L'Afrique entre deux fléaux

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/anzimag page

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Bien que comptant peu de cas comparativement à l'Asie, à l'Europe ou aux Amériques, l'Afrique est de plus en plus exposée au risque de Coronavirus sur son sol, avec le risque que les services de santé soient débordés et que les économies locales soient en récession tant les autorités seraient tentées de reprendre la stratégie du confinement, opérée ailleurs dans le monde. Mais ne pas oublier de faire face à une invasion de criquets sans précédent.

Chaque jour qui passe voit le Coronavirus se répandre dans le monde entier. Si la Chine reste le pays ayant recensé le plus grand nombre de cas (81.394 sur 311.988), sachant que la majorité des contaminé(e)s sont désormais en-dehors de la seule Chine, l'ex-empire du Milieu n'est plus le pays comptant le plus de morts, puisque c'est l'Italie qui est devant, avec le triste nombre de 4.825 morts (sur 13.407 dans le monde), selon les données officielles, et que la barre des 5.000 trépas risque d'être allègrement franchie vu que ces derniers jours, les décès se comptaient par plusieurs centaines de l'autre côté des Alpes. D'où un renforcement de la stratégie de mise en quarantaine du pays par les autorités transalpines, obligeant toute activité économique "non essentielle" à fermer boutique, le temps que l'épidémie puisse être maîtrisée (cf lien n°1).

Toucher du bois (d'ébène)!

Face à cette situation tragique en Italie, comme ailleurs en Europe et aux États-Unis, le continent africain fait office de grande surprise pour certains observateurs car à l'heure où j'écris ces lignes, 1.200 cas de Covid-19 sont recensés en Afrique, avec l'Égypte et l'Afrique du Sud comme étant les pays les plus touchés (294 et 240 cas respectivement), et 37 morts liés à la pandémie.

Cependant, ces statistiques prises en cet instant masquent à peine la dynamique d'expansion du virus en Afrique car sur la semaine écoulée, le nombre de cas, ainsi que de décès, a suivi une trajectoire similaire à ce qui peut se voir en Europe. Ce qui a obligé les différentes autorités nationales à mettre en place une politique de confinement plus ou moins stricte, comme en République démocratique du Congo, au Rwanda, en Angola, au Burkina Faso, au Nigeria, à l'île Maurice, etc (cf liens n°2, n°3). Puis les deux grands problèmes que posent ce virus pour les pays africains, c'est d'une part le manque de structures hospitalières capables de pouvoir faire à une maladie de cette ampleur, qui semble être en mutation car le climat tropical dans nombre de pays africains n'a pas l'air de jouer comme un frein pour le Coronavirus; et d'autre part, les structures économiques et sociales étant en partie informelles, en partie formelles mais sous le contrôle majoritaire de firmes multinationales occidentales ou chinoises qui voudraient bien se refaire la cerise en Afrique vu les difficultés dans leurs terres d'origine. Il faudra vraiment toucher du bois (d'ébène) pour que le Covid-19 ne soit pas aussi ravageur en Afrique qu'il ne l'ait pu l'être ailleurs.

Et les dirigeants africains n'auront pas tellement d'excuses car ils ont bien vu comment les pays asiatiques ou européens ont réagi face à la pandémie, et surtout à quel rythme ils ont réagi.

Crise alimentaire à l'Est

Or, dans le même temps, de l'Est du Congo-Zaïre jusqu'en Somalie, en passant par le Kenya, les Soudan, l'Éthiopie ou l'Érythrée, une invasion de criquets pèlerins (ou de sauterelles du désert, c'est selon) fait des ravages. En effet, des milliards de criquets ont littéralement envahi les espaces, détruisant toute agriculture se trouvant en leur chemin car un criquet mange 2 grammes par jour, ce qui est son poids. De quoi engloutir des millions de tonnes d'aliments (cf lien n°4). Ce qui fait que la FAO, l'organisme de l'ONU au niveau de l'alimentation, en appelle à une campagne de financement international pour venir en aide aux agriculteurs locaux ayant perdu leurs récolte, éviter une famine générale avec double peine en cas de montée en flèche des cas de Coronavirus, puis de trouver des solutions pour éviter ou limiter les dégâts des prochaines invasions de criquets. D'ailleurs, la Chine a fait part d'envoyer en Afrique de l'Est 100.000 canards, jugés plus efficaces que des poulets ou des pesticides pour éradiquer le phénomène, d'une ampleur sans précédent dans l'histoire contemporaine.

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