Une bombe change la face du monde

Publié le par JoSeseSeko

Une bombe change la face du monde

La bombe atomique, version uranium, lancée par les États-Unis, détruisit la ville japonaise d'Hiroshima, faisant 80.000 morts sur le coup, plus des dizaines de milliers de victimes des radiations, il y a 70 ans. L'humanité montre sa capacité d'autodestruction la plus complète.

Le 6 août 1945, à 8h15 heure locale (0h15 heure française). La ville japonaise d'Hiroshima entra dans l'Histoire de l'humanité de la manière la plus sinistre en étant la première ville victime de la bombe atomique. Le bombardier B29 États-unien Enola Gay devint ainsi l'avion qui transporta l'arme la plus destructrice jamais conçue par les hommes, pour en tuer d'autres, y compris des civils, en temps de guerre. Une démonstration de force de la part de Washington face à Tokyo, en guerre depuis près de quatre ans dans le Pacifique.

"Un mal nécessaire"

C'était il y a 70 ans. Pourquoi j'en parle, bien que je ne prétends pas être un absolu connaisseur de cette partie de la Seconde guerre mondiale? Déjà parce que c'est un événement qui introduit une nouvelle ère dans l'histoire de l'humanité, et sous laquelle nous vivons, c'est l'ère nucléaire. Puis, il s'avère que le mardi 4 août, je regardais, avec mes proches, sur Arte (ça m'arrive parfois de regarder cette chaîne publique franco-allemande) le documentaire "Hiroshima, la véritable histoire" de la Britannique Lucy Van Beek, et je vous assure, chers lecteurs, que cela doit être regardé, même si certaines images nécessitent d'avoir le cœur bien accroché (n'hésitez pas à le revoir en replay, voir liens ci-dessous).

Dans ce documentaire, où plusieurs témoins - nippons et yankees - et des historiens évoquent ce sujet, une question sert quelque part de fil rouge: fallait-il en arriver là? Si on s'en réfère aux communiqués de la présidence américaine (Harry Truman), de l'armée US, à la propagande yankee, alors cet envoi de la bombe sur Hiroshima - puis sur Nagasaki trois jours plus tard -, était de façon cynique (sens contemporain du terme) "un mal nécessaire". Nécessaire pour faire capituler le Japon rapidement, en le saignant et en affaiblissant son moral, malgré la propagande organisée par l'armée de l'Empire du Soleil Levant.

Une guerre en chasse l'autre

Or, en réalité, et les historiens interrogés dans le documentaire le prouvent, il n'y avait pas besoin d'arriver à cette extrémité. Le Japon était asphyxié par le blocus maritime américain. La flotte impériale fut complètement liquidée, l'armée de terre reculait sans cesse et l'armée de l'air ne tint que par l'utilisation forcenée des kamikazes, de plus en plus jeunes d'ailleurs. Il s'agissait en fait d'un moyen pour que Washington afficha sa puissance, supérieure à toute autre, et calmer ainsi les ardeurs des rivaux de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), menés par Joseph Staline.

À l'écoute et à la vision du documentaire, je dirais même que l'envoi de la bombe par les É-U était nécessaire pour que Tokyo tombe sous la coupole de Washington et non celle de Moscou car à ce moment-là, l'armée rouge envahissait la Mandchourie, ancien territoire chinois mis sous protectorat japonais (pour ne pas dire que ce fut une colonie nippone) depuis 1931 et comptait bien envoyer son rouleau compresseur jusqu'à Tokyo, même en risquant de lourdes pertes, renversant l'Empire et installant une république dominée par le Parti communiste japonais (PCJ), comme il était entrain de le faire en Europe de l'Est. En tout cas, la bombe atomique incita l'Empereur Hiro-Hito à capituler, le 2 septembre 1945, en acceptant une occupation américaine, commandée par le général Douglas MacArthur.

Le paradoxe nucléaire

L'utilisation par les américains de l'arme nucléaire, le mépris de la majorité des japonais envers les victimes d'Hiroshima (80.000 sur le coup) et Nagasaki (40.000), surtout suite aux radiations (la peste atomique, écrivirent plusieurs journalistes) et le cynisme contemporain affiché par les autorités yankees en faveur de cette arme de destruction massive, montrent à quel point la folie humaine peut mener à la destruction totale de l'humanité. J'ose même écrire que c'est semblable à la barbarie nazie avec la Shoah, qui se déroula à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de là. Pourtant, un premier paradoxe se dessine. Le Japon, le seul pays victime du nucléaire militaire, adopta cette énergie pour la production d'électricité, quitte à se mettre encore en danger, avec la catastrophe de Fukushima par exemple, en 2011.

Autre paradoxe, la recherche de la possession de l'arme ultime a mené jusqu'à présent à un "équilibre de la terreur" car à la suite des États-Unis, ce fut l'URSS (actuelle Russie), la Grande-Bretagne, la France, Israël, l'Afrique du Sud, l'Inde, le Pakistan ou encore la Corée du Nord qui possèdent des armes nucléaires, avec une menace de prolifération au sujet de l'Iran jusqu'à l'accord trouvé courant juillet 2015. Du coup, lancer une guerre nucléaire semble être à la fois facile et complexe. Il faudrait être fou pour lancer une guerre de ce genre, qui tuerait à coup sûr l'humanité toute entière!

Prise de conscience

Mais quand même, ces bombes ont donné une prise de conscience dans les esprits. D'un côté, cela a porté un coup très dur envers la notion de Progrès, surtout en Occident, qui en faisait son alpha et son oméga depuis les Lumières (XVIIIè siècle). Mais ça plus la politique d'extermination pratiquée par les nazis n'ont plus permis de croire en un véritable monde meilleur, car ces atrocités furent commises par des pays figurant parmi les pays industrialisés, à la pointe de la technologie. Cela reste un grand traumatisme pour les "intellectuels" occidentaux, qui n'hésitèrent pas à s'engager contre le nucléaire par la suite, pour certains, en particulier Albert Camus.

Néanmoins, c'est trompeur de résumer ainsi les choses. Le Japon, alors une puissance basée uniquement sur l'armée et le respect envers cette institution, changea radicalement, prônant un pacifisme à la lettre avec la Constitution de 1947, que voudrait bien changer le Premier ministre Shinzo Abe. D'ailleurs, ce pacifisme a bien ennuyé les ricains au début de la guerre froide, surtout suite à la victoire des communistes de Mao Zedong en 1949 en Chine, l'alliance entre la Chine et l'URSS ensuite et la relation entre les communistes chinois et japonais. Il serait bon d'écouter la voix du peuple japonais, qui a connu de près la violence atomique, et d'en tirer des leçons sur un démantèlement actuellement utopique de cette arme, pour ne pas laisser à nos descendants, une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.

P.S: Je vous conseille (vraiment) de regarder ce documentaire, qui vaut la peine d'être vu, écouté et partagé par vous et vos proches, chers lecteurs. Le premier lien ci-dessous vous y mènera. Faites vite! ;)

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