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Photo: Flickr/Marco Verch Professional Photographer

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La croissance exponentielle de nouveaux cas de Coronavirus en France et dans le monde, avec l'expansion du variant Omicron, ne fournit pas de perspectives encourageantes pour le début de l'année 2022, tant le chantage à la vaccination est la seule politique suivie depuis un an et malgré une large vaccination de la population, cela ne semble nettement pas suffisant pour éradiquer le virus, et peut-être enfin envisager de vivre avec.

Le Coronavirus en mode trouble-fête pour cette fin d'année 2021. Le variant Omicron, repéré il y a un mois en Afrique du Sud, s'est répandu comme une trainée de poudre dans le reste du monde, contribuant à une courbe ascendante de nouveaux cas de Coronavirus, car désormais plus de 284 millions de personnes ont contracté le virus dans le monde, ce jeudi 30 décembre, dont plus de 5,4 millions d'entre elles en sont mortes, selon les données recueillies pas l'université John Hopkins. Ce qui donne un taux de létalité d'environ 1,9% - (5.425.024/284.670.396)*100 - à l'échelle mondiale. Un taux qui ne cesse de stagner, signe que la vaccination semble produire un effet notable pour éviter les formes sévères du virus.

Tension extrême

Au niveau de la France, ces derniers temps offrent une suite de (tristes) records en matière de contamination quotidienne, dépassant les 100.000 personnes par jour, à travers près d'un million de personnes passant un test PCR au quotidien (cf lien n°1) et que cette croissance exponentielle arrivant de plein fouet tend à se faire ressentir dans les hospitalisations, notamment celles en soins critiques puis les décès (cf graphique). Et étant donné un certain décalage entre les contaminations et les décès, on peut craindre que la barre des 500 décès quotidiens, atteinte en avril 2020, soit dépassée durant le mois de janvier 2022.

De quoi donner du crédit aux propos de Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, le 23 décembre, évoquant le franchissement de la barre des 100.000 personnes contaminées par jour courant janvier (le Coronavirus a été plus rapide que la prédiction scientifique) et craignant que cette expansion du variant Omicron désorganise la société, notamment sous l'angle économique car n'importe quel secteur d'activité, public comme privé, peut voir un membre infecté par le virus et obligé de suivre une procédure d'isolement strict. Et pour peu que des cas contacts deviennent également positifs, l'effet boule de neige pourrait conditionner de fait un arrêt d'activité d'ensemble (cf lien n°2).

Chantage à la vaccination

De quoi rendre la situation délicate pour le gouvernement, qui se targue par ailleurs d'avoir limité la casse économique, notamment en matière de chômage - masquant les radiations record par Pôle emploi sur les derniers mois de l'année 2021, soit dit en passant -. Et ce n'est pas pour rien que la ministre du Travail, Élisabeth Borne, approfondit l'obligation du télétravail pour les entreprises en mesure de le faire en sanctionnant d'une amende maximale de 1.000 euros par salarié toute entreprise rechignant à appliquer le télétravail (cf lien n°3), conformément à la ligne politique indiquée par le Premier ministre Jean Castex en conférence de presse, lundi 27 décembre.

D'ailleurs, le Premier ministre et le ministre de la Santé, Olivier Véran, ont martelé vouloir faire "reposer la responsabilité sur les non-vaccinés", qui sont environ cinq à six millions à ne pas s'être faits injecter une dose des différents vaccins mis en circulation depuis un an, puisque la campagne de vaccination a démarré le 27 décembre 2020. Et vu l'exponentielle des nouveaux cas quotidiens, le chantage à la vaccination est relancé avec l'idée de transformer le passe sanitaire, généralisé depuis la fin juillet, en passe vaccinal, c'est-à-dire qu'il faudra obligatoirement être vacciné pour pouvoir circuler et accéder à des lieux de socialisation (bars, restaurants, bibliothèques, salles de concerts, stades, cinémas, théâtres, etc.) (cf lien n°4). Autant le dire, c'est l'approfondissement d'une politique séparatiste, d'une mise à part de citoyen(ne)s - pour ne pas dire apartheid tant ce mot afrikaans fait peur et file des spasmes à certains -, afin que le pouvoir masque (vainement) le manque d'infrastructures hospitalières, encore réduites avec la fermeture de 5.700 lits en 2020 (cf lien n°5), aggravant les conditions de travail dans le monde hospitalier et motivant encore moins des personnes à s'y engager. Le "quoi qu'il en coûte" s'arrête vite quand il s'agit de santé publique et qu'accuser les non-vaccinés pour se dédouaner est preuve de bassesse. Mais ça marche, tant le pouvoir a réussi à aliéner les esprits par ce séparatisme de bas étage entre "vaccinés" et "non-vaccinés".

Pari israélien de l'immunité collective via Omicron

Ce qui est le plus déroutant dans l'histoire, c'est que le gouvernement se contente uniquement de suivre la stratégie de la vaccination, en mode chantage, considérant qu'elle serait nécessaire et suffisante. Or, malgré 78% de la population adulte ayant reçue au moins une dose vaccinale, cette stratégie a ses limites dans la mesure où des mesures complémentaires, proposées par l'opposition, comme le développement des capteurs de CO2, des purificateurs d'air dans les lieux recevant du public, un stock massif de masques FFP2, n'ont pas été prises en compte par le pouvoir actuel. Et la question d'une quatrième dose vaccinale s'est déjà posée, alors que la campagne pour une troisième dose a commencé depuis le début du mois.

D'ailleurs, un pays avait lancé l'idée d'une quatrième dose, c'est Israël. Faisant partie des pays ayant le plus vacciné sa population, Israël suscite beaucoup d'attention et in fine influence les stratégies des autres pays, notamment les pays européens. Mais depuis le 29 décembre, la campagne pour une quatrième dose vaccinale a été stoppée par le gouvernement israélien, face à l'expansion du variant Omicron, considérant désormais qu'une contamination au Covid, via le variant Omicron, après vaccination, pourrait développer suffisamment d'anticorps pour permettre l'immunité collective (cf liens n°6, n°7).

Au cas où ce pari serait gagnant, cela donnerait à penser que trois doses vaccinales et qu'une contraction du virus suffiraient pour vivre avec le virus, sans avoir à recourir à des procédés comme le passe sanitaire pour endiguer la pandémie qui est devenue régulière depuis bientôt deux ans. En tout cas, ce serait une porte de salut qui ne peut pas laisser insensible tous les observateurs.

Tag(s) : #Économie, #Politique, #Europe, #France, #Santé, #Virus, #Coronavirus
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