Macron à la chasse envers les aides sociales

Publié le par JoSeseSeko

Photo: VanHuy NGUYEN

Photo: VanHuy NGUYEN

Dans une vidéo, le président de la république fustige les aides sociales, considérant qu'elles coûtent "un pognon de dingue" et qu'elles déresponsabilisent les bénéficiaires. Pourtant, ce n'est pas avec sa politique que ça va s'arranger pour la classe sociale exploitée.

Le provocateur multirécidiviste Macron a encore frappé! Après ses propos à la Station F en juin 2017 sur "des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien" qu'on croise dans une gare; après un échange avec du personnel hospitalier à Rouen qui ne voit pas la couleur de l'investissement public que Macron assure qu'il serait le cas en avril dernier, voilà que le locataire de l'Élysée en remet une couche. Dans une vidéo du service communication de l'Élysée, le président a déclaré que les aides sociales, qui représentent 25 milliards d'euros, soit environ 1,1% du Produit intérieur brut (PIB) de la France, "coûtent un pognon de dingue", que ça ne permet pas aux pauvres, qui en bénéficient de sortir de la pauvreté et que ces dernier(e)s seraient déresponsabilisé(e)s, auprès de plusieurs de ses conseillers.

Antisocial, tu pers ton sang-froid

En fait, Macron ne fait que donner du crédit à son gouvernement dans sa politique libérale, appuyant ainsi le ministre de l'Action et des Comptes publics - en gros, ministre du Budget -, Gérald Darmanin, qui clamait dans une interview sur la radio RTL, il y a quelques semaines, qu'il ne savait pas combien d'aides sociales existent en France mais que de toute manière, il y en a "trop". Signe que prochainement, le gouvernement aura l'intention de mener une cure d'austérité sur les aides sociales, dans le prolongement d'une volonté de refonte d'une sécurité sociale qui aurait désormais pour objectif de fournir de la rentabilité. Une logique inverse aux fondamentaux de la Sécu, née en 1945, après la Seconde guerre mondiale. Et ce d'autant plus que ces aides sociales concernent les pauvres, les exploité(e)s, et que ça ne peut que créer des inégalités, dont l'ultime d'entre elles est l'inégalité devant la mort, comme l'indique une étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée en février dernier. Ce qui permet de signaler, au passage, que la mort reconnaît la lutte des classes.

Cette chasse aux aides sociales s'inscrit dans une logique de réduction du déficit public. Et comme l'Insee indiqua en mars dernier que le déficit public français correspondait à 2,6% du PIB en 2017, donc en-dessous du plancher européen de 3% du PIB et une première depuis la crise de 2008, le gouvernement peut se sentir pousser des ailes et se justifier d'une telle politique. Sachant qu'en parallèle, le pouvoir aménage sa fiscalité envers les exploiteurs/euses à travers une substitution de l'impôt de solidarité sur la fortune par un impôt sur la fortune immobilière, à l'assiette fiscale forcément plus restreinte car concentrée sur l'immobilier; ou encore la suppression de l'exit tax prévue pour 2019, afin d'attirer des "entrepreneurs", des projets de "start-up". Or, si la politique envers les plus pauvres coûte forcément de l'argent et que les dispositions citées en faveur des plus riches, coûteraient 5 à 6 milliards d'euros, il faudra rajouter les pratiques d'évasion et d'optimisation fiscales des firmes et des particuliers les plus riches, dont les estimations oscillent entre 60 et 80 milliards d'euros. De quoi réduire le déficit public, voire même de dégager un excédent budgétaire!

Mais pourquoi le gouvernement n'ose pas faire franchement la chasse à l'évasion, à l'optimisation fiscale? Il y a une raison fort logique à cela. C'est que le gouvernement actuel a été porté au pouvoir par la classe dominante (bourgeoisie), montrant en pratique ce que le politologue français Daniel Gaxie appelle le "cens caché", c'est-à-dire que les prolétaires sont de moins en moins incité(e)s à voter car leurs revendications sont peu, voire pas du tout prises en compte ces dernières décennies, alors qu'au contraire, les bourgeoi(e)s sont extrêmement écouté(e)s par les pouvoirs en place, sachant qu'il peut s'agir d'un entre-soi économique et social. Et ce n'est pas faire dans le complotisme vu les enquêtes sur le taux d'abstention durant l'élection présidentielle et les élections législatives de 2017.

Finalement, comme le chantait le groupe Trust:

"Antisocial, tu perds ton sang-froid

Repenses à toutes ces années de service

Antisocial, bientôt des années de sévices

Enfin, le temps perdu qu'on ne rattrape plus"

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