Macron ou le personnage grossier et machiavélique serviteur du capital

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Trong Khiem Nguyen

Photo: Flickr/Trong Khiem Nguyen

Suite à une dernière sortie grossière du locataire de l'Élysée envers les non-vaccinés, les réseaux sociaux s'enflamment de plus belle. De quoi partiellement effacer la gestion ratée, car capitaliste, de la crise sanitaire illustrant un dépeçage du monde hospitalier poursuivi par le pouvoir actuel.

"Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l'administration quand elle les bloque. Eh bien là, les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc, on va continuer de le faire jusqu'au bout [...] Moi, ma responsabilité, c'est que le pays ne se désunisse pas dans ces débats-là [...] Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen". Ces propos, signés Emmanuel Macron durant une interview face à des lecteurs du journal Le Parisien, publiée en ligne mardi 4 janvier, ont soulevé une grande vague d'indignation sur les réseaux sociaux, notamment devant la grossièreté présidentielle et la politique séparatiste qu'il met en œuvre à l'égard des non-vaccinés, menant une désunion des citoyen(ne)s de fait. Et pourtant, ce n'est pas la première fois que le mac de l'Élysée a des saillies verbales soulignant son mépris de classe en tant que serviteur du capital. Souvenons-nous des "ouvrières illettrées" de l'usine Gad en Bretagne en 2014, de la gare comme lieu "où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien" devant des startuppers à la station F en 2017, qu'il "suffit de traverser la rue" pour trouver un emploi face à un chômeur en 2018 ou encore que les aides sociales coûtent "un pognon de dingue", toujours en 2018. "Chassez le naturel, il revient au galop" dit le proverbe (cf lien n°1).

Bientôt 300.000 cas quotidiens?

Cette sortie politico-médiatique du locataire de l'Élysée, clamant de manière hautaine que ces "salauds de non-vaccinés", soit environ 5 millions de personnes ou environ 10% de la population en mesure d'être vaccinée, seraient la cause exclusive de la nouvelle vague épidémique en France, avec le variant Omicron du Coronavirus. Pourtant cette vague était prévisible à partir du moment où le variant a été découvert en Afrique du Sud en novembre dernier et que le conseil scientifique avait alerté, mi-décembre, que la barre des 100.000 contaminations quotidiennes serait franchie durant le mois de janvier. Non seulement, c'est le cas, mais en outre les records ne cessent de tomber avec un dernier recensement de 271.686 nouveaux cas de Coronavirus le 4 janvier, selon Santé publique France (cf lien n°2). De quoi penser que la barre des 300.000 cas quotidiens pourrait être franchie dès ce 5 janvier ou dans des jours proches. Après, reste à savoir si cette courbe exponentielle des nouveaux cas se répercute aussi fortement dans les admissions à l'hôpital, les soins critiques et les décès. Et vu la tendance actuelle, il y a de quoi craindre une flambée sur ces points-là dans les semaines qui viennent, à moins que le variant Omicron soit moins létal que les précédents variants et que la souche originelle du Coronavirus, favorisant potentiellement l'immunité collective (cf graphique).

Courage, n'assumons pas

En tout cas, le pouvoir a toujours du mal à appliquer le proverbe "gouverner, c'est prévoir" car depuis le début de la crise sanitaire, il ne cesse de naviguer à vue, quand bien même le conseil scientifique l'a régulièrement alerté sur des risques de nouvelle vague bien à l'avance, que ce soit pour le variant Omicron en ce moment ou bien pour le variant Delta avant l'été. D'ailleurs, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a dévoilé le protocole sanitaire dans le milieu scolaire dimanche 2 janvier, veille de la rentrée, dans une interview au Parisien mise en ligne avec un accès payant. Et puis comme seule réponse, c'est la vaccination qui est de mise. Si encore le gouvernement affichait une réelle conviction ou affirmait la rendre obligatoire, l'histoire serait moins tumultueuse. Mais en imposant et généralisant le passe sanitaire et en comptant le transformer en pass vaccinal à partir du 15 janvier prochain, c'est une obligation vaccinale non assumée de la part du pouvoir actuel avec un passe sanitaire - qui n'a de sanitaire que de nom - qui est en réalité un passeport intérieur obligatoire pour que les citoyen(ne)s puissent circuler dans le pays, aller dans des lieu d'interaction sociale, car dans le cas contraire, c'est faire une politique séparatiste et mettre à part des personnes, vaccinées ou non-vaccinées. C'est une politique d'apartheid, au sens étymologique du terme afrikaans, signifiant "mise à part", l'aspect racial en moins.

Et cette parole présidentielle tombe en plein débat sur le pass vaccinal, que le pouvoir comptait faire passer dès le 3 janvier, mais qui connait une suspension car l'opposition, de gauche comme de droite, n'entend pas se faire marcher dessus par la majorité (cf lien n°3). Enfin, il faut rappeler que cette crise sanitaire, depuis le début, illustre un dépeçage du monde hospitalier, notamment celui de l'hôpital public, mettant le personnel sous tension et non plus en mesure de traiter les autres maladies - cancers, par exemple - qui ne prennent pas de vacances pendant ce temps-là pour deux raisons. La première, un manque de personnel car la faible incitation salariale pour le volume horaire proposé n'est pas source à convaincre quelqu'un de vouloir travailler dans ce secteur d'activité. La deuxième, et c'est la plus importante, c'est la baisse continue des structures hospitalières. Et tout particulièrement le nombre de lits qui n'a cessé de diminuer depuis le début du siècle et que le pouvoir n'a pas stoppé depuis 2017. D'ailleurs en 2020, en pleine pandémie, 5.700 lits d'hôpitaux ont été supprimés (cf lien n°4). De quoi mettre encore plus sous tension le monde hospitalier, public comme privé, pour qui "il n'y a pas d'argent magique" dixit Macron à une infirmière de Rouen en 2018. Mais ce n'est pas étonnant de la part du pouvoir, qui mène une politique de classe depuis le début du quinquennat et dont les principaux affairistes français - excepté peut-être le françafricain Vincent Bolloré - saluent le travail mené dans leurs intérêts, vu les records de la Bourse de Paris en 2021 (cf lien n°5).

Bref, les irresponsables ne sont pas ceux que le pouvoir désigner pour se dédouaner de son irresponsabilité coupable. Mais après tout, "qui veut noyer son chien l'accuse de la rage".

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