Clinton vs Trump: logique!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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La victoire d'Hillary Clinton en Californie assure quasi définitivement la candidature de l'ex-first lady à l'élection présidentielle pour le Parti démocrate. Elle trouvera en face, Donald Trump, assuré depuis un moment dans le Parti républicain.

Elle a bataillé et sur le sprint final, elle peut être rassurée. Hillary Clinton sort en tête dans les primaires démocrates du New Jersey, du Nouveau-Mexique, du Dakota du Sud et de la Californie, lui assurant la majorité des délégués nécessaires pour devenir la candidate du Parti démocrate pour l'élection, en novembre prochain. Elle est ainsi la deuxième femme candidate officielle à la présidence, et non la première, comme beaucoup de mass media le racontent (cf lien n°1). La nuance est que Mme Clinton est la première candidate issue d'un des deux partis dominants de la classe politique états-unienne.

Une unité à fabriquer

En dépit des félicitations du président Barack Obama, dont elle a été la secrétaire d'État durant son premier mandat, la candidate devra forger l'unité autour d'elle lors de la convention démocrate de Chicago, en juillet (cf lien n°2). Une tâche ô combien difficile car son principal rival, Bernie Sanders, ne compte pas faire de compromis(sions). Le sénateur du Vermont a d'ailleurs refusé la victoire de son adversaire dans la course à l'investiture démocrate, même en voulant convaincre les superdélégués démocrates à Chicago. et il ne serait pas impossible qu'il puisse faire une candidature en tant qu'indépendant. Après tout, n'a-t-il pas mobilisé des citoyens autour de ses revendications "socialistes" tout au long de la primaire? N'a-t-il pas poussé Mme Clinton à "gauchiser" son discours, afin d'attirer de jeunes électeurs vers elle?

Il ne faut pas se leurrer. La victoire de Clinton à la primaire est une victoire à la Pyrrhus. Pourquoi? Car des citoyens la considèrent comme la candidate de Wall Street, de la finance, des "1%", un pourcentage scandé par les activistes d'Occupy Wall Street en 2011. Puis son mari, l'ancien président Bill Clinton apparait comme un boulet pour sa femme car il symbolise les années 1990, la libéralisation confirmée de l'économie états-unienne et un interventionnisme véhément (Kosovo). Ensuite, la fortune personnelle du couple Clinton et leur fondation inspirent une grande méfiance de la part des citoyens. Enfin, longtemps partisane de l'accord de libre-échange avec l'Union européenne - connu sous l'acronyme de Tafta -, elle rétro-pédale sur ce point car elle se sent en porte-à-faux avec l'opinion, largement défavorable, et que Sanders a affiché son opposition à ce projet.

Le duel attendu

En face, Donald Trump attend tranquillement. Connaissant le positionnement de son adversaire démocrate, le candidat officiel du Parti républicain peut se payer le luxe de s'affirmer contre Tafta, en raison du protectionnisme habituel des états-uniens en matière de politique commerciale. Ce qui permet à l'homme d'affaires d'attirer des électeurs prolétaires à sa cause, pourtant loin d'être celle du prolétariat.

Toujours est-il que le duel tant attendu par les observateurs états-uniens et internationaux va prendre réellement forme, entre ces deux nantis comme les élites aiment avoir outre-Atlantique. Vu le rapport de force du moment, et comme M. Trump a poussé un à un ses rivaux de la primaire du Parti républicain à se désister, il semble partir favori. Attention, c'est loin d'être une évidence car M. Trump n'est pas le candidat de l'establishment du Grand old party. Par conséquent, un petit parti comme le Parti libertarien, peut profiter d'un certain appel d'air et jouer le boulet pour M. Trump et les républicains.

En vérité, l'élection présidentielle va encore réserver bien des surprises, pendant que M. Obama prépare peu à peu ses cartons.

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