Un attentat de plus en Turquie

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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L'attaque attribuée à Daech a fait plus de 40 morts, selon un dernier communiqué officiel, dans l'aéroport Atatürk d'Istanbul. Régulièrement ciblée par des attaques de ce genre ces derniers mois, la Turquie devra clarifier son positionnement au sujet de l'organisation terroriste, aux yeux de ses alliés occidentaux, qui le soupçonnent de jouer double-jeu.

41 morts et 239 blessés. Voilà le dernier bilan recensé des victimes de l'attaque dans l'aéroport d'Istanbul. Selon les autorités turques, trois kamikazes causèrent cette attaque, réalisant cette attaque-suicide une fois dans l'enceinte. Pourtant, ces auteurs étaient fichés par les services de renseignement turcs et ils prirent un taxi, tout en étant pris en filature par des policiers. Toujours est-il que selon le président turc, Recep Erdogan, les faisceaux d'indices indiqueraient que l'organisation terroriste Daech (ou État islamique) serait derrière l'opération. Mais pour l'instant, rien n'est revendiqué, même si la méthode est similaire à l'attentat dans l'aéroport de Bruxelles, le 22 mars dernier.

Une clarification à faire

Cette attaque est la septième répertoriée depuis novembre 2015 en Turquie. Il faut dire que la situation de ce pays est tendue. Voisine de la Syrie, elle reçoit un flux continu d'exilés syriens, fuyant une guerre civile qui s'est mondialisée depuis 2011. Près de deux millions de Syriens vivent en Turquie, sur les presque 5 millions de réfugiés syriens à travers le monde. Mais comme la pression démographique est difficilement supportable aux yeux d'Ankara, des négociations se sont faites avec l'Union européenne (UE), aboutissant à un accord - afflux de réfugiés syriens en provenance de Turquie contre 6 milliards d'euros et des facilités de visas pour les Turcs souhaitant voyager en Europe, entre autres - jugé trop avantageux pour la Turquie par une grande partie de la classe politique, en France comme ailleurs dans l'UE.

Mais cette attaque doit inciter le pouvoir turc à clarifier son positionnement sur Daech. Depuis plusieurs mois, nombreux sont les observateurs occidentaux qui se demandent si la Turquie fait un double-jeu avec l'organisation terroriste, notamment au sujet des livraisons de pétrole en provenance d'une Syrie partiellement occupée par l'EI. Mais M. Erdogan ne semble pourtant guère proche de Daech, en raison d'ambitions opposées. L'organisation terroriste veut créer un califat sur le Moyen-Orient, lorgnant sur des terres turques, tandis que le président turc est un nostalgique de la période de l'Empire Ottoman, qui contrôlait alors la Syrie, jusqu'à après la guerre de 14-18.

Souci intérieur

Mais cette clarification semble mal partie car la minorité kurde, très active en Syrie, entend se renforcer pour devenir autonome, voire indépendante, même envers la Turquie. Et comme Ankara est répressif à l'égard des Kurdes vivant en Turquie, le terrorisme kurde pourrait reprendre de plus belle. D'ailleurs, plusieurs des dernières attaques (sauf celle du 28 juin) ont été, un temps, attribuées à des rebelles kurdes.

En tout cas, le conflit syrien ne pose pas uniquement problème aux pays occidentaux, dont certaines de leurs multinationales comme Lafarge ont collaboré économiquement avec l'organisation terroriste durant plusieurs mois. Mais en premier lieu, ce sont les pays voisins qui sont le plus touchés.

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Nicole 30/06/2016 12:03

Comme toujours, le peuple récolte ce que les politiques sèment. Erdogan peut être fier de lui à présent.