L'ordre social est en marche pour réprimer

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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La nouvelle journée de mobilisation nationale des gilets jaunes a connu une répression accrue, notamment à Paris, où plusieurs dizaines de blessés sont à noter, ainsi que plus de 400 interpellations de la part des forces de l'ordre social, déterminées à vouloir réprimer le mouvement.

Est-ce qu'une étape vers la radicalisation des gilets jaunes vient d'être franchie? C'est la question qui se pose, tant les mass media, notamment les chaînes d'information en continu (BFM TV, CNews, LCI, FranceInfo) diffusent en boucle les images de tension, ce samedi 1er décembre, au sujet de la manifestation des gilets jaunes. Et tout particulièrement sur Paris, au niveau des Champs-Élysées et de l'Arc de triomphe de la place de l'Étoile, où les forces de l'ordre social (CRS+gendarmes) n'ont cessé de charger et de gazer les gilets jaunes tout au long de la journée et que ces derniers leur ont sacrément résisté d'ailleurs, obligeant l'appareil répressif à reculer à plusieurs reprises. De quoi encore plus les exciter dans leur envie de tabasser, comme au printemps 2016 par exemple.

Répression plus dénigrement

En tout cas, ce samedi 1er décembre, la répression était à la hauteur du dispositif mis en place par le ministère de l'Intérieur. Entre 4.000 et 5.000 policiers et gendarmes mobilisés pour bloquer l'accès aux Champs-Élysées, faire du filtrage à l'entrée de l'avenue, etc. dans le but d'éviter des affrontements ou de rendre moins offensifs les gilets jaunes les plus radicaux, ou les "casseurs" qui s'y seraient infiltrés. Raté! Par conséquent, matraques, gaz lacrymogènes, grenades de désencerclement, tirs de flashball, canons à eau ont été de sortie. En réaction, des gilets jaunes prenaient ce qu'ils pouvaient trouver sous la main et s'en servir de projectiles. Toujours est-il que des dizaines de blessés sont comptabilisés chez les manifestants, ainsi que quelques centaines d'interpellations de la part des flics. Et là encore, on ne parle que de Paris. Des scènes similaires ont eu lieu à Toulouse, à Dijon et ailleurs en France, toute proportion gardée. Et s'il y a des blessés chez les forces de l'ordre social - n'oublions pas cela -, c'est peanuts à côté des manifestants blessés et/ou interpellés.

En-dehors de la répression, le pouvoir exécutif peut faire du dénigrement. Selon Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, le nombre de manifestants sur l'ensemble du pays et sur Paris ne cesserait de décroître de semaine en semaine. Ce dont certains peuvent en douter tant la nature spontanée, non structurée, du mouvement ne peut permettre d'afficher une grande certitude. En outre, si on se fit aux sondages, il n'y a pas d'érosion dans le soutien populaire accordé aux gilets jaunes.

Si le dénigrement politique ne marche pas, il reste le dénigrement médiatique. L’expectative et la relative sympathie que pouvaient bénéficier les gilets jaunes de la part des mass media dans les premiers jours, notamment avant le 17 novembre, s'est transformée en une franche hostilité au fil du temps. Les éditorialistes et journalistes présent(e)s à longueur de plateaux audiovisuels raillent de plus en plus le mouvement, en raison de son rapport à la violence, et ce 1er décembre, les chaînes d'info insistent volontiers sur des voitures brûlées et des magasins "pillés" (sic), sachant que la manifestation parisienne a eu lieu essentiellement dans les quartiers bourgeois (8e et 16e arrondissements). En clair, ces chien(ne)s de garde sont outré(e)s que des gens de la classe moyenne ou des prolétaires s'en prennent à des biens appartenant à des bourgeois(es). Ce qui, en retour, renforce une méfiance des gilets jaunes envers les journalistes, qui sont parfois pris en grippe (euphémisme) par certains gilets jaunes. Quand bien même si, en réalité, les journalistes qui vont en reportage sur le terrain interroger les manifestants, ont une situation sociale globalement similaire à celle de nombre de gilets jaunes. D'ailleurs, sur les réseaux sociaux, depuis quelques jours, le hashtag #payetoiunjournaliste permet des échanges plus ou moins constructifs entre gilets jaunes et journalistes, essayant de mettre à plat cette relation de méfiance et de chercher à se comprendre mutuellement.

Un pouvoir sourd

Un avis manque sur cette journée, celui du président Emmanuel Macron. Qu'en pense-t-il? Depuis Buenos Aires, où il participe au sommet du G20, Macron s'est d'abord contenté de faire un bilan des discussion avec ses homologues sur le commerce international, sur le climat, ou d'avoir une pensée pour George Bush Sr, mort ce samedi, avant d'évoquer les gilets jaunes et les expressions de violence qui ont eu lieu, condamnant seulement celles des "casseurs" qui "trahissent les causes qu'ils disent défendre" selon lui.

Bref, un bras d'honneur envers les manifestants vu qu'il ne remet aucunement en cause sa propre violence qui s'exprime avec la répression policière, ou encore sa politique fiscale, point de départ de la contestation des gilets jaunes, qui est faussement écologique et qui, en réalité depuis 2017, est au service de la bourgeoisie, tandis que la classe moyenne et le prolétariat voient la pression fiscale peser davantage sur eux.

Rôle futur des commerçants

Maintenant, qu'est-ce qui pourrait faire infléchir le pouvoir? Avant la manif, les gilets jaunes, qui ont formé une délégation en début de semaine, ont diffusé une quarantaine de propositions, allant d'une augmentation du nombre de tranches de l'impôt sur le revenu - signe que les gilets jaunes ne sont pas réfractaires à l'impôt, contrairement à ce que certain(e)s chien(ne)s de garde font imaginer - à la retraite à 60 ans, en passant par un Smic à 1.300 euros net, un système de Sécurité sociale unique, des salaires et retraites indexés sur l'inflation, la fin du CICE, un salaire maximum à 15.000 euros, etc. Des propositions assez radicales et assez éloignées de la politique du gouvernement en somme, qui ne comptera pas céder du terrain.

Du coup, qui peut faire basculer la balance du côté des gilets jaunes? Potentiellement les commerçants des Champs-Élysées et des grands magasins parisiens (Galeries Lafayette, Printemps Haussmann, le Bon Marché). Pourquoi? Parce que les manifestations sur les Champs-Élysées, un samedi, ça fait un manque à gagner important pour les magasins présents sur l'avenue. Encore plus maintenant, vu qu'on est dans la période des fêtes de fin d'année à préparer. Et avec les images de "violence" tournant en boucle, cela pourrait faire fuir les touristes, qui sont la vache à lait des commerçants sur les Champs-Élysées. Les grands magasins en sont également impactés puisque ce samedi, ils ont dû fermer plus tôt que d'habitude, par précaution face aux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre social. Si ce scénario venait à se répéter, voire s'amplifier, la prochaine fois, il serait fort probable que les commerçants et grands magasins mettent la pression sur le pouvoir exécutif pour trouver une solution rapide et satisfaisante pour tout le monde. Excepté peut-être le pouvoir exécutif lui-même, qui pourrait ainsi se retrouver coincé entre les revendications des gilets jaunes et les intérêts commerciaux des grands magasins, attirant les touristes.

Ça promet des séances de cogitation dans les esprits.

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Le gouvernement macron est sans doute le pire depuis la 2ème guerre,une honte.Sa propagande est devenue insupportable.Ses méthodes brutales sont une menace bien réelle pour notre république.Du fait d’une répression aveugle et cruelle on déplore des morts,des blessés graves,des estropiés & handicapés à vie.Le danger manifeste que le gouvernement macron fait courir au peuple français doit amener tous les Français de bonne volonté au sursaut républicain pour pousser ces énergumènes vers la sortie.Nous ne pouvons pas accepter que notre pays reste sous l'emprise d'un pouvoir incompétent,corrompu & violent.
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