Nouvelle vague épidémique et restrictive

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Dirk Amg

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L'apparition d'un nouveau variant du Coronavirus donne une pleine justification de restrictions supplémentaires dont l'efficacité face à la pandémie a de quoi interroger.

Nouvelle vague épidémique! C'est l'alerte lancée en chœur ces dernières semaines par rapport au Coronavirus, ayant contaminé plus de 262 millions de personnes dans le monde et tué plus de 5,2 millions d'entre elles selon les données recensées par l'université John Hopkins. Soit un taux de létalité d'environ 2% à l'échelle mondiale. Un taux qui reste stable et faible ces derniers mois, permettant de souligner, quelque part, que la vaccination a stoppé la létalité du Coronavirus et de ses multiples variants, même si depuis le début de la pandémie, le taux de létalité est constamment faible, autour de 2% et un peu plus.

Omicron à surveiller

Mais ces derniers jours, la découverte d'un nouveau variant, nommé Omicron, en Afrique du Sud et d'autres pays d'Afrique australe, suscite l'inquiétude générale. L'Organisation mondiale de la santé considère que ce nouveau variant est très risqué et que son évolution doit être prise "très au sérieux". Cependant, l'institution onusienne suggère d'éviter des réponses "brutales" comme des fermetures de frontières envers des voyageurs en provenance d'Afrique australe car cela est disproportionné et peu efficace, dans la mesure où l'inégalité d'accès aux vaccins reste criante entre les pays du Nord et les pays du Sud, les premiers s'étant davantage vaccinés que les seconds (cf lien n°1). Et ce, d'autant plus que les pays du Nord sont ceux qui comptent le plus de contaminations et de décès officiels et où, notamment en Europe, une nouvelle vague s'observe depuis le début du mois de novembre.

Par exemple, en France, où le premier cas du nouveau variant a été observé à l'île de la Réunion ce 30 novembre, une nouvelle vague endémique est repérée, avec un rythme de contaminations se rapprochant de 30.000 personnes par jour, comparable à ce qui était le cas au printemps dernier, à un moment où la vaccination était bien moins poussée qu'aujourd'hui. Si la tendance en matière d'hospitalisations et de décès suit une trajectoire croissante, elle demeure pour le moment plus faible selon des données collectées par CovidTracker (cf graphique). Mais cela peut empirer en fonction des effets du nouveau variant dans l'hexagone et ailleurs et comment les vaccins actuellement proposés fournissent une réponse à ce sujet à l'approche des fêtes de fin d'année.

Vivre avec le virus?

Depuis le printemps 2020, Emmanuel Macron aime à dire qu'il "faut vivre avec le virus". Il y a de quoi vivre avec vu que sur une population de 67,2 millions d'habitants selon l'Insee, environ 7,4 millions de français(es) ont eu affaire au Coronavirus et ses variants et que plus de 116.000 en sont morts. Soit un taux de létalité d'environ 1,6%. Et comme les 3/4 des Français(es) ont reçu deux doses vaccinales, c'est dire l'effort fourni. Mais l'appel à une troisième dose, dite "dose de rappel" pour tous les adultes depuis le 25 novembre par le ministre de la Santé Olivier Véran, sous peine de ne plus bénéficier du passe sanitaire à partir du 15 janvier 2022 si absence de troisième dose. De quoi mettre sous pression des centres de vaccination, et plus largement un secteur hospitalier sous grande tension (cf lien n°2).

Mais surtout, dire "vivre avec le virus" tout en imposant le passe sanitaire, c'est un contresens. Un foutage de gueule. Car qu'est-ce que le passe sanitaire en réalité? C'est un instrument de contrôle social, un passeport intérieur, permettant de réprimer sous couvert de santé publique. C'est une logique de séparation, de mise à part, bref d'apartheid - ô, quel gros mot! - que le pouvoir a mis en place depuis l'été dernier, sans que les forces politiques d'opposition, hormis quelques exceptions à droite ou à gauche, n'y trouvent à redire. Et c'est signe que le fruit totalitaire a mûri avec la crise sanitaire et que la gauche française, en particulier, a brillé dans son mutisme quasi général (cf lien n°3), laissant faire un pouvoir instillant une politique séparatiste à travers le passe sanitaire, laissant faire une police-milice réprimer de manière impunie et se montrant impuissante face à une bourgeoisie pour qui la crise sanitaire est une source d'enrichissement spectaculaire, vivant encore plus sur le dos d'un prolétariat soit confiné, soit obligé de se déplacer, mais bel et bien surexploité dans les circonstances actuelles et menacé, à travers la "réforme" de l'assurance-chômage.

Et à un peu plus de quatre mois du premier tour de l'élection présidentielle, tout va compter.

Publié dans Santé, Virus, Coronavirus, Europe, France

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