer au couteau des manifestants (homos ou non). L'intolérance de suiveurs de "l'opium du peuple" judaïque ne laisse envisager rien de bon, alors qu'on approche du 20ème anniversaire de l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, le seul qui ait osé signer un accord (celui d'Oslo) avec l'autorité palestinienne, dirigée à l'époque par Yasser Arafat. L'assassin de Rabin a du faire des petits, qui s'imaginent pouvoir agir en toute impunité, avec une misanthropie à peine voilée, se croyant au-dessus de tout le monde et faisant fi du droit, aliénés qu'ils sont et irrécupérables.

Et encore, le sort de la plupart des israéliens est enviable. Celui des falashas, beaucoup moins. Les falashas sont des "juifs éthiopiens", Afro-descendants par conséquent, sont les laissés-pour-compte de la société israélienne, régulièrement pris pour cible par la police, écartés du marché du travail classique, à cause d'une impossibilité à pouvoir disposer d'un niveau d'éducation élevé et habitant dans des quartiers ghettoïsés par les juifs blancs, ils subissent en fait un apartheid qui ne veut pas dire son nom à Jérusalem. Et pour cause, Israël fut le dernier pays à entretenir des relations diplomatiques, économiques et militaires avec le régime d'apartheid en Afrique du Sud, au mépris de la communauté internationale du reste, et l'Afrique du Sud post-apartheid ne l'a pas oublié.

Polémiques en cascade

Suite à l'événement macabre en Cisjordanie, les réseaux sociaux furent enflammés et certains pro-palestiniens sincères viennent à obliger des personnalités à se positionner sur le conflit israélo-palestinien. En particulier l'acteur français Omar Sy, qui attire de plus en plus Hollywood. Il a indiqué ne pas vouloir se positionner car il ne disposait pas de "toutes les informations" possibles. Beaucoup sur les réseaux sociaux lui en veulent, considérant que cette neutralité cacherait un positionnement pro-israélien qu'il ne voudrait pas avouer. Ou d'autres, estiment qu'il ne veut pas se positionner du côté pro-palestinien car cela condamnerait sa carrière. Ces derniers citent l'exemple de l'actrice espagnole Pénélope Cruz, qui a pris position contre Israël lors de l'opération "bordure protectrice" durant l'été 2014, et qui semble être blacklistée par Hollywood depuis.

Ce qui me gêne dans cette polémique sur Sy, c'est que les utilisateurs des réseaux sociaux (notamment Twitter), veulent une réponse tout de suite et si ça traîne ou ne prend pas position, c'est pour eux signe qu'il faut s'acharner sur lui. C'est digne des années 1950 aux États-Unis, où le maccarthysme menait la "chasse aux sorcières", suspectant n'importe qui, surtout à Hollywood, d'être militant ou sympathisant communiste. Donc, ce comportement de la part de personnes sensibles à la cause palestinienne dessert selon moi cette dite cause, qui mérite d'être défendue, à condition d'en expliquer ses convictions de manière totalement réfléchie et non précipitée, et j'accorde à l'acteur français le bénéfice du doute avant de vouloir l'accuser de quoi que ce soit.

En tout cas, il serait bon d'accélérer le processus de reconnaissance de la Palestine avant qu'il ne soit trop tard et je laisse le mot de la fin à l'ancien président Sud-africain Nelson Mandela, qui disait ceci: "L’ONU a adopté une position forte contre l’apartheid, et avec les années, un consensus international s’est constitué et a contribué à mettre fin à ce système injuste. Mais nous savons bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens."

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