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Photo: Flickr/pixelsniper

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La prise de Jaffa et la répression qui s'en suivit restent sujets à caution pour des historiens pro-Napoléon, d'autant plus que la légende dorée veut que le général se soit approché de soldats atteints de la peste dans cette ville. L'annonce des massacres commis à Jaffa renforcèrent la détermination des Turcs à combattre l'expédition d'Égypte qui remontait plus au Nord.

La tournure que prit la campagne d'Égypte, menée par le général Napoléon Bonaparte n'était pas des plus reluisantes. Certes, le territoire égyptien est, à une ou deux exceptions près, contrôlé par l'armée française depuis la bataille des Pyramides du 21 juillet 1798, le désastre naval d'Aboukir le 1er août suivant coince Buonaparte - orthographe originelle du Corse d'Ajaccio - et ses hommes, ne pouvant plus recevoir de renforts et de provisions depuis la France. Mais cela n'empêche pas le général en chef d'avoir de la suite dans les idées, à savoir, remonter l'Égypte pour aller vers la Palestine et la Syrie, en raison d'un attroupement de soldats ottomans à la frontière. En janvier-février 1799, des villes fortifiées comme El-Arich ou Gaza tombèrent rapidement entre les mains des français, et du 3 au 7 mars 1799, Jaffa fut assiégée.

Massacre et peste

Comme la ville ne voulut pas se rendre, le gouverneur turc Abdallah bey décapitant les émissaires français envoyés pour demander la reddition sans combat, la répression fut terrible. Au moins 3.000 prisonniers, principalement des soldats originaires de l'actuelle Albanie - n'oubliez pas que l'empire Ottoman contrôlait la région des Balkans à cette époque -, furent tués par les soldats français, notamment à la baïonnette, par souci d'économiser les munitions. En-dehors de ce massacre de prisonniers, la ville de Jaffa fut mise à sac, les femmes violées - viol comme arme de guerre, c'est bien connu! -, etc. Problème pour le général Bonaparte, c'est qu'une épidémie de peste s'est déclarée dans l'armée française et que plus d'un millier de soldats en furent atteints.

L'attitude de Bonaparte face à ces pestiférés de Jaffa est sujette à controverse. D'un côté, il y a la légende dorée du général qui voulait sauver des vies et ne pas craindre l'épidémie de peste, avec le tableau d'Antoine-Jean Gros montrant Bonaparte touchant le bubon d'un pestiféré à l'hôpital de Jaffa, en mode guérison des écrouelles digne des rois de France de jadis. De l'autre, des témoignages, comme celui du docteur René-Nicolas Dufriche, baron Desgenettes, médecin chef de l'armée, indiquant que Bonaparte voulait que Desgenettes administra de l'opium pour euthanasier les pestiférés pour pas qu'ils fussent faits prisonniers par les ottomans. Enfin, par rapport au prisonniers albanais massacrés, Bonaparte ne démentit pas, bien au contraire, car dans le sixième bulletin de la Grande armée, au moment du siège d'Ulm (20 octobre 1805), Bonaparte, devenu l'empereur Napoléon, avertit le prince de Liechtenstein que s'il devait prendre d'assaut la ville, "il serait obligé de faire ce qu'il avait fait à Jaffa, où la garnison fut passée au fil de l'épée" au nom du "triste droit de la guerre".

Remarque: quand les prussiens firent le siège de Mayence, occupée par les troupes françaises en 1793 et que ces dernières furent vaincues, les vainqueurs permirent aux vaincus de repartir avec les honneurs de la guerre et tout leur matériel sous la condition de ne plus combattre les coalisés durant un an. Ce qui fit que les soldats de Mayence servirent en Vendée pour annihiler la menace que les Vendéens faisaient peser sur la République à ce moment-là.

Mais avec Bonaparte, il faut croire que c'est à la tête de l'ennemi que ça se montre respectueux ou barbare.

Tag(s) : #Histoire, #Révolution Française, #Directoire, #An VII, #Napoléon Bonaparte, #République, #Moyen-Orient, #Palestine, #Jaffa
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