Éternel deux poids-deux mesures

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Christophe

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L'adoption de l'article 2 de la proposition de loi "anti-casseurs", permettant l'interdiction administrative de manifester, et de nouvelles révélations sur l'affaire Benalla-Macron, montrent combien la république bananière française bénéficie aux dominants et à leurs sbires zélés.

"Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir". Cette morale de la fable Les animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine convient à la situation dans laquelle se trouve la France, ou devrais-je dire la start-up nation. En effet, l'accent répressif est de plus en plus manifeste de la part du pouvoir actuel, avec la proposition de loi dite "anti-casseurs", qui est débattue à l'Assemblée nationale, ces derniers jours. D'ailleurs, l'article 2 de cette proposition de loi, relatif à l'interdiction de manifester si un manifestant dont le "comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public" a été voté dans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 janvier (cf lien n°1).

Empêcher de manifester

Même si l'ensemble de la proposition de loi reste encore à être voté par un scrutin solennel, le 5 février prochain, ce texte tombe à point nommé pour le pouvoir, notamment le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, déterminé à lutter contre le mouvement des gilets jaunes, en mode "tous les coups bas sont permis". Surtout quand il s'agit de répression. Or, il est bon de rappeler que le mouvement des gilets jaunes est le mouvement social le plus violemment réprimé depuis plusieurs décennies, avec des milliers d'interpellations, des centaines de condamnation à de la prison (ferme ou sursis) + amende, des dizaines de blessés par la police milice, etc. En tout cas, cette proposition de loi fait bondir l'opposition de gauche, le Parti communiste et la France insoumise en tête, mais aussi certains élus centristes comme le député Charles de Courson, qui n'hésite pas à affirmer que ce texte amène à un retour "au régime de Vichy".

D'autres acteurs s'alarment de cette dérive autoritariste, pour ne pas dire dictatoriale, de cette présidence d'Emmanuel Macron, illustrant le "Coup d'État permanent" qu'offre la Ve République. Amnesty international y voit une manœuvre permettant "aux autorités de poursuivre arbitrairement de nombreux manifestants et aurait un effet dissuasif fort sur la participation des citoyens à des manifestations" (cf lien n°2). Pourquoi? Parce que ce serait le préfet qui aurait le pouvoir d'interdire à une personne d'aller manifester seulement sur la base de fréquentations qui seraient douteuses et capables de troubler l'ordre public. Autrement dit, ça dépasse le film Minority report de Steven Spielberg, qui montrait combien cette logique d'anticipation se révèle être, à terme, totalitaire. Et comme ce sont des députés qui sont en train de voter pour, nombre de gilets jaunes seraient alors convaincus de faire dans l'antiparlementarisme, quand bien même cette logique est perverse et que la Ve République fournit de faibles pouvoirs au Parlement, en vérité (cf lien n°3).

Impunité pour Benalla?

En parallèle de cela, l'affaire Benalla continue de livrer de nouveaux éléments sur notre république bananière gérée par Macron. Selon Mediapart, Alexandre Benalla, mis en examen pour des violences envers des manifestants le 1er mai 2018, a discuté avec son comparse Vincent Crase le 26 juillet dernier, la discussion ayant été enregistré, où Benalla affirme que Macron continue de le soutenir, tout comme le conseiller spécial Ismaël Emelien, qui ferait office de "point de contact important de Benalla à l'Élysée". Or, cet échange s'est fait quatre jours après que les deux personnages aient été mis en examen et dans ce cadre, Benalla et Crase ont interdiction d'être en contact. Ils seraient donc dans l'illégalité formelle (cf lien n°4). En outre, le pureplayer affirme que Benalla aurait signé un contrat avec un oligarque russe, proche de Vladimir Poutine et de la mafia russe, en lien avec la société de sécurité fondée par Crase. Ce qui est en contradiction avec les propos de l'ancien membre du personnel de l'Élysée devant la Commission d'enquête du Sénat, mi-janvier, témoignant sous serment qu'il n'était pas impliqué dans cette histoire-là. Ce qui pourrait correspondre à du parjure devant des élus.

À part ça, vive la start-up nation ou la république bananière! LOL!

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